Idrissa-Maiga

Idrissa I. MAIGA

Le Mali, depuis le 17 janvier 2012 traverse une crise sécuritaire  créée par les attaques du MNLA alliés aux narco-djihadistes d’Aqmi, d’Ansardine et  du Mujao. Sous le choc d’une tragédie nationale, vient s’ajouter une crise institutionnelle née des événements du 22 mars 2012 portant le coup de grâce au deuxième  mandat finissant d’ATT.

 

Dix longs mois durant, les populations du Nord ont  subi les affres de l’occupation du MNLA, de ses thuriféraires et autres alliés de circonstance avant d’être chassés manu militari par ces derniers. La spoliation, le viol, les mariages forcés,  la flagellation, les amputations au nom d’une prétendue charia  étaient devenus les corvées quotidiennes auxquelles les populations du Nord devaient s’attendre à chaque lever du soleil sans oublier les milliers de familles obligées de se refugier  à l’intérieur et à l’extérieur du pays.

 

Au regard du gâchis, de la  torture, de l’humiliation qui étaient monnaie courante dans les zones occupées   par une horde de criminels, l’on est en droit  de se poser la question de savoir si les responsables du MNLA méritent encore la nationalité malienne. La réponse parvient vite, car des nationalistes sont des patriotes qui ne se livreront jamais à de telles exactions. Faisons tout de même l’économie d’une peinture macabre qui risque encore une fois d’affecter la volonté de réconciliation du peuple malien.

 

L’intervention française le 11 janvier 2013 pour chasser les narco-djhadistes de Konna jusque dans l’Adrar des Ifoghas permet la libération des villes de Tombouctou, Gao et Kidal. Et voici, le MNLA qui bombe la poitrine et affiche une résistance saugrenue à l’entrée de l’armée malienne  à Kidal.

 

Les dirigeants du MNLA comprendront- ils un jour le grave préjudice causé non seulement au Mali, mais surtout aux populations du Nord et plus singulièrement aux Touaregs qui, dans leur majorité ne se reconnaissent pas dans ce projet indépendantiste?

 

Aujourd’hui refugiés à travers la sous région, les Touaregs du Mali sont stigmatisés, affamés  par la faute de certains de ses fils qui ont pris devant Dieu et les hommes, la responsabilité d’une aventure sans lendemain.

 

Quand est- ce le MNLA réalisera que, c’est son  projet farfelu d’indépendance de l’Azawad qui est à la base  du ressentiment général des Maliens et  du rejet des siens ?

 

Aux camarades Mohamed Djeri et Mossa Ag Attaher respectivement Vice-président et Porte-parole du CTEA, nous lançons un appel à un devoir de génération. Nous leur  disons qu’il n’est pas encore tard de se ressaisir avant que la porte de leur patrie ne leur  soit définitivement fermée.

 

Vous devriez comprendre  la situation gravissime  par conséquent arrêter l’imposture et la surenchère et vous extirper des griffes des criminels venus de la Lybie et faire amende honorable afin que vous soyez accepté dans la case paternelle.

 

Nous vous savons   combatifs  mais surtout intelligents pour vous  ressaisir, car les blessures sont profondes, les plaies sont saignantes et les frustrations fortes.

 

Cet appel  n’est  ni plus ni moins qu’une brassière de sauvetage  et un devoir de  génération, face à la profonde crise que traverse notre pays. Cet appel, assumé, ne reflète qu’une position. Il est le résultat d’un examen de conscience au niveau individuel avec comme objectifs de créer une rupture épistémologique  avec  tous les comportements qui sont à la base de ce chaos national et provoquer une catharsis pour sauver l’Unité Nationale. Il y a un temps pour  tout. A bon entendeur, salut !

 

Idrissa I. MAIGA