Ce 15 août 2022, le gouvernement de transition a pris une mesure interdisant la vente, l’importation, la distribution de chicha au Mali. L’annonce a été faite à travers un communiqué. Selon ledit communiqué, toute personne qui se rend coupable de la violation de cet arrêté gouvernemental est punie d’un emprisonnement de 1 à 10 jours et d’une amende de 300 à 10 000 francs F CFA.

 

Cette mesure salutaire rappelle la décision courageuse qui avait été prise par le maire de la commune IV, Adama BERETE, en juillet 2019 pour interdire la consommation du narguilé (Chicha), du tramadol et les produits assimilés frauduleux.

De plus en plus, la consommation du narguilé (Chicha), du tramadol et les produits assimilés frauduleux font des ravages à Bamako et environs. Conscient de l’ampleur du drame, le maire de la CIV du district de Bamako, contre vents et marées, avait décidé d’interdire ces produits frauduleux dans sa collectivité.

Cette décision de la mairie de la Commune IV faisait suite à une lettre du conseil communal de la jeunesse sur les méfaits du tabac et du tabagisme passif, surtout la consommation du narguilé communément appelé chicha à laquelle les jeunes filles et garçons s’adonnent à cœur joie.

Surtout qu’il avait été constaté qu’à la place de l’eau aromatisée, les jeunes mettent des produits dopants qui sont jugés cancérigènes.

«Les jeunes s’adonnent à la consommation de certaines substances qui les poussent à agir violemment. Souvent, les violences se sont soldées par des morts. Les jeunes consomment des produits stupéfiants ou hallucinants qu’ils mettent dans cet appareil », avait justifié à l’époque Alkassoum Maiga, deuxième adjoint au maire de la commune 4.

Cette thèse avait été rejetée par les jeunes fumeurs de Chicha ainsi qu’une partie de l’opinion publique. Ceux-ci étaient montés au créneau pour dénoncer ce qu’ils qualifiaient de violation des libertés publiques en commune IV.

Mais, le maire avait reçu le soutien de la Cour constitutionnelle du Mali.

Au regard de tous ces constats, la Cour Constitutionnelle avait adressé une lettre de félicitation.

« Au nom des membres de la Cour Constitutionnelle et au mien propre, je vous félicite et adresse mes encouragements pour l’initiative prise dont l’objectif est de contribuer à la lutte contre la délinquance juvénile », avait indiqué la présidente de la Cour Constitutionnelle à l’époque, Manassa DANIOKO.

Mais 3 ans plus tard, les faits semblent donner raison aux élus de la commune IV. Pour cause !

Ce lundi 15 août 2022, c’est le gouvernement de transition qui a emboîté le pas en interdisant ce produit sur toute l’étendue du territoire. Les autorités de la République du Mali viennent d’interdire l’importation, la distribution, la vente et l’usage de la chicha dans tout le pays.

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il s’agit d’une décision courageuse qui doit être suivie par tous les pouvoirs publics pour protéger cette couche juvénile très fragile. Surtout quand on sait que cette couche de la société malienne est désormais engagée dans une autodestruction sans précédente, avec ces drogues dans la capitale et les grandes agglomérations, des conflits intercommunautaires et le terrorisme au centre et au nord du pays.

Le narguilé (chicha) traditionnellement utilisé dans certains pays d’Orient (arabes) sous forme de pipe composée d’un flacon rempli d’eau parfumée que la fumée traverse avant d’arriver à la bouche, est devenu aujourd’hui, l’un des modes de consommation les plus répandus des stupéfiants à Bamako. On trouve partout à travers la ville des chichas clubs.

Sous d’autres cieux, en Malaisie, le comité du Conseil national des affaires islamiques, face à l’ampleur du phénomène, a mis en place une fatwa qui prohibe l’utilisation et le commerce de la chicha.

Par Abdoulaye OUATTARA

Source : Info-Matin