INTERNATIONAL – Imaginons. L’escalade est à son comble, le dialogue est complètement rompu entre Pyongyang et Washington et les menaces de Kim Jong-Un d’attaquer l’île de Guam deviennent de plus en crédibles. Les États-Unis seraient alors face au dilemme suivant: frapper ou prendre le risque que la Corée du Nord lance ses missiles?

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 À en croire NBC News, qui cite des sources militaires, le Pentagone a sur la table plusieurs plans d’attaques, lesquels n’attendent pas forcément l’initiative nord-coréenne pour agir. Des frappes préventives ciblant les sites de missiles nord-coréens ont déjà été étudiées et testées. Celles-ci s’appuient sur le déploiement de bombardiers lourds B-1, dont six stationnent actuellement sur la base de Guam. Des sources militaires ont affirmé à NBC que des entraînements spécifiques ont été réalisés en ce sens et se sont même intensifiés depuis le mois de mai, la dernière manœuvre ayant eu lieu lundi 7 août.

L’objectif: couper l’herbe sous le pied de Kim Jong-Un en détruisant ses lanceurs de missiles. “De toutes les options militaires, le président Trump pourrait considérer qu’il s’agit de l’une des deux ou trois options à sa disposition qui comporte le moins de risques d’escalade”, affirme au média américain l’amiral James Stavridis. Toujours sur NBC, des sources du Pentagone affirment que les cibles ont déjà été sélectionnées, laissant ainsi entendre que ce plan était prêt à être enclenché.

Une action contre-productive?

Si, en théorie, ce plan répond à une certaine logique, une telle frappe préventive pourrait s’avérer autrement plus dangereuse, Pyongyang disposant de la justification parfaite pour dégainer son important stock d’armes conventionnelles en direction de Séoul.

“L’utilisation des bombardiers B-1 afin de larguer des missiles pour détruire les infrastructures nord-coréennes (et de fait faire aussi des victimes humaines) provoquerait une escalade”, met en garde l’amiral James Stavridis, qui estime que le dictateur nord-coréen déploierait “au minimum” ses missiles conventionnels sur la Corée du Sud.

“Toute frappe entraînerait des représailles militaires, notamment sur le voisin sud-coréen. La mégalopole de Séoul, plus de 20 millions d’habitants dont des dizaines de milliers de ressortissants étrangers, est à portée de tir de l’artillerie conventionnelle et des armes chimiques du Nord”, confirme auprès de L’Express, Antoine Bondaz, spécialiste de la péninsule à la Fondation pour la recherche stratégique.

Un plan de frappes qui conduirait à la mort “de dizaines voire de centaines de milliers de personnes, notamment des soldats américains déployés dans ces zones, et avant même qu’une arme nucléaire ne soit utilisée”, prédit le site américain Vox, qui rappelle que Pyongyang possède plus de 8000 lance-roquettes, canons d’artillerie et autres missiles moyenne et courte portée pouvant notamment atteindre Tokyo. Une capacité d’artillerie qui aurait de quoi faire tomber sur la Corée du Sud “un demi-million d’obus en une heure”, note la revue américaine The National Interest.

Guam vraiment menacée?

Ce n’est pas la première fois que la Corée du Nord menace de frapper cette île, où quelque 6000 militaires américains sont stationnés. Pour autant, Pyongyang a dévoilé un plan très précis pour atteindre Guam, ce qui est une première. Mais cette précision n’inquiète pas outre-mesure le gouverneur de l’île, Eddie Calvo.

“Nous sommes prêts à toute éventualité, plus que toute autre communauté américaine”, a-t-il déclaré, faisant également valoir que Guam était équipée d’un bouclier antimissiles sophistiqué (système THAAD) capable de détruire les missiles de courte et moyenne portée ainsi que les engins de portée intermédiaire, dans leur phase finale de vol.

Alors, Kim Jong-Un blufferait-il? Pour l’heure, le dictateur nord-coréen ne semble pas en mesure de menacer sérieusement les États-Unis et n’a pas vraiment l’intention de faire des dégâts à Guam, son but étant que le communauté internationale reconnaisse son droit à se doter de l’arme nucléaire. Engager un conflit ouvert avec les États-Unis n’est pas la meilleure façon d’y parvenir, d’autant que le rapport de force penche incontestablement du côté de Washington. Pour l’amiral James Stavridis, les menaces de frapper Guam sont d’ailleurs “l’aveu que Pyongyang n’a pas vraiment la capacité de frapper le continent américain”. Soit. Mais jusqu’à quand?

Par huffingtonpost.fr/ 10/08/2017 13:12 

 

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