Il s’agit des projets de Goulamina et Bougouni qui pourraient faire de notre pays l’un des plus grands producteurs du métal blanc en Afrique

 

Si l’État malien a pu résister au choc causé par la crise de 2012, assurer ses missions régaliennes, c’est parce que la crise avait épargné le secteur aurifère. Domaine névralgique qui a permis de réanimer le pays comme un malade maintenu en vie grâce à un respirateur artificiel. Rien de surprenant. L’or représente un peu moins de 70% des recettes d’exportation du pays. Les revenus engrangés sur le métal jaune valent 30% des recettes budgétaires, soit un peu plus de 400 milliards de Fcfa en 2019. Elles sont de l’ordre de 7 à 8% du Produit intérieur brut (PIB).

Au regard de l’importance du secteur dans l’économie nationale, notre pays multiplie les initiatives en vue de la diversification des ressources minérales, afin non seulement de faire davantage face aux besoins pressants en matière de développement, mais aussi d’être beaucoup plus résiliant face à certaines situations conjoncturelles aux conséquences incalculables pour les populations.
Les efforts consentis à cet effet commencent à donner des résultats.

En effet, le Mali se prépare à devenir l’un des plus grands producteurs mondiaux de lithium. «Au niveau de l’exploitation minière de lithium, le continent est quasiment vierge. Le Zimbabwe fait toutefois l’exception avec la mine de Bikita. Mais par la diversité des projets, la qualité et l’importance des ressources, ce sont la RDC et le Mali qui viennent en tête des plus gros potentiels producteurs africains de lithium», analysait l’Agence Ecofin.

Troisième producteur d’or sur le continent après l’Afrique du Sud et le Ghana, le Mali dispose de deux grands projets (Goulamina et Bougouni) pour l’exploitation de lithium, indispensable pour la fabrication des batteries, voitures électriques, etc. Aucune exploitation n’est pour l’instant en cours.
Les infrastructures (usines et autres) doivent être implantées avant l’entrée en production des mines. Mais les avancées sont réelles.

109 MILLIONS DE TONNES- Le projet de Goulamina, acquis en 2016, est géré par Mali Lithium Limited, un explorateur d’or actif au Mali. Une étude de préfaisabilité réalisée en 2018 et mise à jour en août 2020, estime le potentiel à 109 millions de tonnes à 1,45% Li2O avec 1,57 million de tonnes de Li020. La mine pourrait produire 362.000 tonnes par an de concentré de spodumène (minerais de lithium) à 6% Li2O durant 16 ans. Faisant de Goulamina l’un des plus grands gisements de lithium au monde prêt à être développé.
«Une étude de faisabilité définitive (DFS) doit être achevée en septembre 2020. La société explorera toutes les options pour réaliser la valeur de cet actif exceptionnel à la fin de la DFS», précise son site Internet : malilithium.com.

Le projet Bougouni Lithium, obtenu également en 2016, est détenu par Kodal Minerals. La société a reçu l’approbation de sa demande d’évaluation d’impact environnemental et social au quatrième trimestre 2019. Une requête de permis minier a été déposée au premier trimestre 2020.

Elle dit avoir l’intention de poursuivre le développement de la mine à Boungouni, une fois l’autorisation accordée.
Une étude de faisabilité, annoncée en janvier 2020, estime le potentiel à 1,94 million de tonnes de concentré. Soit une production moyenne de 220.000 tonnes de concentré de spodumène à 6% par an. Sa durée de vie minimale est évaluée à 8,5 ans.  Le besoin en capital pour son développement jaugé à 117 millions de dollars (environ 64,350 milliards de Fcfa), remboursable en 1,7 an.

En plus de son projet phare Bougouni Lithium, Kodal Minerals détient aussi le projet Bougouni Ouest qui s’étend sur 200 km2 et le projet Diendio couvrant une superficie de 109 km2. Collectivement, Kodal possède une propriété foncière de plus de 800 km2 au Mali. Ce qui en fait le plus grand développeur de lithium en Afrique de l’Ouest en termes de superficie, affirme le site Internet de Kodal Minerals.

Ces découvertes augurent des lendemains meilleurs pour le secteur minier malien. Selon une étude publiée en août dernier par l’Agence chilienne Cochilco citée par l’Agence Ecofin, la demande mondiale de lithium devrait sensiblement augmenter pour atteindre 2 millions de tonnes, d’ici 2030, grâce au secteur de l’automobile. La hausse attendue des prix de ce métal devrait alors profiter aux principaux producteurs que sont pour l’instant l’Australie, le Chili ou encore la Chine. Nos deux projets pourraient, d’ici là, entrer en production et conquérir ces leaders mondiaux en matière d’exploitation de lithium.

800.000 KM2 DE BASSINS SÉDIMENTAIRES- Outre cette matière première, le Mali a des indices probants de beaucoup d’autres substance : bauxite, fer, nikel, manganèse, cobalt, phosphate, terres rares… Côté hydrocarbure, le potentiel en pétrole est phénoménal, surtout en gaz. Sur une superficie totale de 1.241.000 km2, le Mali fait 800.000 km2 de bassins sédimentaires continuant jusqu’aux abords de Bamako et de Koulikoro, située à près de 60 km de la capitale.

Concernant le pétrole par exemple, 13 prospects ont été identifiés au niveau du bloc 4 du bassin de Taoudéni, où les recherches ont été un peu plus poussées. L’analyse de deux de ces prospects fait ressortir un potentiel de 2,5 milliards de baril de pétrole. Les mêmes prospects contiennent 417 milliards de m3 de gaz. Dans le graben de Gao, le potentiel d’un seul prospect est estimé à un milliard de baril de pétrole. Autant d’endroit où il est possible de trouver du pétrole.

Pour espérer en profiter, notre pays devra résoudre la lansinante question de l’insécurité qui a stoppé la dynamique qui avait été enclenchée. À la faveur de la création en 2014 de l’Autorité pour la promotion de la recherche pétrolière au Mali (Aurep), les investisseurs manifestaient un engouement véritable pour ce secteur.

Découpés en 15 blocs, les bassins sédimentaires avaient été redécoupés en 25 face à la demande, puis en 32. Les demandes se sont encore accrues. La taille des 32 blocs a été réduite pour en faire 43, dont plus d’une trentaine étaient occupés. Tous les occupants sont partis quand la rébellion a éclaté en 2012.

Cheick M. TRAORÉ

Source : L’ESSOR

MaliwebEconomie
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