Une soixantaine de projets pour une enveloppe globale de 3 milliards d’euros sont en cours de développement dans les pays du Sahel. Le but fixé par les partenaires du G5 Sahel, France-Allemagne-UE et Banque mondiale est de parier sur les énergies renouvelables, notamment le solaire.

Quand il soupèse le portefeuille de projets de production d’électricité, le ministre burkinabè de l’Énergie, Bachir Ouedraogo a un sourire satisfait. Près de 350 mégawatt sont en cours d’installation principalement dans les énergies renouvelables, notamment le solaire. « Aujourd’hui nous avons le kilowatteur solaire aux alentours de sept centimes, quand la production filaire (celle des centrales thermiques, NDLR) autour de vingt-deux centimes. Donc, c’est vous dire que nous avons intérêt à investir dans les projets solaires. », dit-il

Ces projets sont en grande partie financés par la communauté internationale. L’Alliance Sahel, qui regroupe la France, l’Allemagne, l’Union européenne et les bailleurs de fonds comme la Banque mondiale, a décidé de mobiliser 4 milliards d’euros pour doubler le taux d’électrification des cinq pays sahéliens d’ici 2022. Le monde rural est au centre des attentions. Le Burkina Faso, par exemple, souhaite diffuser dans les campagnes près de deux cents mini-centrales solaires, au niveau des villages et des groupements de paysans, les zones qui ne sont pas connectées au réseau national.

« Le milieu rural, du fait de la disparité des villages, fait que le filaire est excessivement cher », expliqueBachir Ouedraogo. « D’où la nécessité de développer des solutions off-grid (hors réseau, NDLR) qui vont permettre en milieu rural à la population d’avoir accès à une énergie moins chère, et de pouvoir investir dans l’agriculture et l’élevage. De telle sorte que nous puissions avoir une industrie locale en milieu rural. »

Enjeu double

L’autre enjeu fondamental pour l’Alliance Sahel et les pays qui la composent ce sont les zones de conflit et les régions trop longtemps délaissées par les États, au Burkina Faso comme au Mali. A cet égard, le ministre malien de l’Énergie Sambou Wagué n’est pas peu fier du programme concocté avec l’Agence française de développement, la BAD et la Banque mondiale.

« Nous avons eu un financement de la Banque mondiale de 32 milliards de francs FCA qui concerne cinquante localités. Avec la BAD (La Banque africaine de développement, NDLR) également, dans le cadre du projet FAR, nous sommes en train de prendre en charge une soixantaine de localités dans les régions du Nord. Pour ces régions, plus précisément, nous avons un projet avec l’AFD (L’Agence française de développement, NDLR) de construire des centrales solaires à Gao, Tombouctou et Menaka. Cela devrait aboutir d’ici 2022 », déclare le ministre.

Doubler le taux d’électrification dans le Sahel d’ici 2022 revient à alimenter 4,4 millions de foyers supplémentaires. Et doubler le taux d’énergie renouvelable signifie porter la production solaire à 800 mégawatts.

RFI

MaliwebEconomie
Une soixantaine de projets pour une enveloppe globale de 3 milliards d’euros sont en cours de développement dans les pays du Sahel. Le but fixé par les partenaires du G5 Sahel, France-Allemagne-UE et Banque mondiale est de parier sur les énergies renouvelables, notamment le solaire. Quand il soupèse le portefeuille...