Les sanctions économiques imposées contre le Mali par la CEDEAO et l’UEMOA l’ont isolé de l’économie ouest-africaine. Six mois après, elles ont finalement été levées, et les échanges économiques entre Bamako et les pays de la sous-région ont recommencé.

 

Le gouvernement a procédé à l’apurement de l’intégralité des impayés de sa dette. L’annonce a été faite par le ministère de l’Economie et des Finances, le vendredi 12 août sur son compte twitter.

Ainsi, Bamako a pu régler sa dette extérieure pour plus de 133 millions de dollars, sa dette de marché émise par syndication à hauteur de près de 103,2 millions de dollars et une partie de la dette de marché émise par adjudication de plus de 101,6 millions de dollars.

Cette opération a pu être possible grâce à la levée des sanctions économiques et financières qui lui avaient été imposées par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Cette levée des sanctions a permis aux autorités maliennes de réaliser une émission spéciale de bons et d’obligations du Trésor. Cet emprunt sur le marché financier régional effectué le 9 août dernier a également permis au Mali de payer le reliquat des impayés de la dette de marché émise par adjudication d’un montant de plus de 336 millions de dollars.

« Des intérêts de retard ont été payés aux investisseurs sur les impayés de la dette de marché pour un montant de 6,65 milliards FCFA (10,3 millions $, Ndlr), dont 5,48 milliards FCFA pour la dette par adjudication et 1,17 milliards FCFA pour la dette par syndication », précise la note d’information.

Face au refus des militaires au pouvoir de se conformer aux exigences de la CEDEAO, le dimanche 9 janvier, les dirigeants de la Communauté, réunis à Accra lors d’un sommet extraordinaire, avaient convenu de durcir les sanctions adoptées contre le Mali. Il a donc été décidé du gel des actifs maliens au sein de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) et dans toutes les banques commerciales de la Communauté, de la suspension des aides financières, de la fermeture des frontières communes avec le Mali, de la suspension des transactions commerciales avec Bamako à l’exception des produits de première nécessité, et du rappel de tous les ambassadeurs des pays de la l’institution sous-régionale.

Près d’un mois après cette décision, le 1er février 2022, Bamako a annoncé son incapacité à payer une somme totale de 4,65 millions $ représentant des intérêts dus le 28 janvier 2022 à ses créanciers sur le marché monétaire sous-régional. D’après le gouvernement malien, cette situation était imputable aux sanctions dont il fait l’objet. Finalement les sanctions ont été levées environ six mois plus tard quand les autorités ont accepté de proposer un chronogramme de la Transition jugé « acceptable » par la CEDEAO.

Notons que le Mali est toujours suspendu par la Communauté jusqu’au rétablissement de l’ordre constitutionnel qui devrait avoir lieu après une transition de 24 mois à compter du 26 mars 2022. Ce délai, bien au-delà de celui demandé par la CEDEAO, reste bien en dessous des cinq ans, initialement proposé par les autorités maliennes.

Jean-Marc Gogbeu

Source : Agence Ecofin
MaliwebEconomie
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