C’est dans une salle pleine à craquer du Palais de la Culture Amadou Hampaté Ba que les responsables du parti Convergence d’Actions pour le Peuple (CAP) ont lancé le samedi 11 mai 2013 leur parti devant une pléiade de journalistes. Cette cérémonie de lancement n’a pas beaucoup surpris les observateurs de la scène politique, car depuis un certain temps, les affiches de la dite formation (CAP) étaient bien visibles dans les rues et les principales artères de la capitale.

Des questions pleuvaient de partout afin de savoir qui est-ce qui étaient derrière ces couleurs tant les hommes politiques avaient déçu plus d’un. Mais la vue de ces jeunes cadres, qui n’avaient rien à se reprocher dans le cadre de la gestion des affaires publiques, a été une satisfaction pour beaucoup.
Après l’installation des invités, le président du Parti CAP, M. Jean Marie Idrissa Sangaré s’est adressé à l’assistance dans un discours très éloquent à travers lequel il a dévoilé à la presse la stratégie du CAP pour apporter un changement de fond en comble dans notre pays.
Aidé de son 1er vice-président, M. Racine Seydou Thiam et M. Khadara Thiam, 2ème vice-président et autres cadres du parti, le président Sangaré a répondu à toutes les questions des journalistes après son allocution dans laquelle, il précisera que le CAP est une initiative de plusieurs associations de jeunes qui croient au changement.
«Il s’agit entre autres du Rassemblement pour des Actions Concrètes (RAC) des associations Sigida Kanu et CADRE, composées de citoyens à la conviction de bâtir un Mali digne. Il ne s’agit pas pour le Parti CAP de se présenter aux Maliens avec un bâton magique, mais de tenir un langage de vérité et de le faire porter par des femmes et des hommes courageux, compétents, intègres, crédibles, prêts au sacerdoce pour le Mali. Notre objectif, c’est de participer à toutes les élections de 2013. Nous sommes un parti sérieux qui a beaucoup d’ambitions. Nous sommes un parti pour la  rupture et qui inscrit son action  dans la durée», a-t-il précisé.
Tous habillés en costumes et cravates comme pour dire qu’ils ne viennent pas en politiques pour se faire des sous comme certains autres, les jeunes ont voulu lancer un message clair et précis aux populations et aux autres leaders politiques dans notre, comme quoi, rien ne sera plus comme avant.
Il faut rappeler que M. Louis Check Sissoko assure la présidence du mouvement des jeunes et la 4e vice-présidence est assurée par Mme…comme pour dire que les femmes occupent une place prépondérante au sein de cette formation politique. Il faut rappeler que la Convergence d’Actions pour le Peuple (CAP) a été créée il y’a seulement deux mois et pour cette première cérémonie, on peut sans risque de se tromper dire que les ambitions sont à la hauteur des actes et des hommes qui la composent.
Avant de terminer, le président Sangaré a promis d’organiser dans un bref délai une cérémonie à travers laquelle, le projet de société du parti sera communiqué. Il a aussi précisé que le parti participera à toutes les échéances électorales à venir.
M.KONDO

DISCOURS DU PRESIDENT DU PARTI CAP
Madame, Mademoiselle, Monsieur, chers invités de la presse, chers militants et sympathisants,
Bonjour,
Au nom du rêve de nos pères fondateurs d’un Mali de justice, de paix, d’égalité, trois Associations, SIGIDA KANU, RAC, CADRE, composé de citoyens à la conviction trempée de bâtir un Mali digne et fier occupant une place de choix sur la place des grandes nations, ont décidé de se regrouper pour répondre à l’appel de l’histoire en créant le parti politique Convergence d’Actions pour le Peuple.
Nous sommes convaincus au CAP, qu’une nation n’assure son existence à travers le temps et l’espace, que si ses valeurs fondatrices issues de luttes armées, intellectuelles ou révolutionnaires, continuent d’irriguer la conscience, de constituer l’empreinte génétique intellectuelle de ses générations futures.
À ce titre, notre investissement pour le Mali puise sa sève dans les entrailles de notre histoire passée et récente, car qui prend le passé pour racine aura pour feuillage l’avenir.
Un avenir pour lequel nous avons pris l’engagement ferme d’assumer pleinement notre devoir de citoyens, notre devoir de génération.
Nous mènerons toujours le combat qui aura pour finalité d’amener tous les maliens à s’abstenir de l’auto flagellation, de l’indignation en secret, et d’ouvrir pleinement l’espace de citoyenneté qui est en eux, d’exercer leur libre arbitre sans contrainte aucune, de prendre leur destin en main sans concession aucune.
À travers cet exercice chaque malien mesurera à sa juste valeur la part de souveraineté qui réside en lui en tant que citoyen et comprendra qu’il est à la fois une solution au problème du Mali et peut être également un problème pour le Mali.
Au regard de ce qui précède, il ne s’agit pas pour le CAP de se présenter aux Maliens avec un bâton magique, mais de tenir le langage vrai et de faire porter ce langage par des femmes et des hommes courageux, compétents, intègres, crédibles, prêts au sacerdoce pour le Mali.
En effet, aucun problème ne se pose aujourd’hui à notre nation dont les causes immédiates et lointaines, les solutions superficielles et pérennes ne sont connues.
La marche actuelle de notre pays ne laisse aux maliens que deux choix entre la facilité et la sueur, voire les larmes au labeur. Selon la voie choisie dépendra la prospérité, la dignité des générations futures, la survie de notre nation.
Le CAP rejette sans réserve ni exception la facilité et s’engage à s’investir pour bâtir les fondations d’un nouveau contrat social entre tous les maliens sans exclusive sur les critères du Mérite, du travail, de la compétence, de la justice sociale, de la bonne gouvernance.
Ce contrat social résultera d’un changement concret et non fictif. Il ne doit pas avoir pour fondement le simple nivellement de génération mais les critères ci-dessus évoqués de crédibilité, de projet et le courage des femmes et des hommes qui le portent.
À tort ou à raison, nous ne cessons de réclamer le départ de la vieille classe politique avec comme seul argument, «le tour des jeunes est arrivé».
La jeunesse ne donne aucun droit ou privilège en politique. Qui plus est, les jeunes doivent également assumer leur part de responsabilité dans la déchéance de notre pays.
Le silence de la jeunesse a été un blanc-seing aux gouvernants, qui ne voyant pas d’opposition réelle, se sont crus tout permis et certains jeunes qui ont eu la chance ou le mérite d’accéder à des postes de responsabilité n’ont pas fait mieux que l’ancienne classe politique dans la gestion du pays.
Le seul critère du changement fondé sur la jeunesse est une démarche qui n’aboutira qu’au changement des femmes et des hommes et non à l’institution des pratiques saines de gestion de l’État.
Ce prétexte léger pour plaider le changement n’est ni notre vision, ni notre combat.
Indépendamment, de l’âge nous assumons à la Convergence d’Actions pour le peuple, notre révolte pour le Changement sur la base de la crédibilité, d’un projet fiable, de la compétence et de l’excellence.
Nous disons aux maliens, que le moment pour chacun d’entre nous, de rendre à notre pays une parcelle de ce qu’il lui doit, est arrivé.
Cet investissement commence par le plein exercice de nos droits de citoyen. Le premier de ce droit est le vote pour tout malien remplissant les conditions légales.
Les maliens rendront un service historique et inestimable au pays en saisissant les prochaines élections électorales pour s’exprimer en grand nombre.
Ceci doit être le but de tout parti politique, de toute association, car c’est dans l’implication effective de tous les maliens dans la vie publique que réside le renforcement de notre nation. Aucune campagne de sensibilisation, aucune action de terrain ne sera de trop dans cette mission.
La Convergence d’Actions pour le Peuple s’y attèle et s’y attèlera pour que la démocratie soit le seul vainqueur des prochaines échéances électorales.
Mesdames, Messieurs les journalistes, ainsi se résume l’historique du parti, ses motivations, son combat, sa vision.
À travers vos questions, nous aurons l’occasion de développer, si besoin en est, tous les points évoqués.
Je vous remercie de votre aimable attention.
POUR LA CONVERGENCE D’ACTIONS POUR LE PEUPLE
LE PRÉSIDENT, JEAN MARIE IDRISSA SANGARÉ