Ségovienne bon teint n’ayant pas perdu ses racines, Pulaku rechigne à penser à un conflit communautaire au Mali, de surcroît entre son ethnie et les Dogons. Pulaku, c’est Mariam Hachimi Ba, née en France en 1987, spécialiste dans l’organisation d’événements à côté de son profil d’éducatrice. Elle est la marraine de la Nuit de Ségou, ce samedi 15 juin 2019, au Cinéma Babemba avec le film ” Duga, Les charognards “.

Elle, très bien éduquée et fort cotée sur le réseau social, Mariam a fait ses études primaires et secondaires dans le 93, Aulnay Sous-Bois, et dans le Deauville en Normandie avant de détenir un bac SMS (sciences médico-sociales), un C.AP. Petite enfance et un brevet d’aptitude aux fonctions d’animateur qui lui permettent d’enseigner aujourd’hui dans une structure similaire à Bamako.

Femme débordante d’énergie, dans son travail, elle possède une grande force de persuasion. Mariam Hachimi Ba a du charisme à revendre et impressionne par sa volonté et sa détermination, même quand elle est la cible de n’importe quelle vilenie dans son métier. Elle sait se relever et résister aux situations les plus difficiles, puisque, d’après elle “Mes parents sont ma force, je suis disponible pour les personnes dans le besoin”. Une générosité qui reste souvent sa marque de défaut et qu’elle explique se transformer souvent en naïveté, mais Mariam n’hésite pas, malgré tout, à défendre les causes qu’elle estime justes. “Je travaille pour me surpasser, avoir mes propres établissements et centre de formation, surtout créer un orphelinat”, dit-elle. On peut donc se confier à elle. Mais ici, c’est elle, la fille de Ségou Sido aniBalanzando, qui se fie à nous et à nos lecteurs.

Aujourd’hui-Mali :Que représente Ségou pour toi ?

Mariam Hachimi Ba : Quand j’entends le nom de Ségou, c’est toujours ce sentiment de fierté qui m’anime. Ma mère y est née et y a grandi. Je suis descendante d’El hadj Omar Tall, petite fille de Ba MadinaTall, donc ce nom est une partie de moi, fait partie de mon quotidien, j’ai donc plein de souvenirs qui me reviennent dès que j’entends le nom de Ségou.

Ségou est un endroit calme où il fait bon vivre. Les gens sont sociables, accueillants, souriants et en atteste la bonne nourriture de Ségou avec de bons plats. Il y a ce fleuve aussi qui est nourricier et qui protège ! C’est pourquoi Ségou est une destination et Ségou mobilise. Cependant, mes meilleurs moments demeurent mes échanges avec mon grand-père, Ba Madani Tall, un chantre de la cohésion sociale et du vivre ensemble à Ségou.

Nous le regrettons aujourd’hui avec tous ces différends qui ébranlent aujourd’hui notre tissu social. Ce sont des valeurs de ce genre qu’on voudrait démontrer, ce samedi 15 juin à 21 h au Ciné Babemba, avec ce film “Duga, Les charognards” qui sera projeté pour la première fois à Bamako après le Fespaco de mars dernier où il a gagné le Prix Uémoa.

Un film qui parle des valeurs humaines que nos communautés semblent perdre aujourd’hui. Je conseille à tous de visionner ce film en tant que marraine de Ségou pour l’événement.

Que vous inspirent tous ces événements au Mali depuis 7 ans ?

Je reste positive face à tout ce que le pays endure depuis plus d’une demi-douzaine d’années car je crois en mon Maliba. Bien évidemment, il y a de la tristesse quand on voit que le pays est tiré en arrière, quand on voit tout ce retard qu’on accumule ; un pays instable et des difficultés qui se rencontrent au quotidien. Je me dis, si chacun de nous apportait ses idées de bonne gouvernance, de développement et plein d’autres initiatives, ensemble, on peut sortir ce pays du gouffre, ensemble nous pourrons aller loin car lorsqu’on va seul on va vite, lorsqu’on va ensemble on va loin.

Je demeure confiante et positive car je rêve toujours un peu trop grand et que le Bon Dieu nous assiste toujours. Quelqu’un en France m’a demandé un jour si en tant que Peule je crois à un conflit peul-dogon comme certains veulent nous y amener. J’ai dit de façon péremptoire, non ! Sachant que nous sommes tous du même terroir. Si nous demandons aux Dogons comme aux Peulhs pourquoi ce conflit, quelle en est la cause, ils ne sauront, chacun, y répondre. Je dis toujours à mes interlocuteurs en Europe, Dogons-Peuls ou Peuls- Dogons… c’est le Mali, il ne faut pas tomber dans l’amalgame.

J’ai aimé une caricature vue dans un journal ou sur le réseau social : un cultivateur Dogon du nom d’Atanu, avec sa daba qui demandait à un Peul, Alboury, s’il y avait du lait dans sa gourde pour qu’ils puissent déguster ensemble le bon tô qu’il avait dans sa calebasse.

Quel est donc ton rêve pour le Mali ?

Comme je le disais tantôt, je rêve un peu trop grand, mais c’est ensemble que c’est possible, main dans la main. Les soins médicaux gratuits pour les personnes indigentes, un plateau sanitaire adéquat dans les hôpitaux (dialyse, chimio, défibrillateurs, etc.) pour soigner tout type de maladie et éviter de gaspiller les ressources à l’extérieur, l’école gratuite jusqu’au DEF, de bons établissements scolaires où l’excellence est évidente, des espaces de loisirs pour les enfants, la fin des coupures d’électricité et pénuries d’eau… Tellement de choses que je voudrais pour ce pays, un pays où la corruption sera derrière nous… En gros, une vraie amélioration des conditions de vie des populations, pas théorique, mais concrètement sur le terrain. C’est possible vraiment !

Et c’est pourquoi mon appel à la jeunesse est un cri de cœur : battez-vous pour atteindre vos objectifs, ne vous focalisez pas sur les images des autres que vous voyez, ne les enviez pas. Nous sommes ce que nous décidons d’être. Alors, décidons d’être la meilleure version de nous-mêmes !

         Réalisée par  El Hadj A.B. HAÏDARA

Source: Aujourd’hui-Mali

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Ségovienne bon teint n’ayant pas perdu ses racines, Pulaku rechigne à penser à un conflit communautaire au Mali, de surcroît entre son ethnie et les Dogons. Pulaku, c’est Mariam Hachimi Ba, née en France en 1987, spécialiste dans l’organisation d’événements à côté de son profil d’éducatrice. Elle est la marraine...