Les travaux de la 15ème session du Conseil national de la sécurité alimentaire se sont déroulés, le vendredi 13 avril, à l’Hôtel Radisson Blu, sous la présidence du Premier ministre, représenté par le ministre de l’Agriculture.

Au cours de cette session, les membres du Conseil national de la sécurité alimentaire ont fait une revue de l’état de mise en œuvre des recommandations de la dernière session et du plan national de réponse de 2018.
Aussi, les participants ont-ils partagé les résultats de l’évaluation définitive du Système d’alerte précoce de la campagne agricole 2017-2018 et des résultats du cadre harmonisé ; du plan national de réponse de l’année en cours ; avant de suivre les exposés de l’ensemble des Gouverneurs de région sur l’état de la sécurité alimentaire et nutritionnelle dans leurs localités respectives.
Cette 15ème session s’est tenue dans un contexte marqué la réussite de la campagne agricole 2017-2018, jugée globalement moyenne avec des poches de mauvaise production par endroits, dues aux perturbations des pluies en début de campagne, à l’arrêt précoce des pluies, à la faiblesse de la crue et des dégâts des déprédateurs.
Les perspectives de productions maraichères et de contre-saison sont moyennes à mauvaises.
Quant aux conditions générales d’élevage, elles sont globalement moyennes dans le pays avec toutefois des poches de déficit de biomasse dans le sahel occidental et dans la vallée du fleuve Niger de Mopti à Gao où des descentes précoces des troupeaux locaux et étrangers ont engendré une dégradation précoce des parcours.
L’accès à certains pâturages dans des zones exondées des régions de Tombouctou, Gao, Kidal, Ménaka et du nord de celle de Ségou et de Mopti reste difficile à cause de l’insécurité persistante.
Cette année encore, les résultats du Cadre harmonisé font ressortir que plus de 400 000 ménages seront en situation d’urgence lors de la période de soudure, environ 965 926 en situation de crise caractérisée par un déficit alimentaire extrême et que plus de 3 millions seront sous pression, avec une consommation alimentaire réduite et ne pouvant faire face à leurs dépenses essentielles.
Voilà pourquoi le Système d’alerte précoce a recommandé à l’Etat et à ses partenaires la mise en œuvre des actions de résilience (cash transfert, vivres contre travail, vivres contre actifs, vivres contre formation, reconstitution de cheptel, aménagements de proximité) prioritairement dans les cercles en insécurité alimentaire identifiés cette année ; d’améliorer la disponibilité et l’accès en aliment bétail dans les zones en déficit fourrager, notamment dans les régions de Mopti, Tombouctou, Gao et dans le sahel occidental ; appuyer en intrants agricole (semences, engrais) les ménages victimes des pertes importantes de production ; procéder à des actions de reconstitution des moyens d’existence à l’endroit des populations déplacées et réfugiés de retour.
Afin de répondre aux besoins spécifiques des populations en état d’insécurité alimentaire et nutritionnelle, le plan annuel de réponse est conçu, chaque année, pour permettre une planification des activités et aussi une coordination du suivi des actions de l’ensemble des acteurs impliqués dans les opérations d’assistance et d’appui.
Selon le ministre de l’Agriculture, Dr Nango Dembélé, représentant le Premier ministre, il y a plusieurs instruments à la disposition du gouvernement à travers le dispositif national de sécurité alimentaire qui permettent la mise en œuvre de ce plan de réponse. Il y a d’abord, a-t-il cité, les surplus alimentaires qui sont prélevés sur le stock national, lesquels sont donnés à ces personnes qui ont été identifiées par le Cadre harmonisé comme étant des couches vulnérables qui ont besoin d’une assistance alimentaire.
Au-delà de ces surplus, il y a aussi le système de ventes modérées dans les zones où les prix des denrées alimentaires augmentent de façon dramatique et qui sont généralement en dessus de la moyenne nationale.
Il y a enfin l’appui à travers les cantines scolaires. Tels sont les quelques éléments qui sont dans le dispositif national dont le financement a fait l’objet de débats.
En s’alignant sur les priorités du gouvernement, qui place la sécurité alimentaire au cœur de ses préoccupations, les partenaires techniques ont salué la qualité du dialogue avec le gouvernement, qui s’est concrétisée par la signature d’un Protocole d’entente.
Ce Protocole d’entente, a jugé Mme Sylvia Karuzo, est l’aboutissement d’un long processus ainsi que d’efforts de discussion et de coopération importants de la part du gouvernement et de ses partenaires.
Bâti sur une vision commune de l’évolution de la problématique de la sécurité alimentaire dans notre pays, elle a laissé entendre que l’évolution du contexte dans lequel se développent les crises alimentaires, a fait apparaître de nouveaux enjeux. Ce d’autant plus que ces dernières années, on assiste à des crises récurrentes de nature et d’ampleur différentes, intégrant de nouvelles dimensions comme l’insécurité alimentaire chronique, la malnutrition et la volatilité des prix des denrées alimentaires.
Le Dispositif national de sécurité alimentaire du Mali (DNSA), pour faire face à ces nouveaux enjeux, doit s’adapter et se moderniser. C’est pourquoi l’accent, a-t-elle insisté, doit être mis sur la prévention et le renforcement de la résilience des populations. C’est là, tout l’objectif de ce Protocole d’entente qui vise à mettre en œuvre une réforme pour accroître l’efficacité du DNSA dans la prévention et la gestion des crises alimentaires et nutritionnelles.
Cette réforme repose sur le principe essentiel du leadership, du rôle pilote de l’Etat dans la coordination et la conduite des opérations de prévention et de réponse aux crises.
Abordant dans le même sens, le représentant du Premier ministre a incité sur l’accélération de la réforme du dispositif de sécurité alimentaire, tout en exhortant les membres du Conseil national de sécurité alimentaire à la vigilance pour capitaliser les acquis. Dans cette perspective, il a rassuré que le gouvernement et ses partenaires seront mobilisés en vue de l’atteinte des objectifs.

Par Mohamed D. DIAWARA

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