Dans plusieurs zones de production du coton, c’est le nom de Baba Berthé, président directeur général de la Compagnie Malienne pour le Développement des Textiles (CMDT), qui est scandé pour avoir été incapable de gérer à temps la question relative au prix de vente du coton et celui des intrants de cette année.

 

 Parler de Baba Berthé dans certaines localités de production de coton aujourd’hui semble être un péché. Des cotonculteurs l’accusent de ne pas pouvoir jouer son rôle de partenaire stratégique et de porte-parole des paysans auprès du gouvernement. Pire, il a été du côté du pouvoir, selon plusieurs paysans, en abandonnant les producteurs du coton. Une chose qui a poussé ces derniers à se réserver de la culture de l’or blanc obligeant ainsi le gouvernement à revernir sur sa décision en maintenant les prix des intrants de l’année précédente.

 Malgré cette décision très tardive, plusieurs producteurs du coton ne décolèrent pas. Dans la commune rurale de Kignan, cercle Sikasso qui dispose d’une Unité d’égrainage de la CMDT, la culture du coton n’est pas à l’ordre du jour cette année. « Dans la commune de Kignan sur cent paysans, seuls deux cultivent le coton cette année et ces derniers ne cultivent qu’un ou deux hectares. Aujourd’hui ce qui est certain, c’est que les gens sont déterminés à boycotter le coton et tous ceux qui vont le cultiver, verront leurs semences déterrées dans les jours à venir. Cette année, nous sommes décidés : l’unité de la CMDT de Kignan ne va pas égrainer », nous a confié par téléphone, Bakary Ballo, cotonculteur à N’Gana dans la commune rurale de Kignan, cercle de Sikasso.

Aussi selon nos confrères du Studio Tamani, c’est à peu près le même constat dans le cercle de Koutiala, capitale de l’or blanc. Nouhoum Diallo, paysan dans le secteur de M’Péssoba témoigne : « Nous étions prêts à cultiver, mais nous avons changé d’avis après la hausse du prix de l’engrais. La baisse du prix de ces intrants coïncide avec la fin de la période de semence. Même si la période n’est pas passée, nous n’avons plus de champs pour le coton. Nous avons déjà semé nos champs en mil et maïs.»

Le PDG veut juste se sauver la tête !

Malgré l’avancée de l’hivernage qui ne donne aucune chance à la culture du coton, le président directeur général de la Compagnie Malienne pour le Développement des Textiles (CMDT), Baba Berthé, et ses agents continuent de sensibiliser les paysans à semer et à prendre les intrants. Tout simplement, parce que Baba Berthé, se réclamant aussi paysan, veut se taper la poitrine comme pour dire : « Ils (les paysans) vont cultiver cette année le coton ». Mais pour quels résultats ? Cela ne semble pas être du tout son problème. Tout ce que le PDG veut, c’est se sauver la tête. Car, le boycott de la culture du coton est pour lui une descente aux enfers.

Aujourd’hui face à cette situation, le gouvernement a été obligé de revoir la prévention annuelle de production de coton à la baisse. De 820 000 tonnes de coton graines au départ, le gouvernement envisage 700 000 tonnes.

 Sa démission réclamée !

 Lors d’une rencontre tenue la semaine dernière à Fana, les cotonculteurs n’ont pas du tout caché leur colère envers le PDG. « On n’a pas été écouté par des responsables de la CDMT. On n’a pas été considéré au moment de la fixation du prix. S’ils avaient pris le temps de nous écouter, on n’en serait pas là aujourd’hui. Ils sont venus nous imposer un prix. Nous ne sommes pas leurs esclaves », a déclaré Fanta DIARRA, représentante du secteur de Dioila.

 Selon l’honorable Tiassé Coulibaly, vice-président de l’union des coton-culteurs du secteur de Dioila, c’est la direction de la CDMT qui est à la base de tous les problèmes. « Certains responsables de la direction de la CMDT sont dans le faux », a déclaré l’honorable Coulibaly. Au cours de cette rencontre, des producteurs, ainsi que des représentants des secteurs de la filière centre de Fana ont également demandé la démission pure et simple du PDG de la CMDT, Baba Berthé.

« On ne veut plus travailler avec Baba Berthé. Nous demandons qu’il soit remplacé, s’il n’est pas le seul cadre au Mali »,a déclaré Soumaila Sangaré, représentant du secteur de Massigui. Toutefois, ces producteurs reprochent au PDG d’avoir encouragé le clanisme au sein du regroupement des cotonculteurs. Une situation, selon eux, qui pourra, dans les jours à venir, impacter négativement le développement du secteur coton dans notre pays.

N’Golo

Source: Ziré 

MaliwebEconomie
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