L’ancien premier ministre Soumeylou Boubeye Maiga était, le mardi dernier, l’invité politique de Sékou Tangara de Africable Télévision. La lutte contre le terrorisme au Mali, au sahel en général, la coopération internationale, le Dialogue national inclusif…étaient, entre autres, les sujets évoqués.

Le Premier ministre, contraint à la démission, en avril dernier a d’abord souligné, devant Sékou Tangara, la recrudescence, depuis 2018, de l’insécurité dans le sahel avec un débordement sur toute l’Afrique. Il a ajouté que malgré les efforts consentis par les différents gouvernements et leurs partenaires nationaux et internationaux, la situation sécuritaire se détériore. Selon lui, le sahel a enregistré des centaines d’attaques seulement en cette année. « Du début de l’année à maintenant, on a enregistré moins de 750 attaques, actions imputées aux organisations terroristes », a-t-il révélé avant de préciser que c’est le triple des attaques qui ont a eu lieu en 2018. L’ancien premier ministre estime que toutes ces attaques sont le résultat de la conjonction et de la connexion assez forte entre les différents groupes terroristes. « Ces groupes ont les mêmes objectifs : déstabiliser les États, désorganiser la cohésion sociale et ouvrir de nouvelles routes de trafics », a-t-il laissé entendre.

Couper le cordon ombilical entre les terroristes et la population

Si beaucoup de Maliens sont étonnés que les terroristes arrivent à faire beaucoup de victimes dans les rangs de notre armée et de ses partenaires, Soumeylou Boubeye Maiga l’explique par l’asymétrie. Il estime que les terroristes ont pénétré la population. « Nous avons affaire à une guerre qui nous est menée par des gens qui sont incrustés dans la population », martèle-t-il. Or, déplore-t-il, cela ne correspond à aucun des standards sur lequel les forces étatiques sont formées. Pour la victoire de nos militaires sur les terroristes, l’ancien premier ministre gazeur des manifestants propose de couper le cordon ombilical entre ces groupes et les populations. « La primauté que nous accordons à l’action militaire doit nous permettre de couper le cordon ombilical que les groupes terroristes parviennent à créer au sein de la population », a-t-il déclaré. Ce n’est pas tout, il ajoute : « En plus des actions militaires, il faut d’autres actions qui puissent placer les populations au cœur de notre démarche, mais en leur donnant de perspectives politiques, économiques ».

L’agenda politique des ‘’terroristes ‘’ selon SBM

Ces terroristes qui déportent les théâtres d’opérations de zone en zone ont, selon le président de l’Asma, un dangereux agenda politique. « De la zone de Ménaka jusque dans le Liktapo Gourma, l’agenda politique des terroristes, c’est de continuer à harceler les institutions étatiques, de créer un vide administratif », a-t-il révélé avant d’ajouter : « Cet agenda vise, sur le plan économique, des nouvelles routes de trafic. La connexion avec les trafics est structurelle dans l’action des terroristes ».

Faut-il rompre avec les forces étrangères, notamment la France ?

Le « Tigre » selon certains, « l’homme d’ombre dans les affaires sombres » selon d’autres, a été on ne peut plus clair quant à la nécessité de collaborer avec les forces étrangères : « Il n’y a pas d’alternative à la coopération internationale, que ce soit dans la réponse militaire comme dans d’autres types de menace. Il faut procéder à une évaluation pour convenir d’une même clé de lecture. La coopération avec nos partenaires internationaux doit d’abord renforcer nos capacités nationales ».

Nombreux sont des Maliens qui sont pessimistes sur le sort de ce pays. Quant à Soumeylou Boubeye Maiga, il affirme que les Maliens sont contraints de chercher les solutions aux maux qui freinent le développement de ce pays.« Nous n’avons pas d’autre choix que de chercher les solutions, par nous-mêmes et à nous-mêmes », a-t-il laissé entendre. Pour lui, il faut d’abord trouver un minimum de consensus sur déjà le diagnostic et les grands défis qui doivent être relevés ensemble en dépit. « Il faut que nous puissions confronter tous les diagnostics, que nous puissions avoir un consensus national sur, au moins, les grands défis à relever comme la gouvernance, la construction du pays et tout ce qui est lié à tout ce qui constitue le socle du pays », a proposé le président de l’Asma.

Le Dialogue national inclusif

Soumeylou Boubeye Maiga a d’abord rappelé les conditions qui ont conduit à l’organisation du dialogue. Aussi, a-t-il précisé que le Dialogue national inclusif n’est un dialogue entre des camps opposés. « C’est un dialogue entre des concitoyens, ce n’est pas une négociation, c’est un cadre d’échanges autour des grands problèmes », explique-t-il. Parlant de la réussite de ce dialogue, SBM laisse entendre : « Si chacun l’aborde avec des idées constructives, il n’y a pas de raison que ça ne réussisse pas »

Boureima Guindo

 

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