Le désastre militaire d’Indelimane a bouleversé la donne intérieure et internationale pour le gouvernement malien. Le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, avait prévenu qu’il pourrait arriver d’autres Mondoro et Boulkessi. Après cet énième coup encaissé par nos Forces armées, les Maliens dans le désarroi doivent garder la tête froide et rester unis.


Le pays doit se donner les moyens militaires capables d’arrêter les tueries perpétrées par des hordes terroristes. Nous ne nous habituerons jamais au fait que nos héroïques soldats soient, encore et encore, pris au dépourvu. Ce psychologue n’a-t-il pas raison ? Il a constaté que «l’esprit humain, pris au dépourvu, marque une pause et essaie de donner un sens à ce qui n’en a pas». Maintenant qu’elle est la marche à suivre ? Qu’est-ce qui a manqué à Indelimane pour nous valoir cette tragédie ?
Il se raconte que dans les écoles supérieures d’état-major des États-Unis, les officiers apprennent que «quand on remplit une fonction de commandement, les troupes ont besoin de voir le chef faire son boulot. Les troupes à tout moment veulent savoir que le chef est là pour elles». Parce que le chef est le stratège, le tacticien qui distingue sur une carte militaire, sur le terrain des opérations, la faille dans le dispositif de protection.

Hélas ! Nous continuons d’être aveugles et sourds de jour comme de nuit. La solution de nos tourments ne se trouve-t-elle alors pas dans l’antre du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies ? Le Mali est coincé de partout, par les grèves, les hauts et cadres moyens corrompus, les corrupteurs, les détourneurs des fonds publics. Le citoyen malien est très inquiet dans son pays en guerre. Il pourrait exercer ses talents dans la prospection de la politique-fiction pour voir clair dans la confusion de ses analyses.
Et si le président Ibrahim Boubacar Keïta envoyait des missions de bonne volonté aux quatre coins du monde. Ces délégations nationales seront composées des leaders des groupes armés signataires de l’Accord de Bamako issu du processus d’Alger, des délégués des associations de la société civile, des dignitaires religieux.

Les deux anciens présidents de la République du Mali, Alpha Oumar Konaré et Amadou Toumani Touré (ATT), l’ancien président intérimaire Dioncounda Traoré prendront chacun la tête d’une mission. Les émissaires du peuple souverain du Mali seront reçus à New York par le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, le Conseil de sécurité. à Washington, la cause de notre pays sera plaidée devant le président américain Donald Trump. Les délégations de haut niveau atterriront aussi à Londres, Paris, Bonn, Moscou, Pékin, Tokyo. Il n’y a plus de belligérance entre les groupes armés signataires de l’Accord de Bamako issu du processus d’Alger et les FAMa. Ce sera justice de laisser le président du Mali se procurer sur le marché international les équipements modernes pour sentir, entendre, voir arriver de loin, les hordes terroristes. A la guerre asymétrique, il faut peut-être opposer une diplomatie tous azimuts et inédite.
L’histoire contemporaine malienne est riche de leçons. J’ai lu ce qui suit dans un numéro de la revue «Histoire d’Afrique», éditée par l’écrivain Amadou Hampâté Bâ et le professeur Sekené Mody Sissoko. A une certaine époque, le président Modibo Keïta se trouva en froid au même moment avec le Sénégal et la Côte d’Ivoire. Les conséquences furent terribles sur les importations et les exportations de notre pays. Le patriote et écrivain de réputation mondiale Amadou Hampâté Bâ ne s’entendait pas lui aussi avec le président malien.
Cet amoureux du Mali n’hésita pas à demander audience à Modibo Keïta. Il alla lui annoncer que lui Amadou Hampâté Bâ s’il obtenait l’autorisation, allait se rendre à Abidjan pour rencontrer le président ivoirien Houphouët-Boigny. Le président Modibo donna son accord. L’éminent écrivain sera reçu dès son arrivée à Abidjan par le président ivoirien. Qui lui aurait dit après les salutations : « Je sais pourquoi tu es là mon ami. Ne t’attarde pas. Retourne dire à Modibo que les frontières ivoiriennes seront rouvertes dès demain». Ce fait historique prouve que «L’UNION SACRÉE» appelle à l’action patriotique. Au sacrifice de tout ego surdimensionné.

Sékou Oumar DOUMBIA

Source: L’Essor-Mali

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