La police malienne ne cesserait d’étonner ceux qu’elle est censée protéger. Chaque jour, elle présente de nouveaux motifs pour se faire détester des citoyens, lesquels n’ontpresque jamais cessé d’y voir une institution foncièrement corrompue. Récemment, il nous est revenu d’apprendre que des commissariats de Bamakodélivrent illégalement des cartes professionnelles aux prostituées, poliment appelées« travailleuses de sexe »Et, apparemment, le business semble bien juteux pour certains commissaires de la capitale.

 

Pourtant, jusqu’à preuve du contraire, l’opinion publique malienne resteeffectivement informée du fait que le commerce du sexe soit formellement interdit et réprimé par la législation nationale. Cela lui avait jusque-là valu de n’être pratiqué que dans la clandestinité. Mais voici que, désormais, des cartes professionnelles sont délivrées aux prostituées par des commissariats de police à Bamako. Si une telle pratique est effectuée par la police, nous seront donc tentés d’en déduire que le métier soit bien légal au Mali.

Si tel est le cas, cette loi autorisant le travail du sexe (jusqu’ici jugé moralement répréhensibles par la société malienne) est-elle donc été votée à quel moment ? N’est-ce pas désormais la porte grandement ouverte à la jeunesse féminine aux pires formes de dépravations sociales ? Si, jusqu’ici, aucune loi n’a encore autorisé le travail de sexe au Mali, l’on est donc bien en droit d’en déduire que les commissaires de police responsables de cette pratique hétérodoxe, doivent être systématiquement traqués par le Ministère de la Sécurité et de la Protection, puis radiés de la fonction policière.

Depuis toujours, les Maliens n’ont cessé de se plaindre, avec la plus grande amertume, de pratiques des plus illicites routinièrement exercées par des agents de la Police Nationale, notamment, les rackets, bakchichs, traficsd’influence, complicité avec les malfaiteurs, livraison d’armes aux braqueurs etsurenchérissement de la carte d’identité nationale. Aujourd’hui, vu l’élan croissant de l’urbanisation de Bamako avec ses bonds démographiques tous azimuts, une nouvelle pratique maffieuse de la police, s’est désormais invitée dans la danse : il s’agit d’un business consistant à délivrer illégalement des « cartes professionnelles » aux prostituées nationales et étrangères qui pullulent en ce moment dans la capitale malienne.

Ce document, confectionnéet dûment signés par des commissaires dans plusieurs arrondissements de police à Bamako, permettraient aux travailleuses de sexe de circuler partout où bon leur semblent, tout en s’estimant « légalement autorisées » à exercer leur métier au Mali. Cette autre pratique aussi dangereuse pour l’image de la police nationale que pour l’éducation des jeunes filles, mérited’être l’objet d’une enquête conjointe sérieuse des Ministères de la Sécurité et de la Justice en vue de faire toute la lumière sur le sujet.

La Rédaction 

Le Point 

MaliwebEditorialSociété
La police malienne ne cesserait d’étonner ceux qu’elle est censée protéger. Chaque jour, elle présente de nouveaux motifs pour se faire détester des citoyens, lesquels n’ontpresque jamais cessé d’y voir une institution foncièrement corrompue. Récemment, il nous est revenu d’apprendre que des commissariats de Bamako, délivrent illégalement des cartes professionnelles aux prostituées, poliment appelées« travailleuses de sexe ». Et, apparemment, le...