La rencontre de Pau dans le sud de la France entre le président français Emmanuel Macron et les chefs d’Etat du G5 Sahel ne fut certes pas comme la conférence de Brazzaville de 1944, mais elle ne fut pas loin de lui ressembler. Une espèce de convention qui ne dit pas son nom.

La métropole, ainsi faut-il la nommer, a toujours organisé des rencontres au sommet avec les chefs d’Etat de la zone francophone sous son contrôle et celle de Pau vint en ligne droite de cette tradition historique pour rappeler aux uns et aux autres leurs droits et devoirs. Le rapprochement avec Brazzaville n’est point bête. Dans un cas, il s’agissait d’une situation de guerre pourrie de laquelle il fallait sortir avec les honneurs ; dans l’autre d’un contexte d’insécurité grandissante au Sahel franco-africain où la France est impliquée et dans lequel elle ne doit pas s’embourber.

Le président français, constatant l’enlisement des forces de son pays dans les sables du Sahel avec ses lots de morts, d’orphelins et de veuves, crut bon de convoquer à Pau dans le sud-ouest de la France, les dirigeants concernés pour une clarification des rôles au regard du peu de résultats de la présence militaire française au Sahel et au vu du développement du sentiment anti-français suite à l’avancée des jihadistes et des terroristes dans les pays en guerre contre les hors-la-loi.

Le choix de la ville de Pau pour abriter cette convention s’explique par le fait que les 13 soldats français morts dans un accident d’hélicoptère en novembre 2019 dans le Gourma (zone dite des 3 frontières), provenaient de ce régiment ou en étaient originaires. Après un premier report suite à une attaque terroriste à Inatès au Niger, la rencontre eut lieu finalement à Pau le 13 janvier 2020 en présence de tous les protagonistes y compris ceux qui y étaient opposés au départ, y dénonçant une vieille habitude paternaliste héritée de la colonisation. Très convaincant, le président français fit savoir que la position de son pays était « nous pas bouger », non pas pour les populations africaines du Sahel en danger, mais pour les Européens qui risquaient en cas de départ de la France d’être envahis par des hordes de jihadistes, de terroristes et de barbares de toutes sortes.

Seul un dispositif militaire bien pensé par les occidentaux devait y être mis en place, quitte à y adjoindre du personnel militaire subalterne africain.

La ville de Kidal aux mains des bandits et des terroristes depuis 2013, reviendra sous peu dans le giron malien à condition que les militaires nationaux se montrent à la hauteur parce qu’une ville perdue par voie de guerre ne se restitue pas comme cela sur un plateau d’argent. Aux militaires maliens donc, jugés peu aguerris de montrer du répondant face à un ennemi qui ne montre pas son visage. Il faut donc encore guerroyer et mériter une place tenue par la France !

Les problèmes administratifs de gestion des dépenses militaires reviendront comme de droit à la hiérarchie militaire de Barkhane et de la Minusma.

Bref, Emmanuel Macron a su réinventer son grand-père Charles De Gaulle et les conventionnels de Pau n’en diront pas le contraire.

Facoh Donki Diarra

(écrivain à Konibabougou)

Mali tribune

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