L’industrie de la téléphonie mobile a connu un essor fulgurant ces dernières décennies et particulièrement en Afrique Subsaharienne (ASS). Aujourd’hui, le mobile de par son omniprésence dans tous les secteurs et sa polyvalence est une technologie innovante dont les retombées sont multisectorielles. La téléphonie mobile contribue à la croissance économique, à l’emploi et à l’inclusion économique et financière. En effet, des études ont montré que le mobile, en contribuant à la réduction de défaillances de marché, en améliorant les performances éducatives par le processus de supervision et de pédagogie, en facilitant l’inclusion financière et la diffusion de l’information sanitaire, permet d’améliorer le bien-être de la population et donc contribue à l’atténuation de la pauvreté.

Mais le Niger accuse un retard important dans l’adoption du mobile.

Cependant, la pénétration mobile est moyenne. Plusieurs raisons expliquent ce retard dans l’adoption du mobile. La persistance de la pauvreté  multidimensionnelle caractérisée par des faibles infrastructures de base dans le domaine de la santé, de l’éducation, de transports et de l’énergie compromet le processus du développement économique et social et à l’adoption du mobile en particulier. A cela, s’ajoute les obstacles liés  à l’isolement géographique qui renchérit les coûts de déploiement réseaux, aux faibles qualités et couverture réseau, aux faibles capillarités des points de vente du mobile money notamment, aux contraintes réglementaires et fiscales entravant la diffusion du mobile et amplifiant la fracture numérique.

Pour remédier à toutes ces contraintes qui freinent l’adoption du mobile et permettre à la population de profiter pleinement des avantages du mobile et donc de réduire la pauvreté, il est important de lever ses différents obstacles à tous les niveaux. Afin de proposer des orientations utiles et de permettre à la téléphonie mobile de jouer pleinement son rôle de véritable catalyseur de politiques de réduction de la pauvreté.

La téléphonie mobile a connu une expansion rapide dans le monde ces dernières décennies particulièrement en Afrique Sub-Saharienne (ASS).  En fin 2018, la GSMA estimait le nombre d’abonnés mobile à plus de cinq milliards dans le monde dont quatre cent cinquante et six millions en ASS. Aujourd’hui, beaucoup s’accorde à dire que la téléphonie mobile a intégré différents secteurs d’activités et son adoption est réelle même chez les ménages pauvres. C’est d’ailleurs ce qui a amené la Banque Mondiale (banque mondiale, 2016) à dire que son omniprésence constitue un outil incontournable du développement de l’économie en Afrique.

Dans un contexte de pauvreté où l’incidence se situerait à 45,4% en 2014 avec le seuil de pauvreté 1,25 dollars par jour, le Mali est classé parmi les Pays les Moins Avancés (PMA). Les faibles infrastructures et faibles accès aux services sociaux de base comme l’éducation, la santé, le transport et l’énergie, font de la pauvreté au Mali un phénomène multidimensionnel. C’est la raison pour laquelle, le gouvernement considère l’agriculture, l’éducation et la santé comme des instruments efficaces de lutte contre la pauvreté.

Cependant, si la pauvreté est un phénomène multidimensionnel entravant le bien-être des populations, la téléphonie mobile de par son omniprésence et sa polyvalence est une technologie innovante dont les gains sont multisectoriels (Bresnahan, T. F., & Trajtenberg, M., 1995). En effet, l’émergence de la téléphonie mobile est perçue comme une réponse à l’atténuation de la fracture numérique et au développement d’autres secteurs socio-économiques.

Le Mali fait partie des pays les moins avancés (PMA) du monde. Avec l’avènement de la téléphonie mobile, le pays parvient à réduire sa fracture numérique. Mais le caractère multidimensionnel de sa pauvreté continue de limiter l’adoption de la téléphonie mobile.

Avec l’avènement de la téléphonie mobile qui a vu le jour en 2001 et 2002, le Mali a franchi une étape importante dans le processus de réduction de la fracture numérique.

La téléphonie mobile a immergé tous les marchés et tous les secteurs d’activités allant de l’agriculture rurale jusqu’au secteur tertiaire. Mais, la persistance de la pauvreté surtout en milieu rural freine l’adoption de la téléphonie mobile. En raison du faible niveau d’alphabétisation, l’utilisation du mobile est principalement limitée aux appels et SMS en particulier chez les populations rurales pauvres.

Avec l’arrivée du mobile, la recherche d’information a été facilitée et les coûts liés à l’information sur les prix se sont considérablement réduits (coûts de transport parfois sur de longs trajets, coûts d’opportunité liés au temps passé sur les routes de mauvaises qualités).

Dans le domaine de l’éducation, les mobiles sont principalement utilisés comme outil pédagogique dans la salle de classe et comme outil de contrôle de l’assiduité des enseignants et de l’administration des écoles (gestion des fonds, recrutement .etc.). Une importante littérature a prouvé leur efficacité dans la fonction pédagogique et de supervision en améliorant l’assiduité  des enseignants et les résultats scolaires.

En effet, la téléphonie mobile en tant que technologie numérique la plus omniprésente facilite la diffusion de l’information fournie par les services publics tout en réduisant les coûts d’information.

Mahamadou YATTARA

Source: Infosept

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L’industrie de la téléphonie mobile a connu un essor fulgurant ces dernières décennies et particulièrement en Afrique Subsaharienne (ASS). Aujourd’hui, le mobile de par son omniprésence dans tous les secteurs et sa polyvalence est une technologie innovante dont les retombées sont multisectorielles. La téléphonie mobile contribue à la croissance économique, à l’emploi...