Le mercredi dernier, dans un hôtel de la place, les responsables du Comité international de la Croix rouge  (Cicr) étaient face aux médias. Animée par Régis Savioz, directeur adjoint des opérations du Cicr et Nicolas Marti, chef de la Délégation régionale, cette conférence de presse a été mise à profit pour annoncer le besoin de 33 millions d’euros supplémentaires pour venir en aide à des centaines de milliers de personnes au Mali en guerre.

Selon Régis Savioz, «les communautés sont durement touchées ; elles ont besoin de nourriture, d’eau et de soins de santé. Elles doivent aussi pouvoir retrouver une certaine autonomie pour pouvoir à terme subvenir à leurs propres besoins». Avant d’ajouter que les conditions de vie des personnes touchées par le conflit armé depuis 16 mois au nord du  Mali sont très inquiétantes et les besoins humanitaires sont importants. L’organisation dit avoir besoin de 33 millions d’euros et doit plus que doubler son budget pour le Mali et le Niger voisin qui accueille des milliers de réfugiés maliens, en le portant à 61,5 millions d’euros. Cette opération devient ainsi la deuxième opération la plus importante du Cicr dans le monde en termes budgétaires.

Le responsable du Cicr a également déclaré qu’il avait obtenu un accord du gouvernement malien pour lui permettre de rentrer en contact direct avec les prisonniers de guerre. En effet, les délégués du Cicr ont, au cours de leur séjour au Mali, visité les  personnes détenues en relation avec le conflit ;  grâce audit accord signé le mercredi même avec le gouvernement malien. A ce titre,  le Cicr entend intensifier ses activités en faveur des personnes privées de liberté et avoir accès à tous les lieux de détention du pays. Il est à noter qu’il y a environ 300 prisonniers de guerre au Mali, capturés depuis le début de l’intervention militaire au Mali.

Régis Savioz a dit, qu’en se rendant à Gao et Mopti, il a constaté que l’instabilité de la situation et les épisodes de violence dans les centres urbains du nord du Mali rendent encore plus difficiles les conditions de vie de la population. Dans ses estimations chiffrées, il a rappelé qu’environ 420 000 personnes bénéficieront d’une assistance alimentaire tout au long de l’année. En outre, quelque 186 000 agriculteurs recevront des semences et 35 000 familles d’éleveurs pourront préserver leurs moyens de subsistance grâce à une campagne de vaccination et de traitement de deux millions d’animaux et à la distribution de 510 tonnes d’aliments pour le bétail.  Dans le domaine de la santé, le soutien à l’hôpital régional de Gao se poursuivra ainsi que l’appui à des centres de santé communautaires, a-t-il déclaré. Le Cicr continuera aussi de soutenir la fourniture de carburant pour les centrales électriques des principaux centres urbains du nord afin d’assurer un accès à l’eau à leurs habitants, selon lui. Par ailleurs,  il a attiré l’attention des hommes des médias sur un fait assez important : aucun retour significatif de déplacés et de réfugiés n’a été observé à ce stade.

Concernant les réfugiés et les déplacés, le Cicr estime que l’importance des efforts déployés par la Croix-Rouge malienne pour venir en aide à leur niveau dans le besoin a également été relevée. «La Croix-Rouge malienne est un acteur incontournable au Mali et un partenaire primordial pour le Cicr. Sans elle et sans la collaboration de ses milliers de volontaires, auxquels je veux rendre hommage, nous ne serions tout simplement pas en mesure de mener à bien nos activités d’assistance», a encore précisé Régis  Savioz.

Enfin, à la question de savoir s’il la délégation a constaté des exactions quelconques sur le terrain, M Savioz dira que cette question est assez délicate et que le Cicr a pleinement joué son rôle, dans la mesure où il a fait un  travail de prévention et de rappel de certaines règles fondamentales des droits humains qu’il faut respecter en matière de conflit, auprès des belligérants.

Rokia Diabaté