Sur demande du Premier ministre, l’Assemblée nationale  devait voter le mardi dernier, en plénière, la levée de l’immunité parlementaire de dix députés dont 6 chefs rebelles. Contre toute attente, le gouvernement a demandé aux représentants du peuple le renvoi du vote à la prochaine séance. Cette démarche d’impunité est-elle la conséquence des pressions des Occidentaux qui exigent l’abandon des poursuites contre les leaders du Mnla ?

 

 

Les leaders du Mnla, responsables de la déstabilisation du nord du Mali

Les leaders du Mnla, responsables de la déstabilisation du nord du Mali

Lors de la session parlementaire qui devait examiner la levée de l’immunité parlementaire de certains députés afin qu’ils répondent devant la justice de graves accusations portées contre eux, le gouvernement représenté, par la ministre de l’emploi et de la formation professionnelle, Mme Diallo Dédia Mahamane Kattra, assurant l’intérim de son homologue de la justice, a demandé à l’Assemblée nationale d’ajourner l’examen de ces dossiers jusqu’à la prochaine plénière. «Je souhaiterais que le vote soit renvoyé à la prochaine séance de l’Assemblée nationale pour permettre  au ministre de la justice lui-même de défendre le dossier.  En tant que deuxième intérimaire en son absence, je n’ai pris connaissance du dossier que ce matin», a-t-elle argumenté. Mais cet argument ne tient pas dans un pays où l’Etat est une continuité. Est-ce le ministre de la justice qui n’a pas transmis à temps le dossier ou n’est-ce pas une manœuvre pour protéger des députés accusés des pires crimes ? On pourrait répondre oui aux deux questions. En effet, de source proche de la commission ad-hoc de l’Assemblée nationale en charge du dossier de levée  de l’immunité parlementaire, le gouvernement de la transition voudrait bloquer le processus pour répondre à une exigence de la communauté internationale de renoncer à la poursuite judiciaire des députés rebelles terroristes du Mnla, d’Ansar Eddine, du Mujao et d’Aqmi.

 

 

Ce renvoi traduit  la volonté cachée du gouvernement de renoncer à la poursuite de ces députés rebelles sous la pression  de la communauté internationale. On serait encore alors dans le cas de compromissions du gouvernement avec des personnes qui ont sur la main le sang de nombreux Maliens.

 

 

Parce qu’au cas où ce dossier n’est pas examiné ce jeudi matin,  il ne pourra l’être qu’à la prochaine session  parlementaire  en octobre 2013 après l’élection du nouveau président de la République.

Prenant acte de cette demande de report, le président de la commission, Me Kassoum Tapo, a rappelé à la ministre que c’est le gouvernement qui est le principal protagoniste dans cette affaire en tant que demandeur. «En ce qui concerne la commission, nous avons fini notre rapport et nous sommes prêts pour son examen. La demande de renvoi sera quand même évoquée ce jeudi en plénière», a-t-il réagi

 

 

Cette pression officieuse de  la communauté internationale est contraire à l’accord de Ouagadougou signé entre le gouvernement et les groupes armés, le 18 juin à Ouagadougou, dont l’article 18 demande la mise en place d’une commission d’enquête pour enquêter sur les crimes de guerre et autres violations des droits de l’homme durant la période de conflit au Nord du Mali. Mais il se trouve que bien avant la signature de cet accord, la justice malienne, témoignages et présomptions en main, avait lancé des mandats d’arrêt internationaux contre de nombreux responsables des groupes terroristes rebelles qui ont occupé le nord du pays d’avril 2012 à janvier 2013, pour le cas du Mnla, à janvier 2013 concernant les autres. Bien que l’accord de Ouagadougou ne remet pas en cause les poursuites contre les accusés, beaucoup en sont venus à douter de la volonté de résister aux desideratas de la communauté internationale qui veut calmer le jeu et imposer l’impunité. Notamment certains pays comme la France, la Suisse, le Burkina Faso ou la Mauritanie qui accueillent régulièrement les rebelles terroristes, en faisant fi des poursuites engagées par la justice malienne.

 

C’est une nouvelle humiliation pour le peuple malien. Le gouvernement cèderait à la pression des rebelles et s’apprêterait à leur fournir la garantie de la suspension des mandats d’arrêts contre les députés rebelles du Mnla, donc à leur assurer l’impunité. Il s’agit également d’Hamada Ag Bibi, Alghabass Ag Intalla, Deity Ag Sidimou, Mohamed Ag Intalla, Atta Ag Houd et Ibrahim Ag Mohamed Assaleh, tous députés à l’Assemblée nationale du Mali ayant regagné la rébellion touarègue de janvier 2012. Ils sont connus et localisés, l’un deux est même signataire de l’accord de la honte à Ouagadougou. Si les autorités s’avisent de les soustraire à l’action de la justice parce qu’elles n’ont ni légitimité ni légalité ni autorité, le peuple s’empressera d’aller voter, le 28 juillet, afin de doter le pays d’institutions qui ne se laisseront pas faire. En attendant, c’est aux membres de l’Assemblée nationale de prendre toute leurs responsabilités afin de ne pas faire, comme le gouvernement, dans les compromissions, comme cela est déjà arrivé dans la capitale burkinabé. Mais aussi, bien auparavant, à Tamanrasset, Sévaré et Alger.

 

Nouhoum DICKO

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Sur demande du Premier ministre, l’Assemblée nationale  devait voter le mardi dernier, en plénière, la levée de l’immunité parlementaire de dix députés dont 6 chefs rebelles. Contre toute attente, le gouvernement a demandé aux représentants du peuple le renvoi du vote à la prochaine séance. Cette démarche d’impunité est-elle...