Les engagements du ministre de l’Economie numérique et de la Communication, Arouna Modibo Touré, valent de l’or.  Et avec lui, aucun projet gouvernemental ne tombe dans l’oubli. Dans sa ligne de mire, deux nouveaux défis : le Point d’échange internet ou Nœud d’échange et la 4ème licence de téléphonie mobile. Les deux produits visent à soulager le consommateur.

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La seule annonce  de présentation d’un projet du ministre de l’Economie numérique et de la Communication au Conseil des ministres suffit largement pour rendre heureux les Maliens tant les bonnes nouvelles se bousculent aujourd’hui dans le secteur du numérique. Depuis  le renouvellement de la licence Orange-Mali qui a permis à l’Etat de renflouer ses caisses avec 100 milliards Fcfa pour 16 ans, la mise en place de la Haute autorité de communication (HAC), l’élaboration des textes de fonctionnalité et de régulation de la communication et l’extension de la connexion à la 4G, une bonne nouvelle en chasse une autre en provenance du bâtiment N°9 de la Cité administrative.

Après l’adoption du projet de décret portant création, organisation et modalités de fonctionnement du Comité de Pilotage de Mise en place du Point d’Echange Internet du Mali, le ministre était, jeudi 5 octobre 2017, l’invité de la conférence de presse hebdomadaire du ministre porte-parole du gouvernement. Objectif : entretenir les journalistes sur les avantages du projet et annoncer le lancement du processus d’octroi de la 4è licence de téléphonie mobile.

 

Qu’est-ce qu’un Point d’échange internet ?

Le Point d’échange internet ou Nœud d’échange est une infrastructure physique qui permet à différents opérateurs et fournisseurs d’accès ou de services internet d’un même territoire de s’interconnecter pour s’échanger du trafic, selon un modèle d’accord sans compensation financière.

La révolte du ministre Touré se justifie par le fait que les Maliens ne peuvent pas communiquer entre eux dans la discrétion sur la toile Internet. Leurs messages transitent obligatoirement à l’étranger avant d’atteindre leurs destinataires. « Si un abonné local A veut envoyer un message à un abonné local B, il faut que le message passe par l’international avant d’arriver à son destinataire»,  donne comme illustration le ministre Touré pour insister sur la gravité de la situation. La mesure vise à soulager et à sécuriser les internautes dans leur activité en rendant le trafic, local. « Ce qui permettra une interconnexion directe des réseaux, par l’intermédiaire du point d’échange, plutôt qu’à travers un ou plusieurs réseaux tiers », se réjouit le ministre. Ce n’est pas tout : le ministre Touré a d’autres ambitions qui le motivent dans la réalisation de ce projet à savoir la baisse du coût de la connexion au Mali. Car, pour le patron du département en charge de l’Economie numérique, l’internet ne doit plus être un luxe pour le Malien. A l’en croire, à travers ce projet la lenteur de la connexion sera aussi un mauvais souvenir pour les surfeurs maliens, « car le  Point d’échange internet local permettra de diminuer le temps de latence des transmissions entre les fournisseurs d’accès à internet et l’ouverture de nouvelles perspectives de croissance et de développement de l’internet pour le bonheur des Maliens ».

Par ailleurs, il faut noter que  les fournisseurs maliens de l’internet ne seront pas non plus le parent pauvre dans cette politique du ministre Touré. Tout comme les clients, ils se frotteront aussi les mains avec une réduction significative de leur charge financière à l’étranger.

Le projet permettra aussi, à terme, d’opérationnaliser et d’optimiser la bande passante des services internet à l’international.  « Ce qui fera une économie d’échelle pour tous les fournisseurs d’accès internet qui payent énormément de ressources à l’étranger dans cette affaire. Car le transit de nos messages à l’international a un coût», explique le ministre Touré.

Pour la mise en place de ce projet, le ministre de l’Economie numérique et de la Communication informe qu’un Comité technique de pilotage sera bientôt créé. Ce Comité, présidé par le ministre en charge de la Communication, aura dès sa mise en place un délai de 6 mois pour la réalisation du projet. L’urgence de ce projet oblige à ne pas traîner les pas. Car, regrette Arouna Modibo Touré, le Mali est le dernier dans la sous-région à ne pas avoir son Point d’échange internet.

Après la concrétisation du projet, le comité technique de création du projet  sera remplacé par un Groupement d’Intérêt Economique (GIE) pour sa gestion. « Le projet sera entièrement financé par l’Autorité malienne de Régulation des Télécommunications, des Technologies de l’Information et de la Communication et des Postes (AMRTP) qui abritera probablement aussi le siège de la nouvelle structure », ajoute le ministre.

Face aux inquiétudes des journalistes relatives au respect de la liberté d’expression des internautes, le ministre de l’Economie numérique et la Communication lève toute équivoque. « Il ne s’agit nullement de contrôler ou de suivre qui que ce soit à partir du moment où la gestion du projet est confiée à l’Autorité malienne de régulation des télécommunications et des postes. Au contraire, l’idée vise à mieux sécuriser les internautes. Et le GIE chargé de la gestion du projet sera composé uniquement des fournisseurs d’internet au Mali. Donc, il n’est point une volonté de police derrière, de la part de l’Etat», rassure le ministre Touré.

S’agissant de la composition du comité technique de pilotage du projet, le ministre informe qu’elle sera constituée de représentants de l’AGETIPE, des fournisseurs et des représentants des usagers de l’internet. Là aussi, Touré promet que l’Etat ne sera pas mieux représenté que les autres acteurs.

 

C’est parti pour la 4ème licence

Lors de la conférence de presse hebdomadaire, le ministre de l’Economie numérique et de la Communication était aussi porteur de la nouvelle du lancement du processus d’octroi de la 4ème licence de téléphonie mobile au Mali.  Le Conseil des ministres du jeudi 5 octobre a pris acte de la communication écrite relative à la note conceptuelle sur l’octroi de la 4ème Licence de Télécommunications au Mali présentée par le ministre de l’Economie numérique et de la Communication.

Selon le ministre, le processus de l’octroi de la 4ème licence sera lancé d’ici la fin de ce mois d’octobre. Et au bout de 6 mois, le Mali aura son 4ème fournisseur de services de téléphonie mobile. Mais avant, le ministre Touré rassure les Maliens et toutes les personnes intéressées  sur la transparence tout au long de la procédure d’attribution de la licence. « Une commission d’attribution de la licence, présidée par le ministère en charge de la Communication, sera créée. Une correspondance sera bientôt envoyée aux différents départements concernés par le sujet. Ensuite, suivra la rédaction du cahier de charge  par l’AMRTP. La nature juridique de l’Appel d’offres sera définie par la commission d’attribution de la licence », indique le ministre Touré.

S’agissant des avantages de la 4ème licence, Arouna Modibo Touré promet un autre jackpot pour le Mali après celui du renouvellement de la licence d’Orange Mali. « . Avoir un autre opérateur, un autre entrant, permettra d’avoir des emplois au Mali, des ressources additionnelles pour le Trésor public comme les impôts et de créer des ressources supplémentaires pour le Fonds d’accès universel. Au bout de la procédure d’octroi de la licence, une table ronde sera organisée à l’intention des investisseurs intéressés pour choisir la meilleure offre. C’est un dossier qui est attendu.  Le gouvernement jouera sa partition et tout se passera dans les règles de l’art », explique le ministre Touré.

Profitant de l’annonce de l’octroi de la 4ème licence, le ministre en charge de la Communication a levé l’équivoque sur la polémique qui entoure la 3ème licence qui peine à voir le jour. Tout d’abord, Arouna Touré précise que la 4ème licence n’a aucun lien avec la 3ème licence. Cela est une condition du Cahier de charges.

Par ailleurs, si la société Atel ne lance pas son signal commercial d’ici la fin de l’année, le gouvernement malien prendre toutes ses responsabilités. « C’est en 2011 que le gouvernement du Mali a lancé la procédure de l’octroi de la 3ème licence, et c’est en 2013 que la société Atel a été attributaire de la licence. Mais les conditions d’attribution de la licence étaient très claires dans le cahier de charge, précisant à son article 2 que si la société n’arrivait pas à lancer son signal commercial au bout de 3 ans, l’Etat du Mali était libre de lancer une autre licence. Malgré la patience de l’Etat, la société Atel n’a pas pu lancer son signal commercial dans le délai convenu. Malheureusement, le cahier de charges ne prévoyait pas le retrait de la licence à la société, mais plutôt de lancer une nouvelle licence. Et c’est ce qui est en train d’être fait avec l’adoption du décret sur la note conceptuelle de l’octroi de la 4ème licence au Mali en Conseil des Ministres du jeudi 5 octobre 2017 », rappelle Arouna Modibo Touré.

Selon le ministre en charge de la Communication, pendant tout ce temps d’inertie du titulaire de la 3ème licence, c’est le consommateur malien qui continue à souffrir du fait du duopole de Sotelma-Mali et Orange Mali en l’absence d’une vraie concurrence. Pour lui, l’Etat malien ne pouvait plus attendre face à  la souffrance des consommateurs de téléphonie  mobile.

Youssouf Z Kéïta

MaliwebEconomie
 Les engagements du ministre de l’Economie numérique et de la Communication, Arouna Modibo Touré, valent de l’or.  Et avec lui, aucun projet gouvernemental ne tombe dans l’oubli. Dans sa ligne de mire, deux nouveaux défis : le Point d’échange internet ou Nœud d’échange et la 4ème licence de téléphonie mobile. Les deux...