Dans le souci de la protection de l’environnement et la préservation des seuils du fleuve Niger qui fait la beauté de notre capitale en la traversant de bout en bout, une équipe du journal Le Pays a approché des responsables de l’abattoir frigorifique de Sabalibougou-Est logé presque sur la berge dudit fleuve, pour se renseigner sur la gestion des sous-produits de cette unité dont une mauvaise gestion risquerait de mettre en péril la source de ce patrimoine dont l’importance est vitale.

Une simple ronde sur les berges du fleuve Niger suffit pour se rendre compte de de l’état de pollution de l’eau du fleuve dû à la multitude de déchets toxiques qui y sont déversés quotidiennement, sans aucun traitement préalable par les établissements hôteliers, teinturiers et autres. Si les plus hautes autorités n’agissent pas pour imposer des règles hygiéniques, cette pratique finira par créer de graves problèmes sanitaires, sachant que cette même eau est utilisée par la population riveraine pour les activités maraichères, voire pour la consommation. Contrairement à ce que pensent beaucoup de citoyens, notamment que l’abattoir frigorifique, à l’instar d’autres structures participent à la pollution du fleuve Niger, les responsables de cette entreprise, située à Sabalibougou-EST, nous ont rassuré des dispositifs mis en place pour le traitement des résidus animaux issus de leurs activités.

En effet, dans le souci de l’amélioration du cadre de travail et des conditions hygiéniques dans la production de la viande, les responsables de cet abattoir frigorifique ont mis en bonne place dans leur plan de travail un accent particulier sur la protection de l’environnement, plus particulièrement sur la protection du fleuve Niger. L’équipe du journal Le Pays a pu constater sur les lieux, grâce à la visite guidée de Monsieur Yalkouyé, directeur dudit abattoir et son staff, toutes les infrastructures présentes pour le traitement des eaux usées. Un bassin de décantation à plusieurs compartiments communiqués à un second bassin plus vaste pour le stockage des eaux. Le second bassin est le fruit d’un financement étranger dont l’objectif était de permettre l’évaporation des eaux stockées, mais il s’est avéré que la forte production de l’abattoir ne donnait pas le temps à l’évaporation.

Mise en place d’un système de gestion des sous-produits

S’agissant des sous-produits de l’abattage, notons qu’il y a un système traditionnel de leur gestion qui s’effectue par la vente de ces sous-produits à des clients comme certaines usines de fabrication d’engrais, des paysans, des fermiers et autres qui sollicitent le contenu des panses. Les cornes et sabots sont aussi soit vendus à l’artisanat, soit brûlés.

Pour valoriser ces produits qui sont autant importants que la viande, Mme Sow Rokia Drabo, responsable à la Direction nationale en charge de la gestion des sous-produits de l’abattage de Bamako soutient le projet de la nouvelle unité de gestion des sous-produits à Sabalibougou-Est. Cette unité qui devait être opérationnelle cette année, accuse un retard notable à cause de la crise que vit notre pays. À noter que ce projet est intégralement financé par l’Etat malien à plus d’un milliard de francs Cfa uniquement pour l’équipement, sans compter la construction et autres prises en charge. Elle aura une capacité de production de trois (3) tonnes et contribuera à la transformation des sous-produits de l’abattage   en farine animale, biogaz, engrais, etc.

Mme Sow dira que l’opérationnalisation de cette nouvelle unité sera économiquement rentable pour notre pays dans la mesure où c’est un facteur créateur d’emplois, en plus de contribuer à la protection de l’environnement. Elle signalera que cette unité de transformation ne peut servir que Bamako et environs, compte tenu du caractère très vite périssable des sous-produits, d’où la nécessité de la création des ateliers de pré-conditionnement des sous-produits au niveau des aires d’abattage des zones de collecte pour l’approvisionnement de la nouvelle unité et la création de petites unités de traitement indépendantes à l’intérieur du pays.

Mme Sow appelle donc les professionnels du secteur à s’engager résolument pour la cause puisque la seule unité d’abattage de Sabalibougou-Est ne pourra pas approvisionner cette usine de transformation qui a une capacité de plus de trois (3) tonnes, a-t-elle martelé. Mme Sow et la technologue du projet, Mme Touré Mariam Ly, nous rassurent de la future création d’une station d’épuration pour pallier les lacunes de traitement d’eau sur le site. Selon les deux dames, les responsables du secteur ont mené déjà une étude concernant la création de cette station d’épuration qui coûtera à peu près deux milliards de nos francs.

Issa Djiguiba

Source: Le Pays

MaliwebEconomie
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