Les chasseurs de rétro-commissions sont peut-être les seuls acteurs de la chaîne corruptive malienne à ne pas être affectés par la crise de trésorerie qui frappe le pays. Et pour cause, dans la plupart des attributions de marché, leurs portions n’attendent guère l’exécution. Elles sont réglées dès le départ et c’est le démarrage des travaux qui en pâtit le plus souvent. C’est le cas, par exemple, des infrastructures connexes du 3ème Pont de Bamako.

En dépit du paiement de l’avance de démarrage y afférent – soit une demi-dizaine de milliards, les usagers se morfondent d’attente de voir les travaux prendre l’envol souhaité. Ils vont sans doute longtemps attendre car la manne perçue depuis longtemps a visiblement servi à la distribution de prébendes. Idem pour la route Dialakorodji-Safo-Nossonbougou, qui accuse un retard quasi proportionnel à l’échéance de sa réalisation. A cause notamment des mêmes anomalies dans l’utilisation des premiers décaissements.

Une grève illimitée du personnel dans l’air à l’ACI

La lassitude des travailleurs de l’Agence de Gestions Immobilières pourrait bien déboucher sur une action inédite, à savoir : une grève illimitée du comité syndical. En tout cas, l’atmosphère entre le directoire et les agents de la boîte connaît une latente poussée d’adrénaline due aux désidératas accumulés depuis l’avènement d’un certain Mamadou Tiéni Konaté à sa tête. Aux réaménagements spectaculaires et arbitraires sont venus se greffer un étouffant dispositif d’accès à l’enceinte qui révolte autant les usagers que les employés. Si les uns sont réduits à vociférer constamment contre les lourdeurs qu’engendrent les mesures inutiles du nouveau PDG, les autres pourraient trouver la solution dans les ressorts syndicaux. Il n’est en effet pas exclu que le grand malaise dégénère en une grève illimitée du reste mijotée par le Comité syndical. En cause, une modification arbitraire de l’organigramme récemment opérée sans se référer aux maillons administratifs appropriés de l’ACI et sans prise en compte d’un quelconque plan de carrière.

 Le Sphynx environnemental de Lafiabougou ressuscite à nouveau 

On a beau chasser le naturel, il revient au galop. Cette maxime correspond davantage plus à la monstrueuse montagne d’ordures qui domine le décor en Commune IV et plus précisément à Lafiabougou où sa puanteur perturbe sans doute le repos éternel des habitants du cimetière. Il n’y a pas si longtemps, cependant, l’endroit mythique était balayé et vidé de son contenu nauséabonde avec une habileté à nourrir l’espoir d’une victoire définitive sur le problème environnemental qu’il pose. C’était certainement sans compter avec les proportions de production de déchets et l’inadéquation notoire du dispositif de leur gestion dans une ville cruellement confrontée à un problème de décharges finales. Conséquence : les dépôts transitoires débordent constamment et ce ne sont pas les timides enlèvements qui pourront les empêcher de déverser leur contenu sur le passage des piétons et automobilistes. Et la palme revient manifestement au dépotoir montagneux de Lafiabougou, à en juger par son rythme de résurrection après chaque exploit de ses collecteurs.

La Rédaction

 

Source:  Le Témoin

MaliwebEditorial
Les chasseurs de rétro-commissions sont peut-être les seuls acteurs de la chaîne corruptive malienne à ne pas être affectés par la crise de trésorerie qui frappe le pays. Et pour cause, dans la plupart des attributions de marché, leurs portions n’attendent guère l’exécution. Elles sont réglées dès le départ...