Le 10 janvier, lors de la présentation des vœux du Nouvel An  de l’Armée au président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, le Chef d’Etat-major général des Armées a indiqué que « dans un contexte notamment marqué par la recrudescence du terrorisme, l’explosion des guerres asymétriques, les Forces armées du Mali (Famas), sur instructions du président de la République, ont revu leur stratégie militaire, avec le nouveau concept opérationnel (CONOPS) qui a été validé par le Conseil supérieur de la défense nationale, le 27 décembre 2019.

Un CONOPS qui consacre, d’après le Chef d’Etat-major,  une part importante à l’offensive, au relèvement du niveau de commandement opérationnel sur le terrain, au rôle du vecteur aérien, à l’amélioration des conditions de protection et d’engagement des soldats. Et qui permettra  à l’obtention d’une armée républicaine, restructurée, combattante et professionnelle.

Ainsi, s’il est certain que  le nouveau  concept est idéal pour la refondation de notre armée, faudrait-il que la corruption, la fraude et les vols de munition  au sein des Famas cessent. De même  que les biens  et équipements de l’armée soient exclusivement préservés afin qu’ils ne tombent plus  aux mains des forces ennemies. Les contrevenants devant être sévèrement punis.

Toutefois c’est le concept de l’armée malienne reconstituée qui pose problème. Composée essentiellement par d’« ex rebelles »  des  mouvements armés dont de nombreux déserteurs des forces armées maliennes, elle ne nous semble pas une panacée pour parvenir à cette refondation tant nécessaire des Famas. Imposée par la Communauté internationale, en l’occurrence la France, par l’entremise de l’accord issu du processus d’Alger, l’architecture de la nouvelle armée reconstituée, notamment ses éléments devant intervenir dans le septentrion seront à terme, selon les clauses,  composée à 80% des ressortissants du nord (quasiment arabes et touaregs).

Une situation qui de facto et de droit va favoriser l’existence de deux armées au Mali : une armée ethnique  au nord et une armée nationale dans le reste du pays.  Ce qui constituerait un précédent fâcheux  pour l’unicité  de l’armée malienne  et la cohésion nationale. N’ayons donc pas la mémoire courte, l’accord d’Alger de 2006 avait occasionné, en son temps,  la création d’une unité spéciale  à Kidal dont les soldats étaient déployés dans tout le septentrion.

Cette unité était commandée  par l’ex rebelle Col Bamoussa (aujourd’hui bras droit d’Iyad Ag Aghaly). A l’époque, plusieurs chefs de garnison étaient aussi des touaregs ou arabes.  Lors du déclenchement de la rébellion  de 2012, n’était-ce pas cette unité spéciale qui aura  retourné ses armes contre le reste de l’armée malienne ? Pourquoi ne pas alors tirer les enseignements  du passé récent ? Sinon quelles garanties ont-elles  été  données à nos autorités pour qu’elles acceptent une telle chose ?

Gaoussou M Traoré

Source: Le Pélican

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