Dans notre Edito du  12 avril 2012, nous tirions déjà, sur la sonnette d’alarme. Avec notre plume, nous avions écrit, dénoncé et condamné le versement d’une prime quelconque  aux auteurs de putsch.

Idrissa Maiga Edito : Sauvons le trésor public

Mais hélas ! C’est arrivé. En effet, le Président par intérim du Mali vient par un décret pris en Conseil des Ministres d’octroyer des salaires et des primes mirobolants aux auteurs du putsch du petit matin du 22 mars 2012. Cela au nez et à la barbe du peuple malien. EH MON DIEU ! Où sont –ils ces Maliens, descendants de braves et dignes héros prêts à braver l’injustice au prix de leurs vies ?

Ces primes, au-delà de leur caractère injuste et révoltant, ouvrent sans nul doute, une brèche aux mésaventures de toutes sortes. De nos jours au Mali, c’est devenu ou presque une tradition. Il suffit de se faire entendre par  les armes pour rentrer dans l’histoire. Après tout, on pille et dilapide  le Trésor public pour freiner des égos.
Monsieur Diouncounda TRAORE et son Gouvernement en  octroyant les primes de la honte ont-ils pensé un seul instant à ces millions d’enfants  maliens qui semblables à ceux de Mélancholia que Victor décrit pitoyablement ? Ces enfants dormant au quotidien la mort dans l’âme et dont les parents sont démunis pour les envoyer à l’école.
A ces millions de maliens qui n’ont pas accès à l’eau potable, aux soins primaires de santé ?
Wallay, soumma Wallay, je jure au nom d’Allah tous les gens qui ont cautionné cette mascarade alors qu’ils ont les moyens constitutionnels de s’y opposer  devraient être logés à la même enseigne et frappés tous du même bâton. Il s’agit en premier lieu des  partis politiques qui aspirent à gouverner le pays. Ensuite des syndicats des travailleurs qui sont censés défendre les droits de ceux –ci.
Enfin de la Société Civile passive, inactive et  fantôme à la solde du prince du jour, qui tympanise les Maliens en  longueur de journée en détournant  en partie des fonds reçus au nom des  populations.
Comment accepter  que des Professeurs d’Université soient  en grève depuis des années pour des miettes qu’on n’arrive pas à satisfaire et au même moment on octroie des avantages faramineux à des gens qui n’ont pas le niveau de leurs Etudiants et dont le seul mérite est de prendre les armes contre les Institutions démocratiques de leur pays. Disons-le clairement. N’ayons pas peur des mots.
Les chefs des partis politiques au lieu de  s’agiter pour les élections à venir doivent commencer par dénoncer cette situation douloureuse pour le Trésor public .Il faut donc le sauver à tout prix.
L’attitude des Maliens rappelle malheureusement ces mots du jeune et bouillant écrivain  sénégalais de la négritude. J’ai nommé  David DIOP : « Afrique dis-moi Afrique. Est-ce donc toi ce dos qui se courbe. Et se couche sous le poids de l’humilité. Ce dos tremblant à zébrures rouges. Qui dit oui au fouet sur les routes de midi  »
Maliens, Indignez-vous  pour le moins .Soyons des patriotes. Notre seul bien est notre pays.

Idrissa I.Maiga