Après un séjour en prison et une libération sans jugement (donc un non lieu), l’ex Directrice régionale des Domaines de Koulikoro, Mme Iliam Niang, dans une interview rompe le silence et fait tomber les masques politico-judiciaires que certains individus mal intentionnés ont portés pour  l’envoyer en taule à la prison  pour femmes de Bollé. Lisez ses révélations fracassantes.

Le Nouveau Réveil : Bonjour Mme Ilam Niang,  pouvez-vous expliquer ce qui vous est arrivé ?

Mme Ilam Niang : Tout a débuté en 2014, j’ai subi tout et on m’a traité de tous les noms d’oiseau. Certes, on ne peut pas être aimé par tout le monde, mais ce qui m’est arrivé a plu à beaucoup de gens. Souley Kassé Diallo, un juge de Kati m’a appelé un jour quand j’étais à Koulikoro pour le rejoindre le lendemain à Kati. Et cela, sans convocation. Je me suis fait accompagner le lendemain matin par notre chef de bureau et un chef de division. Arrivés au bureau du juge, il nous a bien accueillis. Mais j’ai senti  ce jour-là que le juge en question n’était pas tranquille. J’ai dit à notre chef de bureau qui s’appelait Simpara, l’actuel Directeur National des Domaines que le juge n’est pas tranquille. Il fait des vas et viens et il ne nous dit rien. Il est parti voir M. Harouna Keita, le procureur de Kati à l’époque des faits. Peu de temps, il nous a appelé dans le bureau de sa greffière pour me montrer le mandat de dépôt. Mais bien avant cela, il m’a montré un dossier, en me demandant si j’en étais au courant. Le dossier était relatif au titre foncier des héritiers de feu Tièrno Diarra. Je lui ai répondu que cette situation était déjà réglée. Parce qu’on leur avait mis dans leur droit avec toutes les preuves à l’appui. Mais comme le juge en question était en mission, il était obligé de reprendre le dossier parce qu’on lui avait promis le poste de président d’un tribunal au cas où il parvenait à m’enfermer. Excité par cette proposition, il m’a montré le mandat de dépôt en me disant que j’étais en état d’arrestation. Je lui ai demandé le motif, tout en lui faisant savoir que ce n’est pas pour ce problème qui est déjà réglé. Je lui ai fait savoir que ce n’est pas à cause d’une double immatriculation qu’on va en prison. Mais si cela arrivait,  le code domanial exige à ce qu’on annule le second, malheureusement. C’est de là-bas que j’ai appelé beaucoup de personne, y compris le Gouverneur qui n’était pas au courant de la situation. C’était une surprise générale. On est resté jusqu’à 16heures où  on a délégué des policiers pour m’amener à Bolé, à la prison des femmes. C’est comme ça que je me suis retrouvée en prison. Je ne savais même pas de quoi il s’agissait exactement. Mais j’ai compris que c’était un complot orchestré par l’ex Premier Ministre Moussa Mara, Mohamed Ali Bathily, ministre de la Justice en son temps, Tièma Hubert Coulibaly en charge de l’Urbanisme et la Directrice Nationale des Domaines, Mme Sy Hawa Diallo. À  l’époque, les syndicats des Domaines étaient en grève, parce qu’on avait imposé, Awa Diallo comme Directrice Nationale qui n’avait pas le statut d’être directrice nationale. Le syndicat n’était pas d’accord. Mais ils l’ont négocié au niveau de la Fonction publique pour qu’elle puisse occuper ce poste. Mais j’aurais appris que mon nom était sur toutes les lèvres, lors des différentes manifestations des syndicalistes, parce que leur souhait était que ma personne d’Ilam Niang soit Directrice Nationale. Donc pour eux, c’est moi qui manipulais ces syndicalistes, alors que je n’y étais pour rien. Je n’ai jamais assisté à aucune de leurs réunions. Parce que je quitte Bamako à 5 heures du matin pour Koulikoro, donc je ne sais pas ce qui se passe derrière moi.

Vous dites que Souley Kassé n’avait pas de preuves tangibles pour vous arrêter et comment l’affaire des héritiers de feu Tièrno Diarra a été réglée ?

La raison de mon arrestation n’est pas valable quand on se réfère aux dispositifs du domaine. Le code domanial dans ses articles stipule qu’en cas de double immatriculation, on annule le second. Chose que j’avais déjà fait.  La terre en question se trouve à Dialakorobougou-Mountougoula, une zone de recasement destinée à l’ACI. En effet, l’histoire de Dialakorobougou a commencé depuis le temps de Yacouba Diallo qui fut un ministre avant la transition. Alors, un ancien Directeur de l’urbanisme à Koulikoro qui s’appelait Amadou Diallo a informé Yacouba Diallo qu’il y avait 450 hectares à Dialakorobougou. Toute chose qui était  fausse. Le ministre en question m’a instruit de donner la réquisition  à un géomètre, sans quoi j’allais être relevée de mon poste. Donc, j’ai appelé un géomètre qui m’a fait savoir qu’il est impossible de trouver un tel espace à Dialakorobougou. Ce qui n’a pas plu au  ministre qui est allé jusqu’à menacé notre Directeur national en la personne d’Imran Abdoulaye lors d’une réunion, en disant à celui-là qu’il ne voulait que sa réquisition. Ce jour-là,  le ministre n’a même pas présidé la réunion. Il  s’est fait représenter par son Secrétaire général qui  à la fin de la réunion a mis en place une commission composée des membres des Domaine, l’ACI, l’Office Malienne de l’Habitat et l’Urbanisme. Comme la terre en question était une zone de recasement de l’ACI, ils ont diligenté une mission. On m’avait proposé de rester, mais je n’ai pas accepté. On a fait à peu près une dizaine de km à pied pendant deux jours. Au deuxième jour, le représentant de l’ACI a proposé d’interrompre la mission, parce qu’il a estimé que  l’ACI ne pouvait pas travailler dans ladite zone. C’est comme ça qu’on est revenu au cabinet pour faire le compte rendu. Mais bien avant notre retour, j’ai relevé tous les titres fonciers pendant notre parcours. J’ai remis les titres au Secrétaire général, en lui disant que les gens de l’ACI disent qu’ils n’aiment pas ladite zone. Les terrains sont restés comme ça. Entre temps,  les syndicalistes ont demandé des terrains qu’on a cherchés à Gouana, mais en vain. Du coup, le Directeur National des Domaines en la personne de Monsieur Imrane Abdoulaye a proposé les terrains de Dialakorobougou et c’est comme ça qu’on a entamé le travail. Mais à chaque fois qu’on rencontrait un titre, on l’épargnait. Malheureusement, le cas des héritiers de feu Thièrno Diarra nous a échappé. C’était la faute du géomètre. Mais normalement, le titre de la famille de feu Thièrno Diarra ne devrait pas sortir parce que c’était une zone de recasement. En plus de cela, les deux directeurs qui m’ont précédé n’ont pas voulu signer ledit titre, mais c’est moi qui l’ai fait, parce qu’on a expliqué que c’est le seul héritage des enfants de feu Thièrno Diarra. Donc, si ce n’était pas une erreur comment puis-je  fermer les yeux sur ce même terrain ? Je ne suis pas géomètre, je suis inspectrice des impôts. Donc la faute ne m’incombe pas.

Si nous comprenons bien, les héritiers de feu Thièrno Diarra ont été mis dans leur droit et vous avez été arrêtée pour ce même dossier. Pourquoi ?

C’est leur avocat qui a porté plainte avec ce même dossier au niveau du Gouvernorat. C’était d’ailleurs contre la Direction régionale de Koulikoro et non contre ma personne. La dame qui représentait les héritiers de feu Thièrno Diarra s’appelait Nah Diarra, elle travaillait chez au Bureau du Vérificateur Général. C’est cette dame qu’ils ont utilisée pour modifier la plainte, avant de l’introduire contre moi en lieu et place de la Direction régionale. On fait tout au Mali. À l’époque, je travaillais à Koulikoro en tant que représentante de l’État, la modification de la plainte par Nah Diarra contre moi a beaucoup touché les avocats de la famille. Pour eux, ce n’était pas la peine de me créer des problèmes à cause de cette affaire. Leur maman a aussi beaucoup pleuré, parce que l’essentiel pour elle était que la famille soit remise dans ses droits. Entre temps, mes détracteurs fouillaient les dossiers afin de découvrir un cas de faute grave de ma part. C’est ainsi qu’un jour le gouverneur AllayeTessougé m’a appelé pour me demander si je connaissais Sada Samaké. Je lui ai dit que je le connais, on a fait le lycée ensemble. Il m’a dit d’aller voir cet homme en ce sens que Bathily me guette. Malheureusement, je n’ai pas eu le temps d’aller voir Sada. Ça trouvait que je venais de la Mecque. Mais vous savez,  ça fait mal de le dire, mais il y a trop d’hypocrites dans la religion musulmane.  Si vous voyez Souley Kassé en train de courir pour aller à la mosquée, vous allez le considérer comme un vrai croyant, alors qu’il est capable de tuer sa mère pour quelques choses, pour ses intérêts. On lui avait fait des promesses, il a tout fait pour m’enfermer. Et cela pendant deux mois. Je me suis retrouvée en prison pour des raisons que j’ignore. Ils ont brisé ma carrière, mon mariage et même ma  famille. Si je n’étais pas forte de caractère, je pouvais piquer une crise puis mourir. Je n’ai rien fait de mal. Un jour, la Directrice de Bollé m’a dit de me calmer, parce que Téssougué venait de l’appeler pour dire qu’il va me libérer tout de suite, car je n’avais rien fait. J’ai dit à cette dernière que je n’ai rien fait mais pourquoi je suis emprisonnée ? Ils ont tout tenté contre moi. Ils ont fouillé tous les dossiers dans l’intention d’aggraver ma situation. Le Premier Ministre Moussa Mara même encourageait les gens à fouiller dans les dossiers en cas de faute de ma part. Il a même signé en bas d’un rapport du vérificateur général ‘‘ procédez à l’arrestation des auteurs’’. Bathily aussi a fait la même chose au camp 1 : ’procédez à l’arrestation des auteurs’’. Le Commandant du camp 1 à l’époque, a refusé parce que ce n’était pas la bonne procédure.  C’est pour vous dire que je n’avais pas fauté. Mais ce n’était pas une question de terrain, mais plutôt une question de fauteuil. Je l’ai su à travers notre Directeur National qui m’avait proposé comme Directrice nationale, lors d’une réunion de cabinet, comme lui-même devrait aller à un autre poste. Malheureusement. Donc quand il y a eu les mouvements syndicaux, Mme Sy Awa Diallo qui visait le poste de Directeur national a cru que c’est moi qui étais derrière tout, alors que c’était le contraire. Je ne connaissais même pas bien les membres du comité syndical.

Après toutes ces tentatives, Mme Sy Hawa Diallo a-t-elle été nommée Directrice nationale des Domaines ?

Bien sûr, elle a été nommée Directrice nationale. Mais elle a bénéficié de l’appui de plusieurs hautes personnalités, y compris Mohamed Ali Bathily, à l’époque ministre de la Justice. La  seule manière d’occuper ce poste, selon Awa Diallo,  était de me créer des problèmes, c’est-à-dire en m’emprisonnant. C’est ce qu’elle est parvenue à faire en complicité avec ces gens-là. Mais ce qu’il faut retenir c’est que les travailleurs des domaines n’ont pas gardé un bon souvenir d’Awa Diallo. Aujourd’hui, elle  est détestée à telle point qu’elle ne peut pas mettre les pieds au sein de la Direction nationale  des domaines. Pendant que moi Ilam, je marche la tête haute. Dieu merci, je suis sortie de la prison sans être jugée. On m’a informé un jour dans les coulisses que la Première Dame a menacé Bathily pour qu’il me libère parce que j’étais innocente. Comme il n’avait plus le pouvoir de me retenir, il a été obligé de me libérer une nuit à 20h. Par ailleurs, c’est le juge Kassé qui s’est laissé piéger, sinon le dossier a été soumis à plusieurs juges qui l’ont considéré comme une violation.  C’est lui qui a récolté les pots cassés parce que le poste de président qu’on lui avait promis n’a pas été fait. Je ne sais pas si vous avez été au courant. Pour cette petite affaire de cinq (5) hectares, ils sont allés jusqu’à en faire un communiqué à la télévision nationale, puis dans le quotidien national ‘’L’Essor’’. Dans ce communiqué on pouvait lire « faux et usage de faux, spéculation foncière dans le cercle de Kati », alors qu’on avait fait ce travail-là pour l’État. C’est le Directeur qui avait instruit de chercher ces terrains pour le personnel des Domaines. Jusqu’à présent, l’auteur du communiqué reste encore inconnu. De Souley Kassé Diallo à Harouna Keita en passant par le Ministre Bathily, Hawa Diallo, Tièma Hubert Coulibaly et Moussa Mara, ils ont tous nié. Donc qui l’a fait ? On m’a brisé la vie pour une petite histoire. Mais Dieu est grand. À la fin de mon audition, un de mes avocats a demandé le président du tribunal pourquoi on me gardait en prison. Il n’a pas pu répondre à la question.

Comment a été votre séjour à Bollé et comment vivait votre famille ?

À Bolée, je n’ai pas été maltraitée. Ils s’occupaient bien de nous. On nous donnait à manger et les gens nous rendaient visite. En ce qui concerne mon foyer, j’étais mariée à un colonel. Le mariage religieux a eu lieu en 2008. Mais comme vous le savez, certains hommes se marient  avec des femmes par intérêt. Pendant mon séjour à Bollé, mon mari ne m’a pas rendu visite, à plus forte raison m’apporter de quoi mettre sous la dent. De surcroît, il ne s’est pas occupé de mon problème. Il ne m’a pas soutenu une seule seconde. Depuis que j’ai été libérée, le 23 décembre 2014, j’ai décidé de m’écarter de lui. Et de ce jour,  jusqu’en 2017, je n’ai été affectée nulle part. C’est en 2018 que j’ai valu mon droit à la retraite. Entre temps, mon mari se faisait rare chez moi parce qu’il sentait que je n’avais pas assez de moyen. Un jour, il est venu me rendre la clé de la maison, en me disant qu’il a été muté à Kayes. Après, je suis partie chez ma fille aux États-Unis pour me reposer. De retour, j’ai fait deux ans de convalescence sans l’avoir vu. C’est  maintenant qu’il commence à envoyer des émissaires  pour renouer notre relation. C’est cette fausse histoire qui est à la base de tout.

Après ces mensonges et votre libération suite à un non-lieu, allez-vous porter plainte ?

Porter plainte contre qui ? On ne se bat pas  contre l’État.  Si c’était la peine de me battre, j’allais me battre contre ces faux cadres, tel que Bathily, mais il était capable de piétiner ma retraite, il allait me compliquer la tâche. Après un non-lieu, une promotionnaire m’a conseillé d’aller voir une certaine Mme Diakité Fatoumata N’diaye qui était Secrétaire générale de la Primature pour lui expliquer ma situation. Quand j’ai été là-bas, j’ai été reçue par son Chef de cabinet qui m’a donné un rendez-vous. Le jour du rendez-vous, il me dit que Me Bathily, alors Ministre des Domaines disait qu’il ne reconnaissait pas le non-lieu m’accorder. Ce qui a compliqué davantage la situation. Donc je ne suis plus aller là-bas. C’est comme ça que je suis restée à la maison jusqu’en 2018 où  j’ai reçu l’arrêté de ma retraite. On n’a gâté ma vie pour rien. Le hic est qu’à cause de la peur, personne de notre direction, à plus forte raison du ministère ne m’a rendu visite. Parce qu’ils avaient peur de perdre leur place. Ce dossier était vraiment du faux. D’ailleurs, c’est l’inspection qui devrait normalement mener ce combat. Hélas ! Tout le monde a eu peur de Bathily et ses colistiers de Moussa Mara et Tièma Hubert Coulibaly. Le juge Kassé a eu honte, surtout lorsqu’il a su qu’on ne pouvait pas m’inculper. C’est pourquoi il a interpellé tous les géomètres et les techniciens, avant de les emprisonner. Et coup de théâtre, ils ont été libérés provisoirement suite à la demande de leurs avocats. Et cela, sans moi. Quand Bathily a appris la nouvelle étant en France,   il a instruit immédiatement de les remettre en taule parce qu’il ne savait pas finalement comment me libérer.

De ministre de la Justice au début de l’histoire, Mohamed Ali Bathily par la suite  est devenu ministre des Domaines. Donc quelle explication pouvez-vous donné à l’attitude d’un tel homme de Droit ?

C’est le pouvoir, c’est eux seuls qui ont le droit de faire ce qu’ils veulent. Ils ont fait de moi ce qu’ils veulent, je m’en remets à Dieu, parce que je n’ai pas le pouvoir de me venger. Je n’étais qu’un simple agent, apolitique. J’ai occupé mes différents postes à travers mon travail bien fait. Pour moi, ce n’était pas la peine de me torturer comme ça. Il fallait tout simplement me relever de mon poste et puis c’était tout. Au Mali, quand tu fais la prison, on ne cherche plus à comprendre. On te traite de tout alors que je n’étais même pas du côté financier. On m’a fait un abus de pouvoir. Et c’est l’arrivée de Bathily à la tête du département chargée de la question domaniale qui a aggravé ma situation. Il parlait de moi lors de ses sorties médiatiques. Alors que ce qui s’est passé n’était pas de ma faute. Je n’y étais pour rien. Les travailleurs des Domaines n’oublieront jamais ses sales temps, ainsi que Hawa Diallo qui est devenue indésirable.

Quel est votre commentaire après un non-lieu et votre liberté ?

Je suis déjà à la retraite, je ne peux plus rien. Mais je ne pardonnerai jamais ceux qui m’ont fait ce sale coup ; ceux qui m’ont infligé ce mauvais traitement. Dieu est le seul juge. Mais entre temps, je passe tout mon temps à leur maudire. On n’occupe pas un poste pour l’éternité. L’administration est une continuité mais jamais, les travailleurs des Domaines n’ont vu un ministre aussi mauvais que Bathily qui passait tout son temps à critiquer ses anciens collaborateurs sur les ondes. Il était insupportable. Je n’ai jamais vu un ministre en train de dénigrer son personnel. Et jusque-là, Bathily aime son ancien poste, parce qu’il sait ce qu’il manigançait  dans ce ministère. En tout, cas je ne le pardonnerai pas dans la vie.

 

Arouna Traoré

Source : Nouveau Réveil

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