Emmanuel Macron est prêt à attendre l’hiver prochain pour faire adopter la réforme des retraites. Pour autant, il a mis en garde: en cas de motion de censure votée par les oppositions, il “dissou[t] tout de suite” l’Assemblée nationale.

 

Emmanuel Macron temporise sur la méthode mais reste ferme sur le fond. Le président réunissait les poids lourds de sa marjorité ce mercredi pour définir la voie à suivre concernant la réforme des retraites. Et selon nos informations, celle-ci est reportée à janvier 2023 et ne devrait, en principe, pas passer dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS), comme cela était envisagé au départ par le chef de l’État.

Pendant les mois à venir des discussions vont s’engager avec les partenaires sociaux et politiques jusqu’à Noël. “On a fait le choix du dialogue et de la concertation”, a ainsi expliqué Élisabeth Borne ce jeudi, ajoutant souhaiter une “entrée en vigeur de la réforme à l’été 2023”.

Un choix qui pourrait toutefois être remis en question, si les discussions débouchaient sur une impasse.

“Si les concertations viraient au fiasco, on ne pourrait pas alors exclure un amendement au PLFSS”, confie un membre du gouvernement.

“Là-dessus, on ne bougera pas”

En choisissant cette stratégie, le président satisfait les poids lourds de sa majorité, en désaccord sur la marche à suivre. Car si François Bayrou, patron du MoDem, demandait du temps afin de parvenir à un accord avec les partenaires sociaux, Édouard Philippe voulait, lui, “décider vite”.

“Il y a une forme d’équilibre dans cette histoire. Le Béarnais n’est pas humilié, le Normand non plus et tous les réformistes de la majorité s’y retrouvent”, analysait ainsi un participant au dîner de l’Élysée.

Des concertations donc, mais pas sur tous les sujets pour autant. Si les questions de pénibilité ou des carrières longues pourront être discutées, Emmanuel Macron a réaffirmé vouloir porter l’âge légal de départ à la retraite à 64 ans d’ici 2027 puis à 65 ans en 2031. Le cœur de la réforme telle qu’il l’avait présentée pendant la campagne présidentielle n’a donc pas changé.

“Là-dessus, on ne bougera pas”, a commenté un membre du gouvernement présent au dîner.

“Je dissous tout de suite”

Dernier sujet abordé par le chef de l’État: la motion de censure. Les élus de la Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes) et ceux du Rassemblement national (RN) sont prêts à en voter une si le gouvernement passe en force sur son texte des retraites en utilisant le 49.3.

“S’il y a une motion de censure qui est votée, je dissous tout de suite” l’Assemblée nationale, a menacé Emmanuel Macron.

Une menace claire à l’égard des oppositions tentées de faire tomber le gouvernement via une alliance de circonstance. Car pour être adoptée, une motion de censure doit recueillir une majorité absolue des voix des députés de l’Assemblée, soit 289 suffrages. Dans la composition actuelle de l’hémicycle, il faudrait donc réunir les députés de la Nupes, du RN et du parti Les Républicains.

Source : BFMTV.com