En 2015, les autorités maliennes et les groupes indépendantistes, essentiellement touareg et réunis au sein de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), signèrent un accord de paix visant garantir l’unité et l’intégrité territoriale du Mali.

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Dans le même temps, différents groupes jihadistes ont continué leur action. C’est le cas d’al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), désormais allié à al-Mourabitoune, d’Ansar Dine et de nouvelles formations, comme le Front de libération du Macina (FLM).

En 2013, AQMI, le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), qui a depuis rejoint al-Mourabitoune, et Ansar Dine furent chassés des positions qu’ils occupaient dans le nord du Mali par l’opération Serval.

Sentant le vent tourner, une partie d’Ansar Dine, l’organisation dirigée par Iyad ag Ghali, vira casaque. Ce qui donna lieu à la création du Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA).

Cette formation, dont le chef militaire n’est autre que Cheikh Ag Aoussa, ancien numéro deux d’Ansar Dine, a ensuite rejoint Coordination des mouvements de l’Azawad, aux côtés du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA).

Seulement, et comme l’on pouvait s’en douter, le HCUA n’est pas franc du collier. Et il complique même grandement le retour à la stabilité dans le nord du Mali, en particulier à Kidal et dans l’Adrar des Ifoghas. Et, visiblement, au ministère français de la Défense, on perd patience.

« Ce qui nous préoccupe et commence à nous agacer franchement, c’est le double jeu du HCUA », a-t-on confié dans l’entourage du ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian. « C’est un des groupes signataires des accords d’Alger mais en même temps, clairement, il n’hésite pas à afficher une forme de proximité avec Iyad Ag Ghali et Ansar Dine, que ce soit une proximité sur le fond ou d’hommes », a-t-on ajouté, selon l’AFP.

« Si on devait tolérer trop longtemps ce type de double jeu, par définition aller vers une solution sera compliqué », a insisté la même source.

Un exemple de ce double jeu a récemment été donné par la lettre TTU, qui a cité le cas d’Ahmada ag Bibi, actuellement député du HCUA d’Abebeïra et ancien cadre d’Ansar Dine. Son nom a été cité dans l’affaire des otages d’Arlit, dans laquelle il aurait proposé sa médiation.

« Il n’a de cesse de proposer ses services de médiateur et d’informateur à l’ambassade de France, alors même qu’il cherche à imposer la charia dans l’Adrar des Ifoghas », écrit, à son sujet TTU. Quant à sa soeur, Aminatou Walett Bibi, qui se dit pacifiste et anti-islamiste, elle est à l’origine de manifestations organisées dans le nord du Mali contre la France et la Mission des Nations unies (MINUSMA).

Pour le moment, la force Barkhane, qui a pris le relai de Serval, a mutiplié les opérations de contrôle de zone dans la région de Kidal, où il est question qu’elle renforce ses effectifs, en les prélevant à Gao. Car, a priori, il n’est pas question, du moins pour le moment, d’aller plus loin. « Globalement, les effectifs de l’opération française (3.500 personnels au Sahel) restent inchangés », a-t-on indiqué au ministère de la Défense.

 

Source: Opex360.com

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En 2015, les autorités maliennes et les groupes indépendantistes, essentiellement touareg et réunis au sein de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), signèrent un accord de paix visant garantir l’unité et l’intégrité territoriale du Mali. Dans le même temps, différents groupes jihadistes ont continué leur action. C’est le cas...