En tympanisant le président IBK et sa majorité présidentielle sur la persistance de la crise en 2014, force est de se rendre à l’évidence aujourd’hui que le piège d’une partie de l’opposition républicaine, que personne ne voyait venir, a merveilleusement fonctionné. En son temps, le Premier ministre Moussa Mara dans une fougue de jeunesse était tombé dans leur piège. Il fallait être dans les secrets de cette horde de politiciens, partisans du scénario de la catastrophe pour se hisser au sommet du pouvoir, tapis dans l’ombre. Le syndrome ivoirien se reproduit ainsi sous nos yeux sans qu’on ne s’en rende compte.

De quoi s’agit-il ?

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Pour décrypter la situation actuelle du Mali, il faut remonter à l’atmosphère politique qui régnait au début du mandat du président Ibrahim Boubacar Kéïta : 2013 et 2014. A cette époque, l’opposition à la fois politique et parlementaire, alors animée par l’honorable Soumaïla Cissé et Tièbilé Dramé était très en verbe. Ils ne rataient pas d’occasions pour rappeler au président IBK, la persistance de l’insécurité malgré son ascension à la tête de l’Etat. Alors qu’il avait été plébiscité par les électeurs maliens pour restaurer l’honneur des Maliens, qui a sérieusement été terni par la guerre identitaire que les rebelles avec le soutien de la France de Nicolas Sarkozy avait imposée au Mali. Pour nombre de Maliens, la profondeur de l’humiliation était telle que seul IBK pouvait rendre au Mali sa dignité de pays de braves guerriers, comme Babemba et Tièba Traoré, Samory Touré, pour ne citer que ceux-ci.

Ce chantonnement de sirène a finalement eu raison de l’intelligence du gouvernement qui a commencé par donner de la voie alors que le fruit de sa réflexion stratégique n’était pas encore mur. C’est d’abord le gouvernement d’Oumar Tatam Ly qui essayé de forcer les mains des rebelles du MNLA, qui avaient été remis en selle par la force française Serval à Kidal après des déculottés que leur anciens allié Iyad Ag Ghali, leur avait fait subir à Gao et dans les autres villes qu’ils contrôlaient après le retrait forcé des Forces armées maliennes (FAMa) en 2012. C’est d’abord le ministre de la Réconciliation Nationale d’alors, Cheick Oumar Diarrah qui a fait les frais de la colère des jeunes remontés par leurs aînés du MNLA. C’était à la faveur d’une visite de prise de contact avec les autorités coutumières et les leaders rebelles. Sa voiture a été ‘’caillassée’’ par les jeunes mobilisés pour le besoin de la cause. Après lui, c’était le tour du Premier ministre, Oumar Tatam Ly, lui-même de se buter  au refus des leaders rebelles d’ouvrir la porte de Kidal aux autorités maliennes, malgré la signature d’un accord d’étape, qui a permis la tenue des élections présidentielle et législative à Kidal. Son avion a été empêché d’atterrir suite à l’occupation de la piste d’atterrissage par les jeunes armés de pierre et de gourdins, prêts à casser l’avion en mille morceaux.

A la différence de ces deux hommes, le Premier ministre, Moussa Mara, qui a la carapace dure a bravé les menaces de jet de cailloux et de bâton en poussant les limites de l’interdiction des rebelles pour permettre à l’Etat malien de découvrir la couleur du lion qui rugit derrière le mur de fer érigé par les rebelles et leurs soutiens français et onusien. Il fallait oser pour tenter une telle aventure. Et Moussa Mara l’a fait. Son audace politique a coûté ce qu’elle a coûté au pays. Mais en terme de leçon à tirer, elle a permis de lever le voile sur le soutien jusque-là déguisé, des français aux rebelles indépendantistes du MNLA et leur allié Iyad Ag Ghali d’Ançar dine.

Les affrontements armés qui ont émaillé la visite du Premier ministre Moussa Mara ont servi de prétexte pour le sanguinaire Iya Ag Ghali et ses soutiens, d’imposer une situation d’insécurité permanente au Mali. Il ne se passe pas un seul jour sans qu’un Malien ne perde la vie sous les balles assassines de la horde de criminels sans foi ni loi obéissant aux ordres de leur leader, Iyad Ag Ghali, qui maquille son dessin criminel par l’Islam alors qu’il y a de forts soupçons sur son degré de religiosité.

Iyad Ag Ghali est-il seul dans ce combat ?

Pas si sûr. En tout cas, le pamphlet de l’ancien ministre de la Décentralisation du gouvernement (1) d’IBK (Ousmane Sy), en dit long sur les vraies raisons de la situation sécuritaire du pays. Tout porte à croire qu’une démarche subtile tendant à disqualifier le président IBK de la course pour Koulouba 2018 est en cours. Lequel plan a chargé le sanguinaire Iyad Ag Ghali de maintenir le pays dans une totale instabilité avec son corollaire funeste : l’écoulement du sang des Maliens innocents, exactement ce qui s’est passé en Côte-d’Ivoire avec Laurent Gbagbo.

Pour atteindre cet objectif, un travail de sape et de conditionnement de l’opinion, savamment préparé dans des laboratoires spécialisés pour être distillé à travers des causeries de ‘’grins’’, de bureaux et maintenant dans les médias, est en expérimentation. Les résultats semblent concluants. Le pamphlet du ministre Sy, qui fait probablement partie de la stratégie, en est une illustration parfaite. La technique est très subtile. Dans cet élément, l’ancien ministre fait économie de la situation sécuritaire et ses implications sur le tissu social et économique, au profit des conséquences de la crise sur les prochaines échéances électorales, notamment la probable non tenue de l’élection présidentielle à la date échue. Evidemment, même frappé de cécité visuelle et intellectuelle, nul ne peut nier la persistance de la crise socio-institutionnelle, politique et économique. Pis, elle s’amplifie de jour en jour. L’intérêt de l’article du ministre Sy est qu’il trace en gras, la ligne directrice à suivre. Car, convaincu de l’impossibilité du régime à tenir le scrutin dans le délai constitutionnel. Les raisons objectives ici évoquées en substance préparent si besoin est, l’opinion à un éventuel report du scrutin, obligeant les tenants du pouvoir actuel à commencer par IBK lui-même, à aller vers une nouvelle transition politique consensuelle qui va sursoir à l’organisation dudit scrutin par IBK et son gouvernement. A contrario, le régime fait le forcing en faisant fi de la situation sécuritaire du pays. Donc, pas de scrutin sur une bonne partie du territoire national. Cette situation de fait ouvrira la voie à toutes les contestations possibles des résultats du scrutin. Cet « entêtement » du régime peut servir de mobile à une insurrection populaire qui pourra aboutir au balaye du régime, accomplissant ainsi l’œuvre commencée. On se rappelle que tout avait été entrepris pour balayer le régime lors de la confrontation des plateformes « Antè A bana » et Oui an son na ». Certains animateurs ne cachaient pas leur volonté d’en finir avec le régime IBK. En tous cas, c’est la stratégie du tout sauf  IBK et de tout faire pour que son gouvernement n’organise pas les élections dans des bonnes conditions. Sinon, c’est la réélection assurée. Or, certains ne veulent pas de cela.

Les services de renseignement ont-ils décrypté le message pour lui ? L’on ne saurait le dire. En tout cas, le message est on ne peut plus clair et limpide. Dans les ‘’grins’’, dans les administrations, dans certains salons feutrés, on ne parle que du retrait volontaire du président IBK de la course pour Koulouba en 2018. Surtout que l’idée est soutenue par des gens les plus insoupçonnés dont en apparence, le soutien au président ne peut souffrir d’aucune contestation possible. La prise de position du ministre Sy ne fait que confirmer et assumer tout haut, ce qui se dit tout bas. IBK est donc averti. Il doit se préparer en conséquence. Il doit également chercher à argumenter les raisons profondes de la persistance de la crise sécuritaire dans le pays en langage simple et accessible au maximum de Maliens. Tout comme en Côte-d’Ivoire sous Laurent Gbagbo, la crise au Mali a été non seulement planifiée, mais elle est en ce moment entretenue dans l’ombre pour le besoin de la cause. Les actions d’Iyad Ag Ghali ne sont donc que la partie visible de l’iceberg.

A suivre !

M. A. Diakité

Source: Tjikan

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En tympanisant le président IBK et sa majorité présidentielle sur la persistance de la crise en 2014, force est de se rendre à l’évidence aujourd’hui que le piège d’une partie de l’opposition républicaine, que personne ne voyait venir, a merveilleusement fonctionné. En son temps, le Premier ministre Moussa Mara...