De passage à Bamako pour des raisons strictement privées, Tahirou Dembélé, ancien leader estudiantin au Mali et aujourd’hui chef d’entreprise en France a accepté d’accorder une de ses précieuses minutes à la Révélation. Le temps nécessaire d’aborder avec  lui les questions de l’heure qui agitent la gazette politique malienne. Politique, Sécurité, économie,  le chef  d’entreprise résidant en France dit tout.

La Révélation : Alors quel regard portez-vous aujourd’hui sur la scène politique malienne ?

  1. D : la scène politique aujourd’hui au Mali c’est la désolation et l’amertume. Les hommes politiques maliens posent souvent de très bons actes mais à mon avis il y a beaucoup de choses à corriger pour que la gouvernance au Mali aspire à la confiance. La situation politique actuelle du Mali impose une analyse lucide vu les enjeux et les perspectives qui pointent à l’horizon. Le Mali qui recouvre sa souveraineté et qui se bat pour l’intégrité de son territoire est un paysvictime de plusieurs traumatismes dont les plus pénibles sont issus de la classe politique actuelle. Il faut donc à tout prix que le régime qui sera issu des prochaines élections soit  de nature à restaurer l’autorité de l’Etat et à redresser la démocratie. La mauvaise gouvernance de ce premier mandat d’IBK qui a eu pour conséquencesla fracture du tissu social et  l’approfondissement des injustices sociales à tous égards, a creusé un énorme gouffre entre les préoccupations quotidiennes des populations et les discours politiques.

Certains observateurs estiment que le Mali ne se porte pas mieux qu’en 2013.Quel est votre avis ?

Le sentiment général qui se dégage est que le Mali ne se porte pas économiquement mieux, certains vont jusqu’à dire que le principal défi du régime en place ne semble même plus être celui de faire disparaître la pauvreté, mais plutôt de tenter de stopper la paupérisation croissante des populations.

L’actualité du pays c’est aussi la recrudescence des attaques qui suscite beaucoup de debat.Quelle lecture faites-vous de la situation sécuritaire du pays ?

Inquiétude et désolation. Je me demande même si les autorités maliennes ont conscience de la gravité de la situation. En une semaine plus de 70 morts dans des attaques au centre et au nord du pays. Je pense que les autorités maliennes, particulièrement ceux en charge de la sécurité ont failli. Donc je pense que  la stabilité du pays n’occupe pas une place de choix dans la gouvernance du régime actuel. Visiblement, le mandat d’Ibrahim Boubacar Kéïta s’annonce comme étant la période la plus sombre et la plus sanglante de l’histoire du Mali. Depuis son arrivée à la tête du pays, en septembre 2013, les années se succèdent, plus meurtrières les unes que les autres. Si le nord du Mali était la principale préoccupation de la situation sécuritaire, même après sa libération par les forces françaises, aujourd’hui les attaques se sont déplacées vers le centre, la région de Mopti, à laquelle il faut associer celle de Ségou et de Sikasso. L’année 2017, donc ces 45 derniers jours, a déjà fait entre 100 et 200 victimes civiles et militaires.

Selon vous que faut-il faire pour qu’il y ait l’alternance en 2018 ?

Il ne serait pas exagéré d’affirmer que le régime actuel a échoué dans sa tentative demettre le Mali dans la bonne direction. Tous les secteurs socio-économiques connaissent un dépérissement et en quatre ans, l’Etat a eu de la peine à redresser la barre d’où ce sentiment de colère généralisé et surtout une prise de conscience des jeunes. Le débat doit plutôt être centré sur les programmes des différents candidats, sur leur capacité à gouverner, sur leurs carnets d’audience et surtout sur la qualité des ressources humaines qui les entourent. Le changement générationnel s’impose ! La vielle garde a échoué et il faut une nouvelle génération.

Votre mot de la fin !

Je lance  un appel au sursaut national face à la situation sécuritaire, l’unité nationale et le respect de l’intégrité territoriale du Mali. Il faut également un rassemblement patriotique de tous les fils du pays afin de créer un sursaut national car  nous devons léguer à nos enfants et petits fils, un pays fort et uni. Nous avons la force nécessaire pour nous relever  et retenir que c’est de la racine que la sève monte. Personne ne nous libérera de cette situation puisque les autres ont leurs propres problèmes. Donc chers compatriotes, ressaisissons-nous, donnons-nous la main car c’est dans l’union que nous pourrons remonter la pente.

Propos recueillis par La Révélation

 

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