«Le nombre d’expatriés dans l’organigramme de la direction générale tourne au tour de 30 à 35%. Ce chiffre me semble élevé. Nous n’accepterons pas que des mines en exploitation, depuis une trentaine d’années, continuent d’employer un nombre élevé de personnel non malien », a dit le ministre des Mines, de l’Energie et de l’Eau, Lamine Seydou Traoré, qui souhaite que la mine recrute plus de travailleurs nationaux.

 

M. Traoré intervenait, mardi, à la Société d’exploitation des mines d’Or de Sadiola (Semos S.A) où il a accompagné la ministre d’Etat, ministre des Mines et du Pétrole d’Ethiopie, Mme Semegne Wube, venue visiter cette mine reprise en décembre 2020 par la société «Allied Gold» qui opère également en Ethiopie.

« J’ose espérer que c’est juste en tant que nouveau repreneur que ces gens sont envoyés pour s’assurer que les travailleurs locaux, qui étaient là dans le temps, ont une maitrise parfaite de la situation. Si ce n’est pas le cas, en tant qu’actionnaire (l’Etat est propriétaire de 20% des actions), nous verrons avec eux comment mettre en place un pacte d’actionnaires qui régule tout cela», a déclaré le ministre des Mines, de l’Energie et de l’Eau.

Le ministre Traoré a apprécié l’état de mise en œuvre des innovations induites par le Code minier de 2019 et s’est imprégnédu rythme d’implantation du nouvel acquéreur de la mine de Sadiola.

Situé à 80 km de Kayes, la mine de Sadiola opère à ciel ouvert. La première étape de la visite a concerné la carrière principale. Elle contient 4 millions de m3 d’eau de pluie et souterraine. Leur pompage pourrait durer deux ans. La partie la plus profonde mesure 270 m en dessous du niveau zéro de la mer. Elle sera exploitée durant 12 ans pour atteindre une profondeur de 500 m depuis la surface de la terre.

Selon Amadou Diarra, géologue à la mine de Sadiola qui guidait la visite, cette mine était en abandon depuis plus de 10 ans. Les raisons de cet arrêt étaient d’ordre économique et technique. «Les minerais à exploiter contiennent du sulfuré dont l’exploitation demande une technique spécifique de traitement.

« La carrière sera rouverte, creusée, excavée pour accéder à l’or. Les études d’exploration réalisées ont montré qu’elle contient près 4 millions d’onces d’or. Pour atteindre le minerai, un autre projet a été mis en place. Il est en train de voir le jour», a expliqué le géologue.

En attendant, les efforts étaient concentrés sur le traitement du minerai oxydé, «très facile à traiter et moins couteux en termes d’investissement», a précisé le spécialiste. «Nous avons maintenant atteint le sulfuré. Son traitement exige des techniques appropriées inexistantes à l’usine de Sadiola. Il fallait faire un autre projet pour construire une nouvelle usine pour pouvoir exploiter le minerai et l’acheminer à l’usine», a détaillé le géologue, interrogé sur le site.

Ce préalable réalisé, la production reprendra. Car il était nécessaire de reprendre l’activité minière, a confirmé le directeur général de la Société d’exploitation de Semos-SA.

André Straydom a rêvélé qu’il est prévu la production de 130.000 onces (environ 3,7 tonnes d’or) au titre de 2021. «Avec la construction de la nouvelle usine de traitement des minerais sulfurés, il est possible de produire plus de 300.000 onces (plus 8,5 tonnes d’or) par an», a ajouté l’administrateur général.

La ministre d’Etat, ministre des Mines et du Pétrole de l’Ethiopie a dévoilé ses attentes au terme de ce périple. «Il n’y a pas de mines industrielles en Ethiopie. La production est artisanale. En plus du partage d’expériences, cette visite a consisté à faire en sorte qu’Allied Gold, qui est en phase d’exploration en Ethiopie, puisse arriver à construire une mine industrielle profitable à notre pays», a expliqué Mme Semegne Wube.

La seconde phase de la visite a conduit la délégation ministérielle à l’usine de traitement des minerais où les hôtes ont visité la salle de contrôle.

Avant de regagner Bamako, la mission a rendu une visite de courtoisie aux autorités traditionnelles de Sadiola.

BBC/MD

Source : (AMAP)

MaliwebEconomie
«Le nombre d’expatriés dans l’organigramme de la direction générale tourne au tour de 30 à 35%. Ce chiffre me semble élevé. Nous n’accepterons pas que des mines en exploitation, depuis une trentaine d’années, continuent d’employer un nombre élevé de personnel non malien », a dit le ministre des Mines, de...