Après sa grève de 72 heures (18-21 novembre 2020) largement suivie, l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM) a annoncé lundi dernier (23 novembre 2020 dans un communiqué) avoir déposé un nouveau préavis de grève. Ainsi, selon le communiqué, la centrale syndicale a prévu une nouvelle grève du lundi 14 au vendredi 18 décembre 2020 si des «solutions satisfaisantes» ne sont pas trouvées à ses 9 points de revendication. Pour de nombreux observateurs, il ne s’agit ni plus ni moins que d’un chantage politique de ceux qui manipulent la centrale dans l’ombre afin de tirer le meilleur profit de la transition aux dépens des reformes politiques et institutionnelles souhaitées, donc au mépris des intérêts de la nation.

Après la réussite de la première grève, suivie à 95 % selon le Secrétaire général de l’UNTM, la centrale syndicale vient de déposer un autre préavis de grève de 5 jours à compter du 14 décembre 2020. «On n’a pas eu gain de cause. Les négociations continuent. Ce n’est pas notre souhait, mais s’il n’y a pas une entente, on va en grève», a déclaré à la presse Yacouba Katilé, le secrétaire général de l’UNTM.

Ainsi, l’UNTM exige du gouvernement le règlement des droits des compressés et des partants  volontaires à la retraite, l’octroi d’indemnités et de primes de spécificités par catégories à tous les fonctionnaires de façon équitable, l’application des mesures pour la réduction de la cherté de vie non respectée par les marchands, la relance du chemin de fer, l’ouverture de concours de recrutement de 20.000 diplômés dans la Fonction publique de l’État avant le 15 décembre 2020, l’intégration définitive des Enseignants communautaires dans la Fonction  Publique des collectivités… la question de l’OCLEI.

Il faut rappeler que les trois jours de la grève tenue la semaine dernière a paralysé le pays car observés par les banques, les mines, la douane, les finances, la fonction publique, la santé… Autant elle a été durement ressentie par les populations, autant des voix se sont élevées pour la condamner. Ils sont nombreux les Maliens qui ne comprennent pas l’attitude de la centrale syndicale qui s’acharne contre les autorités de la transition avec des revendications dont elle n’a pas obtenu la satisfaction pendant six ans.

Nous ne contestons pas la  légitimité des revendications, mais il ne faut pas non plus occulter la vocation d’une transition. Dans ce cas d’espèce, il s’agit de la refondation de l’Etat à travers des réformes politiques et institutionnelles, organiser des élections transparentes et crédibles…

Et nous ne cesserons de rappeler que dans l’intérêt de tous les Maliens d’appuyer les autorités de la transition à bien réussir cette mission ! A commencer par les centrales syndicales qui doivent savoir raison garder pour ne pas être des obstacles à la réussite de cette transition. Et si leur lutte est sincère, les syndicats doivent s’inscrire dans la logique de conférence sociale préconisée par le gouvernement car, à notre humble avis, c’est le meilleur cadre pour discuter de toutes leurs revendications. Personne ne demande de donner un blanc-seing aux autorités transitoires. Mais, ce n’est pas le moment idéal pour leur mettre les bâtons dans les roues.

Mais, visiblement, les responsables de l’UNTM ont d’autres motivations qui seraient plus politiques que socioprofessionnelles. Ses grèves cachent mal une manipulation politique. Et les ambitions de celui qui tire les ficelles n’ont rien à voir avec les préoccupations réelles des travailleurs du Mali.

Kader Toé

Source : Le Matin

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Après sa grève de 72 heures (18-21 novembre 2020) largement suivie, l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM) a annoncé lundi dernier (23 novembre 2020 dans un communiqué) avoir déposé un nouveau préavis de grève. Ainsi, selon le communiqué, la centrale syndicale a prévu une nouvelle grève du lundi...