Les responsables et acteurs du secteur privé exigent la libération conditionnelle ou la mise sous contrôle judiciaire, dans un délai de 72 heures, du président de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM), Youssouf BATHILY ; placé sous mandat de dépôt dans l’affaire du fonds Covid-19. Passé ce délai, des acteurs du secteur privé indignés, menacent d’asphyxier l’économie malienne ce vendredi.

 

Fermeture des commerces, arrêt de tous les transports, cessation de toutes activités de service sur l’ensemble du territoire, c’est la principale résolution des acteurs du secteur privé pour protester contre l’arrestation du président Youssouf BATHILY dans le dossier du fameux fonds Covid-19. Réunis en assemblée générale, ils ont exigé sa libération conditionnelle ou sa mise sous contrôle judiciaire dans un délai de 72 heures.

Selon la source proche du dossier, l’ensemble des faitières du secteur privé partagent cette décision. Pour la cause, elles informent que tous les commerces, des détaillants aux importateurs, en passant par les transporteurs urbains et les gros porteurs, seront fermés, ou à l’arrêt. A eux, s’ajoutent les prestataires de services, membres de la CCIM.

Cette opération, qui se veut une démonstration de force, selon la source, s’explique du fait qu’aux yeux des acteurs du secteur privé, il est impensable de placer une personnalité comme le président de la CCIM sous mandat de dépôt pour des faits qui auraient pu être soldés par une mise sous contrôle judiciaire, en attendant le jugement. Ils estiment que, incarcéré, le président de la CCIM, sans jugement, ternit l’image du secteur privé et celle de notre pays. Car, disent- ils, Youssouf BATHILY est l’un des meilleurs ambassadeurs, et la vitrine de la promotion de la destination Mali pour les investisseurs étrangers.

Aujourd’hui, pensent les acteurs, dans la dynamique de la refondation du Mali, l’apport du secteur privé dans le contexte de crise économique mondiale n’est plus à démontrer.

Au four et au moulin, depuis l’amorce de la crise d’abord de la pandémie de la Covid-19 qui a ébranlé l’économie ; puis la crise ukrainienne qui secoue actuelle- ment le monde ; et enfin les effets de l’embargo imposé, le secteur privé malien s’est porté volontaire et solidaire des autorités nationales dans le ravitaillement correct du pays. Toute chose qui a permis de maintenir l’économie nationale à flot et soulager le panier de la ménagère.

Selon les échos de cette réunion, les acteurs du secteur privé sont plus que déterminés à engager, s’il le faut, un bras de fer avec les autorités pour : soit la relaxation de leur président ; ou de sa mise sous contrôle judiciaire.

Qu’à cela ne tienne, une journée sans activité du secteur privé aurait des répercussions incommensurables sur l’activité économique du Mali dans un contexte déjà fragile.

Amidou Keita

SourceLe Témoin