ouvellement du Bureau du Réseau d’appui au processus électoral au Mali, Apem, tenue le mercredi 15 janvier 2014, un nouveau Bureau exécutif a été mis en place, dont le mandat s’étale sur 2014-2018. Cette assemblée a eu lieu au siège du Réseau, à ACI 2000 Hamdallaye. Nous avons rencontré le nouveau président, Dramane Diarra.

 

Ibrahim Sangho president Apem election legislative observateurs

Pourquoi cette assemblée générale en cette période précise ?

Dramane Diarra : Avant de répondre précisément à votre question, je voudrais quand même ne pas faire la genèse, mais tout simplement rappeler que le réseau Apem a été créé en novembre 1996. Il y a eu successivement deux bureaux de 1996 à 2001, à partir du 14 juillet 2001. Il y a eu le 3ème bureau, qui a été mis en place pour un mandat de 3 ans renouvelable. Je faisais partie de ce bureau présidé par le sieur Ibrahima Sangho, qui, depuis le 14 juillet 2001, soit aujourd’hui au moins 13 ans, existait sans aucun renouvellement de ses instances. Pour autant, il nous a été donné à maintes occasions de le rappeler au sieur Sangho, parce que dans tous les cas, c’est le président qui lance la convocation de l’assemblée générale. Donc pendant 13 longues années, il n’a pas fait de convocation d’assemblée générale.

 

 

Mais pourquoi vous n’avez pas démissionné parce que le bureau était dans l’illégalité ?

Je n’ai pas démissionné, parce que mandaté par mon association. Ce n’est pas ma personne qui comptait, l’association ne m’avait pas mandaté pour cela. Mais, on ne pouvait ainsi leur laisser le réseau, sans quoi on aurait failli à notre mission. C’est au lendemain des élections générales de 2013, présidentielle et législatives, que d’autres voix se sont levées pour que le Réseau, qui est une structure de veille du processus démocratique, notamment du processus électoral, puisse quand même se conformer aux minima des principes démocratiques en son sein. Parce que nous critiquons à longueur de journées les partis politiques. Nous critiquons à longueur de journées même l’Etat par rapport à la démocratie et à ses principes. Or, ces mêmes principes sont foulés au sol dans notre organisation, qui se trouve quand même être depuis quelques années une organisation phare de la société civile.

 

 

À cet égard, Ibrahima Sangho, président du bureau sortant, a convoqué le 24 décembre 2013, l’assemblée générale de renouvellement du bureau du Réseau Apem pour le 15 janvier 2014 à 17 heures, au siège du Réseau APEM. Il a précisé dans la convocation qu’il y aura une réunion préparatoire de cette assemblée, le 4 janvier 2014. Cependant, il faut préciser que dans le règlement intérieur du Réseau Apem, l’assemblée générale est convoquée 15 jours à l’avance. Donc, au regard de cette disposition du 24 décembre 2013 au 15 janvier 2014, le délai est respecté. Mais à l’occasion de la réunion préparatoire du 4 janvier 2014, qui ne peut être nullement une assemblée générale, Ibrahim Sangho a profité, avec quelques éléments et des structures membres, de cette réunion préparatoire pour mettre en place un prétendu bureau du réseau.

 

 

Est-ce que vous pris part à cette réunion ?

C’est lorsqu’ils ont voulu transformer l’ordre du jour de la réunion préparatoire, en substituant l’ordre du jour de l’assemblée générale du 15 janvier 2014 à la réunion préparatoire du 4 janvier 2014, que nous avons été une dizaine de structures à dénoncer cet état de fait, une violation flagrante des textes du Réseau. On ne pouvait pas l’admettre. Nos structures sont sorties purement et simplement de la salle. Donc, on était censé n’avoir pas été dans la salle ce jour-là. On a attendu tranquillement le mercredi 15 janvier 2014, pour aller répondre à la convocation de l’assemblée générale de renouvellement du président sortant du Réseau Apem, Ibrahima Sangho.

 

 

Donc vous avez tenu l’assemblée générale au siège du Réseau ?

Oui ! Nous étions au siège du Réseau, on était à l’heure à 17 heures et on a constaté par un huissier, effectivement, l’absence du président dans la salle de réunion du Réseau Apem, le mercredi 15 janvier 2014. On était allé répondre à la convocation de l’assemblée générale dûment convoquée par le président sortant même du Réseau. À l’arrivée sur place, le président était dans son bureau. La salle de l’assemblée, comme cela se passe en temps normal, était occupée par les représentants des structures membres du réseau. Nous avons essayé vainement de faire venir le président pour présider l’assemblée, parce que c’est lui qui dirige les travaux jusqu’à la démission du bureau sortant.

 

 

Lorsqu’on a tapé à sa porte pour lui faire part qu’on est venu répondre à la convocation  et que c’était l’heure de démarrer les opérations, il n’a pas voulu l’ouvrir. L’huissier a constaté l’absence du président à l’heure indiquée par lui-même dans sa convocation et c’est en ce moment-là que les opérations ont commencé.  Comme cela se doit, l’ordre du jour devait porter sur le rapport d’activités présenté par le président du réseau, ensuite le compte du trésorier. Ces absences ont été constatées et le seul membre du bureau qui était là en ma modeste personne, a dû prononcer la démission du bureau. Un présidium de l’assemblée de renouvellement a alors été constitué, qui a piloté la suite des opérations de l’assemblée et  a abouti à la mise en place d’un nouvel exécutif du Réseau Apem composé de 17 membres, en présence des coordinations régionales. Parce ce qu’il y a un membre des coordinations régionales qui fait partie du bureau.

 

 

Qui est le nouveau président de ce bureau exécutif ?

Je dois vous dire que les camarades ont voulu me donner la présidence de ce bureau. Je représente la fédération des associations panafricanistes du Mali, mon vice-président se trouve être le président de l’AMDH, le secrétaire général est de la CONAJEM, Ibrahim D Maïga, qui est magistrat actif ; son adjointe est une dame, la présidente de l’association des juristes maliennes AJM ; le trésorier est Boubacar Coulibaly de l’association pour le développement social. Dans ce bureau, il y a les représentants de la SAM, de la CAFO, de l’UNTM, pour ne citer que ceux-ci.

 

 

On peut dire maintenant qu’il y a bicéphalisme, parce que Sangho est aussi à la tête d’un autre bureau ?

Vous parlez de bicéphalisme, il n’y a pas de bicéphalisme parce qu’il n’y qu’une seule légalité, il n’y a pas deux légalités. J’en veux pour preuve, je ne vais pas emmener les gens dans les considérations juridico- judiciaires. Mais tout simplement dire que si un bureau sortant convoque une assemblée générale pour une date précise, le mercredi 15 janvier 2014, s’il y a quoi que ce soit avant cette assemblée générale-là, vous ne pouvez pas appeler ça un bureau. On ne peut pas parler de bicéphalisme. Il n’y a qu’un bureau : c’est le nôtre. Ce n’est pas nous qui avons convoqué cette assemblée générale, c’est le président sortant qui l’a convoquée à cette date-là, à une date précise et nous avons répondu. C’est lui qui n’était pas là. Donc, s’il faut demander à quelqu’un s’il y bicéphalisme, c’est bien à lui.

 

 

Qu’allez-vous faire pour convaincre les partenaires, alors qu’il y a une crise au sein du réseau APEM ?

Pour ne pas en arriver-là, nous avons tout fait, nous avons tout fait personnellement. J’étais membre du bureau depuis 13 ans. Individuellement, j’ai tout fait pour que l’on ne continue pas de violer les statuts, ma seule voix n’a pas porté. C’est pourquoi beaucoup d’autres voix se sont jointes à la mienne, et c’est certainement ce qui a amené ce renouvellement là. Mais à 48 heures de la réunion préparatoire du 4 janvier 2014, nous avons eu une réunion de bureau et à cette réunion j’étais de très bonne foi, comme d’habitude et j’ai expliqué les tenants  et les aboutissants de l’entreprise que le président et quelques camarades voulaient entamer. Je leur ai conseillé de ne pas offrir ce spectacle de renouvellement agité au niveau du réseau APEM, qui n’avait pas besoin de cela aujourd’hui. Parce que jusqu’à présent, personne n’a pu expliquer le comportement de ceux qui voulaient faire ce holdup.

 

 

On voit que toutes les associations ne sont pas avec vous. Est-ce que vous avez un message pour elles ?

Je crois qu’au-delà de nous tous, c’est le Réseau qui compte. Donc, ce n’est pas une querelle de telle association contre telle association.  C’est le Réseau Apem, c’est la famille commune de l’ensemble de ces structures-là. Il faut rappeler que sur la cinquantaine d’associations, selon la liste que détient le bureau sortant, il y a au moins une trentaine de structures qui n’existent même pas. Ça, c’est une donne ; ce n’est pas ça le combat. Ça, c’est déplacer le problème. Le Réseau Apem ne va pour autant stagner. Il va continuer à engranger des adhésions de la société civile. C’est une structure fédérative de la société civile qui va continuer avec cette vocation là. Ce qui est sûr, c’est qu’il y a plusieurs structures qui ont dénoncé la mise en place du prétendu bureau du 4 janvier 2014, telles que la CAFO, l’Association des juristes maliennes qui ont envoyé leur démission par écrit au président sortant du réseau, pour dire qu’elles ne peuvent cautionner l’illégalité. Nous n’entrons même pas dans ce schéma : si d’autres cherchent la confrontation, nous, nous sommes prêts pour que la légalité soit respectée, que les textes du réseau soient respectés. C’est ça notre leitmotiv : le respect des textes, le respect des statuts, le respect de l’éthique démocratique.

 

 

Mais Ibrahima Sangho détient le bureau et les documents du Réseau ?

Mais la sagesse commanderait à l’ancien président de tout simplement se départir des attributs du Réseau Apem, parce qu’il n’est plus investi en tant que personne répondant devant jouir de ces privilèges-là. Je crois qu’à cet égard, il lui a été conseillé amicalement de renoncer. Nous ne sommes pas des gens qui ont des dents contre des individus, loin s’en faut. Nous sommes restés sereins en leur conseillant, en écoutant la voix de la sagesse, de remettre purement et simplement aux clés, documents, mobiliers et tous les attributs du Réseau Apem au nouveau bureau du réseau APE.M. Parce que s’il ne le faisait pas, moi, je crois que ce ne sera ni à son honneur  ni à l’honneur du réseau, encore moins à l’honneur de la société civile malienne.

Kassim TRAORE 

 

SOURCE: Le Reporter

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