C’est à travers une marche que la Fédération des organisations de résistance civile (FORC-G) de Gao a décidé d’interpeller les autorités de transition et les partenaires du pays, notamment la mission de l’ONU (Minusma) et les forces françaises de l’opération Barkhane, quant à la montée de l’insécurité à Gao et leur implication dans la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation.

 

Illustration parfaite cette insécurité ambiante, dans la nuit du mardi 26 mars, 4 hommes armés ont fait irruption dans une clinique privée en plein cœur de la ville de Gao. Ils ont braqué tous ceux qui se trouvaient à l’intérieur, y compris les patients.

Presque tous les jours, de paisibles populations dans la région sont victimes de braquages, d’enlèvements et de vols de bétail, d’assassinats ciblés, de prélèvement de la zakat, notamment de la part des groupes extrémistes violents. Les coupables ne sont jamais arrêtés et traduits devant les juridictions compétentes. Dans certaines zones, des populations sont tous les jours obligées de fuir, abandonnant maison et biens. Les infrastructures sociales de bases, qui n’ont pas été saccagées, sont fermées.

« Trop c’est trop »

Ce mercredi 27 janvier, toutes les couches sociales de Gao se sont donné rendez-vous au niveau du rond-point des martyrs de Gao, à l’appel de Fédération des organisations de la résistance civile de Gao (FORC-G), pour dire « trop c’est trop ». « C’est tout Gao dans sa diversité qui est sortie aujourd’hui, affirme Rhissa Ag Mohamed, jeune entrepreneur de Gao. Il y a les Kel Tamasheq, les Arabes, les Songhay, les Peuls. C’est l’ensemble des communautés qui se sont mobilisées pour dire leur ras-le-bol face à l’insécurité et dire aux autorités de prendre des mesures pour sécuriser les populations et leurs biens. Tous les jours, nous sommes confrontés au banditisme. »

La marche a débuté à 8h au monument des martyrs pour se diriger vers le Gouvernorat de Gao où une déclaration a été lue et remise au Gouverneur, le général de brigade Moussa Traoré. Pour Ousmane Amadou, président de la FORC-G, la marche visait à « dénoncer la situation sécuritaire dans la région de Gao et l’implication des jeunes résistants dans les structures de mise en œuvre de l’accord pour la paix et la réconciliation ». Il a rappelé que la FORC-G, qui réunit les organisations de la société civile de Gao, a rappelé au autorités leur engagement à respecter les différents accords qui garantissaient l’implication de l’organisation dans le processus de mise en œuvre de l’accord.

« Nous sommes restés sur notre faim » 

En 2013, après la libération des régions du Nord, « FORC-G a récupéré 25 000 armes de guerre remises aux Forces armées maliennes et à Serval à l’époque », confie Halidou Maliki, secrétaire général. Avant d’ajouter : « Après, à la suite des événements du 12 juillet 2016, nous avons signé des déclarations conjointes et des accords avec l’État qui garantissaient notre implication dans le processus de mise en œuvre de l’Accord. Mais, nous sommes restés sur notre faim ».

Dans la déclaration remise au Gouverneur, les manifestants ont réclamé le redéploiement de l’armée et de ses partenaires sur tout le territoire, la réhabilitation de la route Gao-Sevaré. Le Gouverneur Traoré, qui s’est réjoui du climat d’apaisement dans lequel la marche s’est déroulée, a appelé les manifestants au dialogue : « Je vous demande de donner toujours la chance à l’apaisement, au dialogue et aux négociations. Nous avons pris acte des revendications et elles seront remises à qui de droit. »

Les manifestants ont promis d’autres actions au cas où les revendications ne rencontreraient pas d’oreilles attentives dans les hautes sphères de l’État.

 Source : Benbere

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C’est à travers une marche que la Fédération des organisations de résistance civile (FORC-G) de Gao a décidé d’interpeller les autorités de transition et les partenaires du pays, notamment la mission de l’ONU (Minusma) et les forces françaises de l’opération Barkhane, quant à la montée de l’insécurité à Gao...