Quelques mois après la signature du Cadre de collaboration entre le Bureau du vérificateur général (Bvg) et le Conseil national de la société civile (Cnsc), les deux structures se sont retrouvées mardi dernier à l’occasion d’un atelier d’échanges pour la concrétisation des actions programmées au titre de l’année 2013. Deux jours après, ce sont les structures nationales de contrôle que le Végal rencontrait.

Le BVG entendait discuter avec la société civile du contenu du rapport de vérification 2011 et des normes de vérification dans le but d’améliorer la compréhension et l’exploitation du rapport par les organisations de la société civile. La session devait également édifier les participants sur la typologie des missions de vérification et les difficultés rencontrées par les équipes sur le terrain dans l’accès à certains documents.

Lors de l’atelier d’échanges avec les structures de contrôle de la bonne gestion des finances publiques, qui s’est tenu au Grand Hôtel, le Bureau du Vérificateur Général, dirigé par Amadou Ousmane Touré, visait à créer les synergies nécessaires à ce que tous les contrôleurs étatiques et indépendants de l’orthodoxie financière puissent se donner la main pour mieux traquer la corruption et la délinquance financière.

Dans les deux cas, le Végal a mis l’accent sur l’impérieux besoin de franche collaboration et d’implication citoyenne pour mettre un jour notre pays dans la liste des plus vertueux au plan de la gestion des finances publiques. Ainsi, il dira aux membres du Cnsc «le Programme d’appui à l’amélioration de la gouvernance institutionnelle et économique au Mali, soutenu par la mise en place d’un Comité de pilotage chargé du suivi des activités, marque effectivement votre volonté de faire de notre cadre de collaboration un instrument de vulgarisation de la bonne gouvernance. C’est pour le Bureau du Vérificateur général une dynamique heureuse et prometteuse, qu’il convient de matérialiser dans la durée, tant la corruption et la délinquance financière restent une entrave sérieuse à toute tentative de décollage économique. Or, les crises se sanctuarisent dans un Etat corrompu et en proie à la mauvaise gestion».

Face aux responsables des structures de contrôle, il poursuivra sur la même lancée. «Cet atelier est stratégique, dans la mesure où il prouve la cohésion d’ensemble de la politique de notre pays face, d’une part, aux préoccupations de nos concitoyens qui ne comprennent pas toujours notre système de contrôle, qu’ils qualifient d’hypertrophique et, d’autre part, à celles de nos partenaires techniques et financiers, qui souhaitent plus de concertation entre nous, structures de contrôle».

Pour le Végal, les maîtres mots sont donc efficacité, professionnalisme et humilité. Ils est parfaitement conscient du fait que les produits du Bureau du Vérificateur Général auront plus d’effets lorsqu’ils bénéficieront de l’accompagnement de l’ensemble des partenaires stratégiques, société civile comme structures de contrôle. Car son objectif essentiel est de fédérer les efforts de lutte contre la corruption, la délinquance financière et la mauvaise gestion.

A l’agenda du BVG, selon Amadou Osmane Touré, des affaires qui défrayent actuellement la chronique. «Nous suivons avec beaucoup d’attention les préoccupations sociales du moment, notamment les questions relatives à l’achat de véhicules pour l’armée et à l’attribution du marché de la 3ème licence de téléphonie mobile, des sujets sur lesquels le Bureau a été, à la limite, interpellé par certains de nos concitoyens», a-t-il affirmé. Non sans rappeler que le BVG ne peut intervenir légalement, en pareille circonstance, que lorsque des actes sont posés, par exemple avec la conclusion d’un marché. «Il en est ainsi pour la 3ème licence de téléphonie mobile au sujet de laquelle le Bureau procédera très prochainement à une vérification. Le rapport sera rendu public et le Chef du gouvernement en a été informé», a-t-il révélé.

Faire comprendre aux mauvais gestionnaires et aux délinquants financiers qu’un contrepoids de taille se hissera désormais en face d’eux et associer à ce combat toutes les Maliens, tel est le sens de ses différentes rencontres organisées par le BVG avec l’aide de ses partenaires. Elles permettent en effet à tous les participants aux ateliers de s’imprégner des méthodes de travail du Bureau du Vérificateur Général et de prendre connaissance du contenu du Rapport 2011, entre autres.

Le Président Conseil national de la société civile, Boureima A. Touré, a expliqué que sa structure avait vocation à aider le BVG à atteindre ses objectifs. «Le Conseil national de la société civile est un partenaire actif du Bureau du Vérificateur. Cela est  formel depuis la signature de l’accord-cadre entre les deux institutions. Cette collaboration sera mise en œuvre à travers des formations, pour mieux connaître le Bureau du Vérificateur Général, ses missions, ses activités, la diffusion des informations autour des rapports de vérification, la sensibilisation et la vulgarisation des recommandations des rapports à travers l’éducation sur la citoyenneté et les valeurs républicaines. La société civile a élaboré un programme d’activités qui se déclinera en actions concrètes qui seront entreprises à travers tout le pays».

Quant à Amadou Ousmane Touré,  le Vérificateur Général, il n’a pas manqué, lors de à chaque atelier, de requérir de l’Etat le maintien de la dissuasion, par le renforcement des mesures de bonne gouvernance, au premier rang desquelles, notamment, la sanction des fautifs, le respect des lois et règlements qui gouvernent l’action publique et qui s’imposent à tous, surtout aux décideurs publics et aux responsables politiques, qui tiennent les leviers du pouvoir et font et défont la chose publique.

Car les actions entreprises restent trop timides face à la gravité de la situation annuellement déplorée et aux défis qu’elle pose à notre pays. «Notre devoir de génération est de cultiver constamment les vertus de transparence et de bonne gestion, afin de contribuer à construire une nation émergente, soucieuse de sa crédibilité et sévère envers ses fossoyeurs», a-t-il conclu, soulignant que la  spécificité et la vocation de chacune des structures de contrôle «même si toutes ont pour champ d’action le fonctionnement et la gestion administrative, financière et comptable des services et organismes publics» pouvait être un atout des plus importants dans l’atteinte de ces objectifs.

Ramata Diaouré