Le bras de fer entre le ministre des Transports et des Infrastructures, Makan Fily Dabo et les syndicats des transporteurs en commun sur l’application des dispositions de l’arrêté interministériel n° 08-1388/MF-MET-MATCL-MSIPC du 14 mai 2008 portant création des postes de péage et fixation des tarifs n’a pas encore connu son épilogue. Apres deux reports pour la mise en vigueur du paiement de la redevance de péage par passage, le ministre a revu la date au 1er mars, mais les deux parties n’ont pas encore raccordé les violons sur certains points, objets de discussion.

Le mercredi 17 février, les 90% des transporteurs ont observé un arrêt de travail à l’exception de quelques-uns à cause du non accord entre eux et le Ministère  des Transports et des Infrastructures.

Selon M. Issiaka Doumbia, secrétaire administrative du Syndicat national des chauffeurs et conducteurs routiers libres du Mali (SYNACC-RLM), cette action des transporteurs n’était pas une grève, mais un arrêt de travail, pour alerter l’Etat sur leur cri de cœur par rapport au paiement de péage par passage.

Tout d’abord, il a expliqué  la  cause de la création du  péage et fixation des tarifs en Afrique de l’Ouest. D’après lui, c’est une initiative qui a été prise par les pays membres de la CEDEAO, parce que toutes les routes internationales sont financées  par la Banque mondiale. Partant,  le constat de la Banque mondiale a montré  qu’en Afrique de l’Ouest les routes sont financées,  mais elles sont vite dégradées. «  La Banque mondiale a décidé de ne plus financer une route en Afrique tant que les chefs d’Etat  ne rembourseront  pas leur crédit. Pour consentir ce remboursement, les différents gouvernements ont fait en sorte que tout le monde paye quelque chose, d’où la création du péage en Afrique. Pour que l’Etat seul ne prend pas  toutes les charges du remboursement de ce crédit, la population aussi va payer au péage et le poids sera contrôlé» a-t-il signalé. Et de préciser que la CEDEAO a décrété le paiement de péage par passage  dans le règlement 14. « Ce sont des  péages qui sont installés sur les  routes internationales. Sur chaque péage, où il y a du pesage, cela appartient à la CEDEAO. Dans notre pays tel n’est pas le cas. Quand tu quittes Bamako pour aller à Djoliba, il y a un péage à Kanadjguila, un autre à Kourémalé. Sur la route de Ségou entre Bandjuineda et Bla il y a trois péages. Tous ces types de péage n’existent pas dans les autres pays de la CEDEAO. C’est au Mali seulement que cela  existe » a-t-il déploré.

A ses dires,  le prix qui a été évalué pour le paiement du  péage dans notre pays a été fait conformément à la catégorie de véhicules. Les véhicules avec barres séparant   les pneus, appelées essieu, sont  évalués à la somme à 500 par nombre  d’essieu. «   Au péage si  un camion porte  4 essieux, le chauffeur  paye 2000 FCFA, si c’est 6 essieux  3000 et 8 essieux   4000 FCFA en  aller et retour. Le payement  est fait en fonction  de ces essieux » a expliqué M. Doumbia.  Toujours selon lui, au Mali le payement du péage n’a pas pu éliminer le poste de contrôle, les transporteurs payent 1000 FCFA à chaque poste de contrôle  et à la mairie à chaque voyage. Or, selon lui, un seul véhicule Benn  peut faire trois ou quatre voyages par jour, l’application de cette décision sera  un gros poids  sur le dos des transporteurs.

Parlant du comportement de certains chauffeurs qui n’ont pas respecté  leur décision sur l’arrêt de travail, M. Doumbia a précisé que c’était la stratégie de  ministre concerné   de convaincre certains transporteurs pour ne pas accompagner leurs homologues dans leur combat. C’est ce qui explique, la présence, dit-il, de quelques sotramas, taxis et camions  dans la circulation le mercredi en ville. Sinon que les 90 % des transporteurs ont observé le mot d’ordre d’arrêt de travail.

Pour répondre au ministre Dabo sur son propos par rapport à la dégradation des routes par les chauffeurs des camions, il  lui a demandé   de faire une  investigation  de ce qui se passe sur le paiement de   tickets  de péages, de vérifier  le nombre de  camions qui passent par jour sur la route de Koulikoro. « Qu’il installe  un comptable qui comptera le nombre de camions qui passent par jour et combien de tickets sont vendus par jour ? ».

A noter qu’aucours de la rencontre du lundi dernier au département des Transports et des Infrastructures entre le ministre M. Dabo et les syndicats des transporteurs, ils ont échangé essentiellement sur 3 doléances.

La première  était relative au report de l’application du paiement de péage par passage, la deuxième  de revoir le cas des Sotramas (transport urbain) et la troisième de se pencher sur la tarification des camions qui transportent du sable.

A l’issue des discussions, un début d’accord a été trouvé aux deux premières doléances. D’abord, le ministère de tutelle a décidé de reporter l’application de la mesure jusqu’au 1er  mars 2021. Sur le cas des Sotramas  au regard du fait que ces véhicules de transports en commun font plusieurs rotations entre Bamako et les localités environnantes avec moins de marge de bénéfice, le ministère des Transports et des Infrastructures a invité les responsables des syndicats des sotramas d’approcher la Direction de l’Autorité routière pour décider de commun accord d’un prix forfaitaire pour chaque Sotrama par jour.

Pour ce qui concerne la 3ème doléance, concernant le cas des camions Benns, le ministère a opposé une fin de non-recevoir. Selon les conseillers en charge de ce dossier, cette décision se justifie par le fait que ces camions sont la cause des dégradations des routes à cause de la surcharge, des dommages qu’ils causent aux équipements d’éclairages public, entre autres. En illustre, le cas récent d’un camion Benn ayant écrasé deux panneaux d’éclairage public sur la route de Koulikoro.

Par Fatoumata Coulibaly

Source: Journal le Sursaut

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