Au moment où le débat fait rage dans un pays limitrophe avec la découverte du pétrole, il nous a été  paru utile de revenir sur l’état des lieux  dans notre pays où, on le sait déjà, des recherches avaient été lancées par le Régime ATT avant d’être arrêtées par la crise de 2012. 

Le sous-sol malien recouvrirait une grande quantité de ressources pétrolières. Les multinationales se sont bousculées aux portes du Mali pour bénéficier de son extraction. Mais, depuis la crise de 2012,  les Bénéficiaires de l’agrément en la matière ont plié bagage et les travaux sont à l’arrêt.

Mais, entre temps, qu’est-ce qui a pu être réalisé ? 

En fait, le sous-sol malien, dans sa partie septentrionale, est considéré comme l’un des plus riches en ressources pétrolières sur le continent. Mais, aujourd’hui, l’on ne saurait jurer de quoi que ce soit ? Car, les travaux de recherches devant aboutir à la confirmation de cette thèse sont tous à l’arrêt. Et, pour cause, la crise de 2012. Bien avant, les autorités, en 2004, conscientes du potentiel de notre sous-sol  avaient entrepris une vaste politique de relance de la recherche pétrolière. Cela s’est traduit par la création de l’Autorité pour la Promotion de la Recherche Pétrolière (AUREP). Dès sa création, cette structure rattachée au Ministère des Mines a «subdivisé les bassins sédimentaires en 15 blocs sur la base des anciens travaux. Actuellement, le nombre de blocs est de 41 couvrant une superficie de 984.873 km² sur l’ensemble du territoire. Ceci a été rendu possible grâce aux travaux récents menés par les différentes sociétés ». Avant d’évoquer les «cas de force majeure » inscrits dans les contrats pour suspendre leurs travaux et renoncer temporairement pour certaines, les entreprises engagées avaient fait des travaux d’exploration sur leurs blocs. Elles étaient à des points avancés. L’entreprise Eni-SIPEX, sur les blocs 4 et 20 du  Bassin de Taoudenni,  était en phase de la réalisation de forage pour confirmer le potentiel (infracambrien et paléozoïque) pétrolier du Taoudenni; l’entreprise Héritage avait, quant à elle, sur les blocs 7 et 11 du graben de Gao, fait l’interprétation des données sismiques. Elle a confirmé des structures potentielles du secondaire. Afex  sur le bloc 13 a confirmé  l’existence du graben crétacé du Nara et deux prospects possibles et, enfin, Petroma,  sur le bloc 25, après plusieurs études sur le gaz de Bourakébougou,  a fait une demande de permis d’exploitation qui lui a été octroyé. À nos jours, la société s’attelle à faire des travaux complémentaires pour l’évaluation des réserves et l’exploitation dudit gaz.

 Nouvelles zones pétrolières

Dans le cadre de sa mission de promotion de la recherche pétrolière, l’AUREP, selon sa Direction Générale, a initié un projet intitulé « Promotion des nouvelles zones pétrolières »dont l’objectif est de fournir des données géologiques de base sur les zones n’en disposant pas assez et de procéder à une cartographie géologique avec prélèvement d’échantillons pour analyse afin de mieux comprendre le système pétrolier.

Lancer en 2006, ce projet a pu jusqu’en 2015 faire certaines activités dans les zones de  Nara- Macina ; Gourma ; Niono et à Tireli Bandiagara. Dans cette dernière zone, des travaux   de puits ont été réalisés et il y a eu lieu de «  confirmer l’extension de cet horizon de lignitesur plus de 150m pour une épaisseur moyenne de 50cm à une profondeur de 5m ». Avec le départ des multinationales, l’Autorité pour la Promotion de la Recherche Pétrolière (AUREP) n’entend pas s’arrêter en si bon chemin.  Sous la conduite de son DG, Ahmed Ag Mohamed, elle va donner les moyens à ses propres techniciens de faire leurs propres lectures de nos données, la mise en place d’une plate-forme  d’interprétation des données géologiques et géophysiques et leur intégration dans la base des données.

Enfin, dans le souci de faciliter l’accessibilité de nos données aux investisseurs, l’AUREP envisage de «restructurer le Service Banque des Données à travers la mise en place d’une Banque de données Moderne ». La fin de la panne sèche  n’est, donc, plus qu’une question de temps.

Mohamed Sangoulé DAGNOKO

LE COMBAT

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