IBK le président élu du Mali a été investi hier. Cette investiture a été le théâtre des effets d’annonces. L’ancien président Moussa Traoré, qui a régné sans partage sous l’ère du parti unique, et qui a eu la réputation d’un dictateur convaincu (1968-1991) a été consacré hier, par le nouveau président élu du Mali, Ibrahim Boubacar Kéita, « grand républicain ». Un fait qui a immédiatement suscité des réactions comme la suivante dans les réseaux sociaux : « avec cette réhabilitation par le nouveau président, de celui qui a massacré des centaines de Maliens, les démocrates viennent de recevoir un coup de poignard dans le dos. Le président IBK s’assoit sur la mémoire des martyrs de mars 1991 ». Pour d’autres, il s’agit de la « la première gaffe du président IBK ». Le président élu aura commis l’impair de « saluer en premier l’ex-autocrate ». Par ailleurs, comme un paradoxe voulu, IBK a passé sous silence le 26 mars 1991 et toute allusion aux sacrifices des Maliens qui ont abouti à l’ouverture démocratique au Mali. Il passera également sous silence les présidents Modibo Kéita, Alpha Oumar Konaré, Amadou Toumani Touré. De Moussa Traoré il en vient à Dioncounda Traoré, passant superbement la gomme sur les 20 ans de règne de l’ère multipartite, comme s’il remontait le temps de la transition jusqu’en 1991. Ces faits paraissent suffisamment révélateurs dans l’annonce des couleurs pour ce quinquennat.  president dictateur autocrate moussa traore investiture ibk ibrahim boubacar keita cicb bamako
Le président, Ibrahim Boubacar Keita, a prêté serment ce mercredi 4 septembre 2013 devant la cour suprême au CICIB. Une cérémonie qui a enregistré la présence de nombreuses personnalités, à savoir : l’ancien président du Mali, Général Moussa Traoré, les membres du gouvernement sortant, les anciens premier-ministres et ministres, les membres du corps diplomatique accrédités au Mali, le gouverneur, le maire du district de Bamako, les présidents des institutions de la république du Mali, les représentants des partis politiques dont Soumaïla Cissé de l’URD, le challenger d’IBK au second tour et de nombreuses autres personnalités.
Après la lecture de l’arrêt portant proclamation du résultat définitif du deuxième tour du président de la république du 11 août 2013 par Mme le greffier en chef de la cour suprême, la réquisition du procureur, Mamadou Bouaré, auprès de la cour suprême s’en est suivie. Mamadou Bouaré invitera IBK à mettre fin aux problèmes auxquels le peuple malien est confronté. Selon lui, la crise traversée doit amener tous les Maliens à une prise de conscience. « Les clés du palais qui vous seront remis par le président de la Cour suprême ne représentent pas un sésame mais un gouvernail », a-t-il souligné avant d’égrener les nombreux défis qui attendent le nouveau président. « Les Maliens attendent la restauration de notre fierté, de notre honneur, de notre dignité, par la création d’une armée nationale moderne, disciplinée, républicaine et forte. La société malienne que je représente auprès de la plus haute juridiction de notre pays, réclame la restauration de l’autorité de l’Etat sur tout le territoire national, la lutte contre la corruption, la fin de la gestion patrimoniale de l’Etat, la fin des arrestations extrajudiciaires, la sécurité pour les Maliens, mais aussi pour les étrangers qui nous honorent de leur visite ». Au nom de la société, le procureur général a revendiqué la mise en place d’une école apolitique, une agriculture moderne, une bonne gouvernance, un emploi décent pour les jeunes. Fournir toute la population en eau potable, faire du Mali un Etat fier et fort. « A l’issue de cette cérémonie vous ne serez plus le président d’un groupe de soutien ou d’un parti politique mais de toutes les Maliennes et de tous les Maliens. Méfiez-vous des rats du palais présidentiel. Soyez fidèle aux termes du serment », a-t-il mis en garde le nouveau chef de l’Etat.
Ensuite, le nouveau président de la République du Mali, conformément à l’article 37 de la Constitution, a dans une allure solennelle, prêté serment devant les sages de la cour suprême du Mali : «Je jure devant Dieu et le peuple malien de préserver en toute fidélité le régime républicain, de remplir mes fonctions dans l’intérêt supérieur du peuple, de préserver les acquis démocratiques, de garantir l’unité nationale, l’indépendance de la patrie et l’intégrité du territoire national. Je m’engage solennellement et sur l’honneur à mettre tout en œuvre pour la réalisation de l’unité Africaine». La cour le renvoya  dans l’exercice de ses fonctions. Puis après, le grand chancelier des ordres nationaux du Mali, a remis au Président de la République, les insignes de la Dignité de Grand-Croix des ordres nationaux du Mali. Après l’exécution de l’hymne national du Mali, place à la première déclaration officielle du président investi. IBK n’a pas résisté à la tentation de jeter des fleurs à l’ancien président Moussa Traoré de l’ère du parti unique, qui a été chassé du pouvoir le 26 mars 1991 pour instaurer un régime multipartite. Présent dans la salle, IBK s’adressera à lui en particulier : «… monsieur le président Moussa Traoré, El hadji Moussa Traoré, Général Moussa Traoré, votre présence ici aujourd’hui ne me surprends guère. Elle est le fait du grand républicain que vous êtes, mon général. On comprendra donc que mes hommages commencent par vous … »
La promesse d’une nouvelle ère pour le Mali.
« Le Mali d’abord ! La confiance, la grande, la très grande confiance placée en moi ne sera jamais galvaudée. Je veillerai désormais à sauvegarder notre peuple, en ses personnes et ses biens. La vie du Malien vaudra désormais son prix inestimable. Aussi voudrais-je ici, solennellement, engager tous ceux qui ont mission et vocation à protéger et sauvegarder notre peuple, à s’acquitter très consciencieusement de leurs missions. C’est le lieu, chers compatriotes, de vous dire ma révolte et mon indignation tout en m’inclinant avec la plus grande piété et une compassion réelle sur toutes les victimes récentes de la cupidité de certains et que des eaux maitrisables ont emportées, les arrachant à notre pays et aux leurs. Une enquête  approfondie devra établir sans tarder toutes les responsabilités à l’origine de la tragédie récente », promet le président de la République. Selon lui, il en sera, aussi, de même pour les contrôles routiers et de la circulation routière car trop de Maliens perdent encore la vie sur nos routes. IBK, a notamment indiqué que la réconciliation nationale demeure la priorité la plus pressante. « Dès demain, nous enclencherons les actions appropriées pour forger des solutions robustes en vue d’une paix durable afin que nous sortions définitivement de la répétition cyclique des crises dans le Nord du pays », dit-il. Le président promet, aussi, de s’atteler sans relâche à restaurer l’Autorité de l’Etat. « Nul ne sera au-dessus de la loi. Elle s’appliquera de manière égale à tous. Je mettrai fin à l’impunité, aux passe-droits qui sont à l’origine du dévoiement des institutions judiciaires et étatiques. La restauration de l’autorité de l’Etat se conjuguera avec une lutte sans répit contre la corruption qui inhibe notre capacité à sortir du sous-développement économique et social. En tant que Président de la République, je veillerai à la bonne gestion des deniers publics. Je mettrai en place les mécanismes appropriés pour assurer la transparence et l’efficacité de la dépense publique. Nul ne pourra s’enrichir de manière illicite sur le dos du Peuple Malien. Je bâtirai avec le concours de tous, un Etat fort, impartial, qui sera totalement dédié au service du Bien-Etre moral et matériel de la Nation Malienne », a conclu le nouveau chef de l’Etat.
Aguibou Sogodogo
Madiassa Kaba Diakité
B. Daou

Source: Lerepublicainmali

MaliwebDiversibrahim boubacar keita,moussa traore
IBK le président élu du Mali a été investi hier. Cette investiture a été le théâtre des effets d’annonces. L’ancien président Moussa Traoré, qui a régné sans partage sous l’ère du parti unique, et qui a eu la réputation d’un dictateur convaincu (1968-1991) a été consacré hier, par le...