Le Mali est parti pour une crise certaine dans secteurs de l’agriculture comme le coton dont les prix ont chuté à cause de la pandémie du coronavirus. Comme si cela ne suffisait pas, l’hivernage tarde à s’installer dans une grande partie du pays. Avec les effets combinés de la mauvaise gouvernance du secteur coton et les effets du changement climatique, le monde paysan est bien plongé dans une crise sans précédent.

Jamais de mémoire de paysan, on n’avait assisté à autant de pillages des ressources servant à aider la CMDT à mieux répondre aux besoins des paysans. Rien qu’en 2018, des voix s’étaient élevées pour dénoncer la soustraction de plus de 18 milliards des caisses de la CMDT. Malgré ces dénonciations, le pouvoir a laissé les « braqueurs » en col blanc partir sans prendre des mesures répressives alors qu’il était temps.

On peut dire sans risque de se tromper que si ces milliards n’avaient pas été empochés par des hommes du sérail, la crise du coton allait être moins ressentie. Il a fallu que le président de la République soit contraint d’accepter l’entrée des ministres issus de l’Accord politique de gouvernance pour que le grappin soit mis sur de gros poissons comme Bakary Togola, l’ancien président de l’APCAM.

Le même Togola a été accusé par le patron de la CMDT qui n’est pas blanc comme neige dans la chute du secteur coton. Pour que Bakary Togola ait le courage d’avouer qu’il a imité la signature du directeur de la CMDT pour décaisser de l’argent, il a dû être rassuré par des opérations douteuses lui ayant servi de repères. Beaucoup continuent de dire que des responsables de la CMDT et de l’APCAM ont touché ensemble à l’argent des paysans.

Ces mauvaises pratiques ont très vite rattrapé les responsables de la filière coton qui étaient loin de se douter que la terre allait se dérober sous leurs pieds. En effet, ils étaient déjà inquiets des conséquences du retard dans les commandes d’intrants en provenance de la Chine entre Janvier et Février. Pour ne rien arranger à la situation, l’épidémie du coronavirus a foudroyé la Chine qui a été obligée de fermer ses frontières.

La Chine qui est également l’un des gros importateurs du coton malien a arrêté d’importer du coton, d’où une chute du prix du coton pour les paysans maliens. Au même moment, le prix de l’engrais augmente, le gouvernement ayant abandonné les subventions d’intrants. Ce qui complique davantage les choses, c’est que même le ciel retient son eau. Le début de l’hivernage se fait attendre alors que les paysans espèrent avoir de la pluie en juin.

A.D

 

CULTURE : QUI EST PAYE CAMARA ?

Paye Camara est une artiste chanteuse malienne originaire de Ségou. Son village paternel est Niamina et celui de sa mère est Dougounikoro qui est, selon elle, une localité essentiellement constituée de Founè.

Née et grandie à Ségou ville, elle s’est installée à Bamako avant de se marier à Bahini Camara, un grand maitre de la parole du Mali. Elle est mère de trois enfants dont deux garçons et une fille. Mais, selon elle, son premier fils est décédé à la suite d’une noyade.

Mme Camara Paye a commencé à chanter en 1982 au temps de Moussa Traoré. Son genre musical est le «Tié foli», qu’elle puise dans la sonorité bamanan et dans d’autres sources locales telles que la sonorité mandingue. Bercée très tôt par les chants mélodieux de ses parents et grands-parents, Paye a eu la musique pour héritage. Celle qui se dit volontiers disciple de la grande cantatrice Hawa Dramé, nièce de la célèbre Kandia Dabo à qui la méga star Salif Kéita rend hommage, Paye la petite sœur de Dasso Camara est une voix sûre de la musique malienne voire africaine. Sa musique galvanise surtout les cultivateurs tout en les motivant à accorder une importance capitale à la terre. ‘’En fait, la terre ne ment pas » dit-elle avec certitude. Ses chansons aident aussi la jeune génération, à se ressourcer des valeurs cardinales telles que la loyauté, l’honneur et la dignité.

Elle a participé à une compétition musicale au Mali qui était composé de 45 participants dont elle a été lauréate. Elle a ensuite eu l’autorisation pour faire des albums qu’elle a commencé à produire. Appuyée par son époux elle a composé plus de six albums. Cette compétence lui a fait parvenir un contrat à Paris. Ensuite elle fit des tournées en Amérique, Italie, France…

Notre grande artiste chanteuse traditionnaliste ne manque pas de nous faire voir son désaveu face au népotisme. « Les bamanans disent, ‘’Les pattes de derrière d’un bœuf ne doivent pas nager avant celles de devant » dit-elle. Elle faisait là allusion au prix « Tamani » qui, selon elle, n’est pas organisé de façon loyale. « Je n’aime pas les Tamani, tout simplement parce que les plus méritants ne sont pas récompensés. Vous verrez des artistes récompensés sans le mérite, tandis qu’il y’a des artistes comme moi qui ne sont même nominés. Les organisateurs m’ont invitée à faire une prestation sans que je ne sois nominée. Une proposition que j’ai naturellement refusée de façon catégorique » a-t-elle dit. Cela s’est passé il y a des années.

Elle a créé un groupe qui est géré par son fils Mamadou Camara qui semble suivre les traces de ses parents.

Salimata SARE

Source : La sirene 

 

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