Extrait de l’interview donné à West Africa Democracy Radio, Dakar, le 09 juillet 2021 par  Dr Moussa Sanogo, Ph. D, Docteur en Pharmacie, Docteur en Santé publique, Spécialiste en Gestion des Systèmes de Santé, diplômé de la Faculté de médecine de l’Université de Montréal au Canada.  Enseignant chercheur, il est auteur de plusieurs articles scientifiques sur la covid19, Co-auteur du livre sur la Santé Mondiale, “Regards croisés sur la covid-19 en Afrique” paru en mai 2021, à l’IRIS.

Cest Africa Democracy Radio : D’où est partie l’idée du livre ?

Dr Moussa Sanogo : L’idée du livre est partie du fait que presque 6 mois après l’éclatement de la pandémie à covid19, on ne pouvait lire que les productions scientifiques venant de l’Occident alors que nous étions en face d’un fléau mondial.

L’Afrique n’étant pas en marge par rapport aux conséquences, nous nous sommes mis ensemble au sein de l’Institut de Recherche Interdisplinaire au Sahel (IRIS) pour initier le projet. Un livre pour passer en revue les initiatives développées dans les pays africains pour contrer l’épidémie, leurs points forts et points faibles, et imaginer des stratégies adéquates selon les contextes afin de mutualiser nos moyens et nos connaissances pour des ripostes conformes à la menace.

Sous notre leadership, c’est une contribution de plusieurs spécialités et une interaction entre réalités épidémiologiques, réalités politico économiques et réactions sociales. Une analyse en santé mondiale réalisée par des chercheurs de plusieurs pays dont le Rwanda, le Sénégal, le Tchad, le Niger, le Mali, le Burkina Faso, etc.

Après un an de lutte contre la covid19 en sait-on un peu plus du virus et de ses variants ?

Pendant l’année 2020/2021, la recherche a connu des progrès inestimables et des avancées notables qui ont permis d’en savoir plus sur le virus, son génome, ses modes de transmission, le diagnostic et le traitement et surtout le développement de vaccins en un laps de temps. Ceci a permis, très vite, de mettre en exergue les variants en Angleterre, en Afrique du sud, au Brésil et en Inde, qualifiés plus tard de variant alpha, beta, gamma, delta, etc., pour lesquels des recherches sont en cours pour mieux les circonscrire.

La prise en chargé s’est vue améliorée, réduisant le taux de mortalité et de morbidité dans beaucoup de pays, notamment une majorité en Afrique au sud du Sahara. Il s’agit de l’intensification des campagnes de sensibilisation et d’information, en plus de l’accélération des mécanismes de coopération à travers le partage des données, le dépistage de masse, le port des masques et la formulation de stratégies en cours d’adaptation. Cependant, il reste beaucoup à faire, les épidémies suivent un mode cyclique, donc, des actions de grande envergure doivent être entreprises, notamment en ce qui concerne le renforcement des capacités des systèmes de santé en terme de veilles sanitaires et de surveillance épidémiologique, de compétences, de plateau technique adapté, de moyens de diagnostics et de traitements disponibles et accessibles.

Comment analysez-vous ou appréciez-vous la riposte en Afrique ? Points forts et points faibles ; le virus a montré les faiblesses de notre système de santé sanitaire, certainement vous en avez parlé dans votre livre, dites-nous-en plus ?

La riposte, initiée et en cours, s’est surtout déclinée dans les pays selon un plan d’action qui n’a pas répondu aux attentes. Mieux, elle a démontré la fragilité de nos systèmes de santé et leur faible capacité de résilience. Elle a permis de mettre à nu, sur le continent, les insuffisances au niveau des plateaux techniques inadaptés et vieillissants, des professionnels de santé peu formés pour anticiper sur de telles crises, le manque de financement et la mauvaise gestion de ce dernier, l’absence de vision politique claire et transparente, et parfois la confusion dans les rôles et responsabilités des acteurs à différents niveaux du système de santé.

Après analyse, que proposez-vous pour une sortie de crise durable et naturellement pour être capable à l’avenir de faire face à toutes autres épidémies ?

Nous devons évaluer les capacités de résilience de nos systèmes de santé selon un modèle propre aux pays africains et formuler des réponses adaptées dans le cadre de la collaboration inter-pays et inter-institutions de recherche. On espère qu’Africa CDC va apporter beaucoup de succès sur ce plan. Dans le livre, nous mettons l’accent sur l’utilisation optimale de nos ressources endogènes (compter sur nous-mêmes), nos expériences et sur le partage des connaissances comme un gage d’une plus grande stabilité et d’un développement durable des systèmes de santé en Afrique. Il faudra, par ailleurs, promouvoir de nouvelles compétences au niveau opérationnel et stratégique, tels que les spécialistes en biosécurité, biosûreté et en bio surveillance, entre autres. Il faudra assurer des formations initiales et continues dans ce sens.

Source: Aujourd’hui-Mali

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