Plusieurs organisations de la société civile et de la classe politique malienne ont pris part, le vendredi 15 novembre 2019, à la place de l’Indépendance, au grand meeting de soutien aux forces armées maliennes (FAMa). Un meeting au cours duquel elles ont dénoncé la mauvaise gouvernance au sein de l’armée et déploré le « jeu trouble » de la communauté internationale. Selon le Président du Pacp, Yeah Samaké, la situation sécuritaire actuelle du pays démontre clairement que les forces internationales présentes au Mali ont échoué dans leur mission de sécurisation du pays.

C’était une véritable tribune de dénonciation, surtout d’anciens alliés, contre la mauvaise gouvernance, disent-ils, du président de la République Ibrahim Boubacar Keïta. Pour les organisateurs du meeting, c’est cette gouvernance qui est en train de causer de graves torts à l’armée malienne, avec des défaites régulières face à l’ennemi. Selon Soumaïla Cissé, ce meeting avait pour but de rassurer non seulement nos militaires engagés sur le front, mais aussi leurs familles du soutien du peuple. Il dira qu’ils venaient récemment de faire une conférence de presse pour décrier la situation sécuritaire et plus précisément les conditions des militaires. Il exige des conditions minimums pour l’armée, pour qu’elle puisse mieux assurer la défense du territoire. Selon le chef de file l’opposition, l’armée malienne est victime de complot, l’empêchant de mieux faire son travail. S’adressant certainement à la communauté internationale, Soumaïla Cissé dira que lorsqu’on veut aider un pays, on doit prendre en compte ses aspirations. Pour lui, l’aspiration principale du Mali est l’unité du pays, le vivre ensemble des populations. Pour Modibo Sidibé, une grave menace pèse sur le Mali et il est urgent de se lever pour y faire face.
Selon Choguel Kokalla Maïga, l’unicité du Mali est sérieusement menacée avec surtout le statut de Kidal. Pour lui aussi, la solution ne viendra que des Maliens qui doivent se lever pour constituer un seul front pour sauver le pays. Me Mohamed Aly Bathily s’est engagé, quant à lui, pour défendre les droits des veuves et des enfants militaires tombés au front. Pour lui, il est inadmissible que l’Etat adopte une loi et refuse de l’appliquer sous prétexte qu’il n’y a pas d’argent. Selon lui, beaucoup de droits des enfants et veuves de militaires sont piétinés actuellement par l’État, faute d’argent. Il dira qu’il n’hésite pas à attaquer l’Etat en justice pour mettre les parents des militaires décédés sur le front dans leurs droits. Me Mohamed Aly Bathily, non moins Président des APM, s’est engagé aussi à soutenir la justice et exige que l’ancien Premier ministre, Soumeylou Boubèye Maïga et l’ancien ministre Tièman Hubert Coulibaly soient écoutés dans le cadre de l’affaire des équipements militaires. Il a donné rendez-vous pour le vendredi prochain pour un autre meeting de soutien, cette fois-ci à la justice. Il n’est pas le seul à rassurer la justice de son soutien. Mamadou Hawa Gassama s’est engagé lui aussi à soutenir la justice.
Moussa Sinko Coulibaly n’est pas allé, quant à lui, par le dos de la cuillère. Il a appelé à la démission immédiate du Président de la République. Pour Moussa Sinko, IBK est le seul responsable de la situation actuelle du pays.
L’audace de Yeah Samaké
L’une des attentes des manifestants qui ont massivement répondu présent à l’appel, c’était des propos durs contre la politique française au Mali. Sur les pancartes ont pouvait lire, entre autres : « A bas la France. Dégage la France. France soutien des terroristes etc. » Certains ont même roulé sur le drapeau français.
si beaucoup de leaders de la rencontre ont préféré la diversion, Yeah Samaké du Pacp a, lui, osé en disant ouvertement que la Minusma et la force française Barkhane ont échoué dans leur mission de stabilisation du Mali. Pour lui, la situation sécuritaire s’est d’ailleurs détériorée en leur présence au Mali.

M.Dolo /

source Le Tjikan
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Plusieurs organisations de la société civile et de la classe politique malienne ont pris part, le vendredi 15 novembre 2019, à la place de l’Indépendance, au grand meeting de soutien aux forces armées maliennes (FAMa). Un meeting au cours duquel elles ont dénoncé la mauvaise gouvernance au sein de...