La mauvaise gestion a mis à genoux cette structure financière jadis prospère. Le redressement exige des fonds 

 

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Il arrive que la détresse vienne paradoxalement de ce qui était considéré comme une providence. Dans le domaine des finances, la mauvaise gestion peut facilement ravalé la providence. Les observateurs et les adhérents de l’Union des Caisses d’Epargnes et de crédits Kondo Jigima ne nous démentiront point. Ils apprennent aujourd’hui que cette caisse, jadis la plus prospère parmi les institutions de micro – finance de notre pays, est dans la tourmente. Ce désastre  est le résultat d’une gestion calamiteuse de l’institution.

Les systèmes financiers décentralisés connaissent depuis la fin des années 80 un véritable boom dans notre pays. Les raisons de ce succès sont faciles à cerner. Les SFD triomphent grâce à leur proposition séduisante d’accès simplifié au crédit. Les établissements bancaires classiques très rigides dans leur fonctionnement n’offrent pas ce genre de produit. Ils sont même peu enclins à prêter aux détenteurs de revenus modestes. Les femmes ont été les premières à saisir l’intérêt de la micro – finance. Beaucoup d’entre elles ont réussi à changer leurs conditions de vie en se lançant dans des activités financées avec des emprunts  modestes.

 

Répondre aux besoins de financement des artisans. Le système se trouve aujourd’hui à la croisée des chemins. Il s’interroge sur son évolution, sur la nécessité d’élever le niveau des sommes qu’il prête et d’abaisser les taux d’intérêts. L’objectif est d’accompagner les bénéficiaires dans des entreprises plus ambitieuses  impossibles à entamer avec les montants actuellement consentis. Il y a exigence de revoir les conditionnalités de remboursement. Elles sont très draconiennes et obligent fréquemment l’emprunteur à une cadence infernale de travail pour respecter ses engagements. Mais en dépit de ces réserves, la micro-finance a indiscutablement contribué à la lutte contre la pauvreté. Tout acte négatif pourrait nuire à la crédibilité de ceux qui l’animent. Ce serait un regrettable recul.

La situation actuelle de l’Union des Caisses d’Epargnes et de crédits Kondo Jigima est un cas d’école. La structure Kondo Jigima a été crée en 1991 pour répondre aux besoins de financement (octrois de crédits, financement de projets, l’épargne de revenus etc.) des artisans. Elle est le fruit de la volonté des artisans regroupés au sein des associations membres de la fédération nationale des artisans du Mali (FNAM). Le Bureau International du travail (BIT) dans l’optique de son retrait définitif de notre pays, avait fait une évaluation au cours de laquelle les artisans ont sollicité auprès des dirigeants de cette institution, la mise en place d’un réseau de caisses d’épargne et de crédits. C’est ainsi que les premières caisses ont vu le jour en juin 1991 à Kolokani, Ségou et Bamako.

En 1995, après une évaluation suivie de la phase d’essai, les artisans mettront en place la structure faitière « Union Kondo Jigima ». Les résultats satisfaisants ont permis l’ouverture du réseau. Il a été étendu aux non artisans : paysans, commerçants, salariés, groupe*ments et associations féminines etc.

En deux décennies d’existence, l’institution avait connu un développement fulgurant. Elle a implanté à travers le pays 105 caisses de base et guichets regroupant plus de 74. 600 membres avec un encours des crédits et dépôts s’élevant respectivement à 5,4 milliards et 5,7 milliards de Fcfa. L’institution jouissait  d’une crédibilité certaine auprès de ses partenaires : FNAM, BCEAO, PUFS, BOAD, OMH, FODESA, AIDS, ITCD, AFRIMA, PARESOC/Solidarité Mondiale, la coopération Suisse, Care-Mali, Africare etc. Le réseau se porte bien malgré l’éclosion actuelle des caisses informelles sur toute l’étendue du pays.

 

Un rapport accablant. Cependant, depuis fin 2010,  Kondo-Jigima n’a pas cessé de montrer des signes de faiblesse. Les multiples et divers soutiens financiers de ses partenaires ne lui ont pas permis de sortir de la tourmente. La banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) et le département de l’Economie ont dépêché une mission d’inspection à Kondo Jigima pour comprendre le mal de l’institution. Le rapport des experts est accablant : Kondo Jigima connaît une gestion désastreuse.

« Les vérifications effectuées auprès de la structure faitière du réseau Kondo Jigima ont mis en exergue une comptabilité peu fiable, une détérioration marquée de la qualité de son portefeuille de crédit et une perte de confiance de ses partenaires financiers. Elles ont également fait ressortir une situation financière préoccupante, caractérisée par l’incapacité de l’institution à honorer ses engagements financiers. En outre, elle n’est pas en mesure de satisfaire les demandes de retraits de ses sociétaires et de leurs allouer du crédit. Il est clair que l’institution est confrontée à des difficultés de nature à compromettre sa viabilité. Cette situation appelle des mesures énergiques, vigoureuses et urgentes afin de préserver les intérêts des membres et de l’institution », concluait le rapport des experts.

Cette mission a relevé qu’entre 2009 et 2011, plusieurs fraudes avaient été commises par vingt agents de l’institution. Ces indélicatesses se chiffraient à plus de 160 millions de Fcfa. Au passage de la mission, la somme de 28,8 millions de Fcfa avait été remboursée. Le directeur avait souscrit à des engagements par signature d’un montant de 3,7 milliards de Fcfa, correspondant à 41,6% du total bilan de l’institution à fin décembre 2011. En outre, il a été contacté  des emprunts bancaires à travers plus d’une vingtaine de conventions signées avec des partenaires techniques et financiers (PTF). Mais les termes ne sont pas toujours respectés. Au passage de la mission les dettes exigibles de l’institution s’élevaient à 02 milliards de Fcfa. Les disponibilités s’élevaient  à 3,4 millions Fcfa et les dépôts à 5,7milliards.

Au niveau du réseau, sur la base des informations communiquées à la mission d’inspection, le résultat en fin 2011, ressortirait un déficit de 1,04 milliards de Fcfa contre un excédent de 44 milliards affiché dans ses états financiers. La mission a relevé, au niveau de la structure faitière, l’absence d’outils de suivi adaptés aux activités des caisses de base et des points de services. De la période 24 juillet au 7 décembre 2007, le rapport met en exergue que le Directeur Général a effectué 17 prélèvements en espèces pour un montant de 68,2 millions de Fcfa. Cette somme aurait servi à acquérir des terrains pour le compte de l’institution.

Cependant, il a été relevé qu’aucun titre de propriété au nom de Kondo Jigima n’existait. Plusieurs autres actes négatifs ont fortement entamé l’image et la crédibilité de l’institution. Ils portent sur 2 sommations de payer pour un montant total de 68,3 millions, trois saisies conservatoires opérées sur les avoirs de l’institution auprès de trois banques de la place pour un montant de 50,2 millions de Fcfa, trois demandes de remboursement  de 72,5 milliards de Fcfa, 12 lettres de rappel reçues du fonds de Développement économique (FDE) relatives au remboursement d’une ligne de crédits de 140 millions de Fcfa due par le réseau, au titre du volet « Crédits artisans ». Et  plusieurs demandes de règlement  des particuliers et des projets et programmes.

 

L’insitution a besoins d’un coup de pousse. Les tensions de trésorerie du réseau sont perceptibles à travers son incapacité à satisfaire les demandes de retraits de ses membres. Ces difficultés ont été observées au niveau de beaucoup de ses caisses. L’examen des correspondances reçues par la Direction du réseau au titre de l’année 2012 et les séances de travail entre la mission et cinq partenaires de l’institution dont la Banque Malienne de Solidarité (BMS) a permis de dénoncer 13 plaintes ou dénonciations de partenariat pour un montant total de 398,4 de Fcfa.

La mission d’inspection a noté l’existence de 239 agents dont 43 ne disposaient pas de contrats d’embauche. L’impôt sur les salaires est régulièrement payé au Trésor public. En revanche, l’institution est redevable vis-à-vis de l’Institut National de Prévoyance Solidarité (INPS) d’un montant de 58 millions de Fcfa au 31 juillet 2012. Au cours de l’année 2011, l’institution a sollicité auprès de trois banques maliennes, la restructuration de ses encours de crédits dont le total s’élevait à près 1,2 milliards de Fcfa. Le plafond des crédits par emprunteur n’est pas respecté. Il est fixé par la politique de crédit à 05 millions de Fcfa au niveau de la structure faitière. A titre d’illustration, des prêts de 20, 45, 70 millions ont été consentis à clients.

Fort de ce constat, le conseil d’administration de l’institution réunie en Avril dernier avait exigé le remboursement par le directeur général des sommes perçues dans le cadre de l’acquisition de terrains pour Kondo – Jigima et dont l’utilisation n’a pu être justifiée. Le directeur de l’institution avait 45 jours pour s’exécuter. Mais rien n’y fit. C’est ainsi que le 25 juin dernier, à l’unanimité, les membres du conseil d’administration décidèrent de suspendre le DG. Le chef du service des crédits est désigné pour assurer l’intérim en attendant la prochaine assemblée générale.

Aujourd’hui, les nouvelles autorités de caisses Kondo-Jigima se battent pour donner une nouvelle vie à cette institution. Ils ont besoin de l’accompagnement des autorités et du soutien financier des partenaires. Kondo – Jigima était une caisse originale. Elle avait amélioré les conditions de vie de ses sociétaires tout en développant des caisses viables et pérennes avant de péricliter. Espérons que la détermination des nouvelles autorités de l’institution de microfinance bénéficiera des soutiens politiques et financiers escomptés. Comme le Phénix Kondo- Jigima doit renaître de ses cendres et générer de l’aisance pour les sociétaires. Le plus grand souhait de ces petites mains utiles est de faire financer leurs activités par une caisse « Kondo-Jigima  nouvelle formule » forte et dynamique.

D. DJIRE

 

 

 

Téléphonie mobile : Planor finalise

le paiement de la 3ème licence

 

L’information a été rendue publique par Planor, acquéreur de la troisième licence téléphonique dans notre pays. La société vient de finaliser le paiement des 7,16 milliards de FCFA qu’il devait verser au Gouvernement du Mali pour l’achat de sa licence. Les 55 milliards réclamés par l’État malien ont été versés. Les opérations commerciales devraient commencer en 2014.

En effet, la date butoir avait déjà été repoussée du mois de juin au 13 novembre 2013. C’est en dernière limite, le 12 novembre, que Planor a finalisé le paiement des 7,157 milliards de FCFA encore dus par le groupement qu’il forme avec Monaco Télécom dans le cadre du paiement de la troisième licence téléphonique de notre pays. « Une première tranche de 33 milliards de FCFA avait été versée puis plusieurs tranches pour un total d’une quinzaine de milliards. « Avec ces 7,157 milliards, la totalité des 55 milliards dus au titre de la troisième licence est désormais virés sur les comptes de l’Etat », a confirmé le conseiller spécial de l’acquéreur Mouni Kouda. Il a ajouté que Planor a effectivement remis aux autorités maliennes la preuve du paiement. Plusieurs banques, menées par la Banque Ouest Africaine de développement, auront participé à ce financement bouclé dans des conditions difficiles » a déclaré à Jeune, Apollinaire Compaoré (propriétaire de Planor).

Cette troisième licence avait été accordée une première fois en janvier 2012 à un consortium formé par Planor, Koira Telecom (propriété du malien Cessé Komé) et Monaco Télécom (partenaire technique) pour 55 milliards de FCFA (84 millions d’euros). Planor détenant 56% des parts et Koira 44%. La proposition avait largement dépassé celle des deux autres concurrents en lice : Bharti Airtel, (30 millions d’euros) et Viettel (16,5 millions d’euros). Toutefois, le consortium adjudicataire avait été dans l’incapacité de régler les sommes dues, en raison d’un conflit entre les deux partenaires Planor et Koira Telecom.

Planor et Monaco Télécom devraient logiquement être désignés adjudicataire définitif de la licence dans les jours qui viennent. Ils vont désormais se concentrer sur le lancement des opérations. Mouni Kouda s’est refusé à donner des détails à ce sujet, soulignant le caractère très concurrentiel du marché qu’il s’apprête à affronter. Planor exploite à ce jour une licence au Burkina, Telecel Faso. Il est aussi actionnaire minoritaire de MTN Côte d’Ivoire.

 

D. D.

MALIACTUEconomie
La mauvaise gestion a mis à genoux cette structure financière jadis prospère. Le redressement exige des fonds    Il arrive que la détresse vienne paradoxalement de ce qui était considéré comme une providence. Dans le domaine des finances, la mauvaise gestion peut facilement ravalé la providence. Les observateurs et les adhérents...