Très dépendante du gaz russe avant la guerre, l’Allemagne subit déjà la réduction des livraisons. Président de l’agence fédérale allemande des réseaux, Klaus Müller, appelle, dans une interview réalisée avec notre partenaire le groupe allemand die Funke, à des économies urgentes et massives de gaz pour anticiper au mieux un hiver qui s’annonce difficile.

 

Depuis que la Russie a réduit de 60 % ses livraisons à travers le pipeline Nord Stream 1 en juin, les craintes n’ont fait qu’augmenter en Allemagne : comment sortir au plus vite de la dépendance au gaz russe ?

Avant la guerre, environ 55 % des importations de gaz provenaient en effet de Russie. Le ministre de l’Économie, Robert Habeck, a lancé un nouveau niveau d’alerte ​et multiplie les déplacements pour trouver des solutions alternatives, notamment au Qatar. Face à ces réductions qu’il estime plus politiques ​que techniques, le ministre écologiste a même dû relancer la filière du charbon pour compenser les pertes.

Si les températures estivales aident grandement à réduire l’actuelle consommation de gaz (-34 % en mai 2022 par rapport à l’année précédente), Klaus Müller, directeur de l’agence fédérale allemande des réseaux énergie, s’inquiète pour l’hiver prochain dans un entretien réalisé par Jochen Gaugele et Tobias Kissling (Funke Mediengruppe) et traduit par notre correspondant Sébastien Vannier.

L’Allemagne craint de manquer de gaz cet hiver
L’Allemagne craint pour son approvisionnement en gaz, quelle est la situation ?

La situation est tendue, voire très tendue. Pendant des décennies, la Russie a toujours respecté les contrats en cours – peu importe l’état des relations entre nos pays. Depuis quelques jours, c’est différent. La Russie a réduit les livraisons de gaz vers l’Allemagne et l’Europe arrivant par l’artère centrale, Nord Stream 1, de 60 %. Des raisons techniques sont avancées, mais cela ne nous convainc pas.

À la mi-juillet, l’entreprise étatique russe Gazprom veut effectuer, comme chaque été, une maintenance de 10 jours sur Nord Stream. Pendant cette période, le gaz ne va pas être livré à l’Allemagne. Que va-t-il se passer ensuite ?

C’est exactement ce qui nous inquiète à l’agence des réseaux et c’est ce qui provoque la nervosité de milliers d’industries. Nous nous demandons si cette maintenance technique ne vas pas devenir une maintenance politique qui va durera plus longtemps. Je conseille à chacun d’écouter le discours…

 Source : Ouest-france.fr