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Selon un rapport confidentiel estampillé du côté de Bretton Woods (Washington) le Mali compte une soixantaine de milliardaires, en francs CFA s’entend. Ils évoluent dans les principaux secteurs d’activité que sont l’agriculture, l’industrie, le commerce, le transport, le transit, l’immobilier, la banque, l’assurance et, hélas, l’administration (ce phénomène étant révélateur du degré de pourrissement très avancé de l’appareil d’Etat, notamment dans sa composante douanière décriée depuis plusieurs décennies mais jamais inquiétée).

En se délestant chacun d’un petit milliard, ces rupins peuvent constituer un pactole de soixante milliards de nos francs. De quoi doter notre armée nationale, qui fait preuve de vaillance depuis la contre offensive du 11 janvier 2013, de toute la logique souhaitable pour éradiquer le terrorisme dans la partie septentrionale de notre pays. Au lieu de cela qu’avons-nous vu ? Des cotisations miséreuses à travers les institutions et groupements professionnels qui ont péniblement atteint la modique et ridicule somme de deux cents millions de francs CFA. De quoi acheter à peine six Pick-up quand il en faut plusieurs centaines à nos soldats déployés sur 800 000 Km2 de sable pour donner la traque aux djihadistes et autres narcotrafiquants.
A l’évidence, les détenteurs de grosses fortunes, le plus souvent amassées par le vol et le dol au détriment de nos populations laborieuses, ne veulent pas se séparer d’une partie un tant soit peu substantielle des immenses produits de leurs rapines. Puisqu’il en est ainsi, l’Etat a le devoir de les y contraindre. En sollicitant le concours des organismes spécialisés en Europe ou à l’échelle internationale pour lancer une gigantesque traque aux biens meubles et immeubles frauduleusement acquis. Les personnes identifiées et reconnues pour avoir accumulé de telles richesses au prix de l’appauvrissement et de la fragilisation de l’Etat au point de le rendre incapable d’assumer ses missions régaliennes de défense du territoire national  et de sécurisation des personnes et de leurs biens doivent rendre gorge. A la hauteur du préjudice occasionné par les surfacturations, les fausses factures, les marchés fictifs, les marchandises non ou mal dédouanées, les impôts ou taxes payés au rabais ou pas du tout payés, les deniers publics détournés, investis dans l’acquisition de résidences privées au luxe insultant pour une population dont les deux tiers vivent avec moins de 500 FCFA par jour ou placés sur des comptes numérotés à l’étranger.
Grâce à ce mécanisme, le Sénégal est en bonne voie de récupérer les fonds colossaux (il est question de plusieurs centaines de milliards de nos francs) que les pontes du régime Wade sont soupçonnés d’avoir dissipé en douze années d’une mise en coupe réglée de l’économie de ce pays.
Pourquoi pas le Mali qui, confronté à la plus grave crise sécuritaire et politico institutionnelle de son histoire, éprouve un plus grand besoin d’argent ?
Par Saouti HAIDARA

Source: L’Indépendant