L’école malienne est  actuellement  secouée par une crise endémique  sans précédent. Tous les ans, non satisfaits par  les autorités polico-administratives qui n’honorent pas leurs engagements, les enseignants du Fondamental débrayent. Cette manifestation de grève pour réclamer ses droits est pourtant un acte constitutionnel en république du Mali. Pour éviter que les enseignants  ne grèvent pas, c’est donc aux autorités d’être le plus prévoyants possible. Ce qui recommande qu’il faut qu’elles s’habituent à   prendre des mesures d’anticipation. Autrement, à défaut de pouvoir honorer ses engagements, l’Etat peut bien montrer sa bonne volonté à l’endroit des syndicats grévistes.

Or, au lieu de cela, le PM Boubou Cissé a préféré dresser une hostilité inutile à l’endroit des enseignements  grévistes en leur menaçant de recruter 15000 enseignants volontaires sortis de nos IFM. « Malgré tous les efforts consentis, si les enseignants refusent la conciliation l’État assumera ses responsabilités pour que les enfants aillent à l’école », menace Dr Boubou Cissé. Dans un Etat de droit, cette menace très regrettable à l’endroit des grévistes constitue  incontestablement une véritable maldonne. Les 15000 sortants des IFM ne doivent pas venir « suppléer les enseignants grévistes le temps de trouver un compromis ».  Au contraire, ces sortants doivent être recrutés pour remplacer les milliers d’enseignants déployés dans les écoles communautaires et privées qui non ni la qualité d’enseignants encore moins le niveau académique requis pour enseigner. Que Dr Boubou n’essaye pas de fuir ses responsabilités à lui.

Cette fuite en avant n’est pas de nature à favoriser un compromis entre l’Etat et ses enseignants. Puisque ce comportement va-t-en-guerre pourrait conduire les grévistes à se radicaliser et compromettre l’année scolaire 2019-2020. Or s’il arrivait que cela advienne, ce sont les enfants issus des couches pauvres qui seraient privés d’éducation et d’instruction. Alors que les enfants d’une minorité de maliens aisés (ministres, députés, grands commis et grands commerçants), inscrits dans des écoles françaises, américaines et turques (par les moyens financiers détournés de l’Etat)  vont continuer paisiblement à suivre leur cours. Simplement parce que  leurs enseignants sont  biens traités et leurs établissements bien gardés par des policiers bien motivés. Mais est-ce que l’avenir de ces enfants nantis vaut mieux que celui de la majorité des maliens ? Que none !

Les  parents d’élèves doivent donc illico presto se  réveiller.  Car, l’avenir de leurs  enfants est loin d’être le souci des autorités maliennes. Leurs enfants ignorent le cursus scolaire malien et ses difficultés. Le bon sens leur  recommande de  bondir contre cette maldonne du Premier ministre pour soutenir les revendications enseignantes afin que leurs  enfants soient dorénavant  éduqués et instruits par des vrais enseignants, désormais motivés.

Falaye Keita

Source: Le Pélican

MaliwebEditorialEducation
L’école malienne est  actuellement  secouée par une crise endémique  sans précédent. Tous les ans, non satisfaits par  les autorités polico-administratives qui n’honorent pas leurs engagements, les enseignants du Fondamental débrayent. Cette manifestation de grève pour réclamer ses droits est pourtant un acte constitutionnel en république du Mali. Pour éviter...