Humiliante, c’est tout simplement la scène de théâtre à laquelle le monde entier assiste. Un Président à la tête d’un Etat en crise profonde se livre en spectacle comme un bouffon. Ses interventions de part et d’autre ne riment plus avec les problèmes de l’heure. Il préfère des invectives à l’endroit de son peuple. Politique, société civile, leaders religieux, activistes… sont ses cibles. A Bamako et dans le Mali profond, il a toujours saisi les occasions, pour laisser des traces que je dirai bien indécentes. IBK n’aime pas les critiques, il n’aime pas qu’on le quitte. Ce qu’il aime c’est de voir les gens le suivre comme des moutons de panurge tout en claironnant qu’il est le meilleur président de la République ; qu’il est sans reproche dans sa gestion. Ce qui est faux à moins qu’on ne soit hypocrite. On n’a pas besoin d’être intellectuel pour savoir que le pays va mal. Les faits gravissimes sont patents. L’insécurité occupe plus de la moitié du territoire national, la corruption bat son plein… en un mot, l’immobilisme chronique règne au Mali.

Au lieu d’exprimer une vocation,  de mener à bien la mission de soigner le grand corps malade (le Mali), le Président tombe au plus bas de l’échelle. La fonction de président se mesure à des individus avec des tons arrogants qu’il y a lieu de condamner avec la plus grande fermeté. Pour des cas illustratifs à Ségou, IBK lance des flèches à l’endroit de son ancien ministre Me Mountaga Tall qu’il qualifie d’ingrat. Ce dernier, via une vidéo lui répond sèchement.  A Koulouba, lors d’une rencontre avec des jeunes avec à leur tête Macki Ba, président des jeunes musulmans du Mali, le Président s’attaque à Tiébilé Dramé et Ras Bath. Et comme si cela ne suffit pas, à Kangaba, IBK répond encore à Ras Bath ‘’ Boua ne renoncera pas  au profit du père de personne’’. L’interprétation va au-delà de la personne de Ras Bath et son père, Me Bathily, ancien collaborateur d’IBK qui révèle tout le temps les secrets abominables d’IBK. Les propos sont anti démocratiques et expriment l’intention d’IBK de s’agripper au pouvoir au profit de sa seule lignée.

Les propos ont choqué plus. Et les condamnations ne se sont pas fait attendre. La Coalition pour l’Alternance et le Changement et autres mouvements qui s’apprêtent à battre le pavé pour réclamer des élections libres et transparentes, la libéralisation de l’ORTM, ont  rédigé un communiqué à l’issue d’une rencontre à la pyramide des souvenirs vendredi dernier. Ils condamnent avec la dernière rigueur ses propos d’IBK qui n’honorent pas du tout la fonction de Président.

Certains n’hésitent pas à avancer l’hypothèse selon laquelle IBK a des problèmes mentaux. A son âge, l’on serait tenté de le confirmer. Le Mali mérite mieux. Face à la crise actuelle, il faut quelqu’un doté de toutes les capacités indispensables pour gouverner un pays. IBK en manque énormément. Alors qu’il s’en aille. Renoncer à briguer un second mandat est le seul choix judicieux qui s’offre à lui. Monsieur le Président, saisissez l’occasion afin de sortir par la grande porte. Le contraire sera fatale car le peuple voit l’ombre de votre main et la fraude électorale fera face à une forte contestation qui balayera les instigateurs et fera triompher la vérité pour le seul bonheur du peuple malien.

Boubacar Yalkoué

Source: Le Pays

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Humiliante, c’est tout simplement la scène de théâtre à laquelle le monde entier assiste. Un Président à la tête d’un Etat en crise profonde se livre en spectacle comme un bouffon. Ses interventions de part et d’autre ne riment plus avec les problèmes de l’heure. Il préfère des invectives...