Les maliens ont les nerfs à vif, ça c’est une certitude. Ils ont de la peine à avaler la couleuvre que la France veut leur imposer, à savoir négocier avec le MNLA, ramener l’administration avant l’armée à  Kidal. En tout cas les derniers développements de la situation prouvent à suffisance que les maliens ont gros sur le cœur et que ces couleuvres ne passeront jamais. Le front social est en ébullition.

 

Soldats du MNLA à Kidal le 4 février 2013. REUTERS

Soldats du MNLA à Kidal le 4 février 2013.
REUTERS

Négocier avec le MNLA d’accord mais quoi ? Telle semble être la question principale à laquelle ceux qui nous imposent le dialogue doivent répondre dans la mesure où le Mnla n’est pas un enfant de cœur; ça c’est prouvé. Il n’a ni renoncé à ses prétentions, ni à son projet séparatiste du pays encore moins déposé les armes. En plus, il n’a jamais montré aucun remords pour ses actions n’ayant conduit le pays où il est aujourd’hui. Il continue de défier le peuple malien avec arrogance et nous nargue sous le nez et la barbe des autorités de la République. C’est un affront pour le Mali et les maliens.

 

Négocier avec ces gens là semble être difficile pour les maliens. Comment négocier avec des gens sous le coup d’un mandat d’arrêt émis par la justice malienne. Mêmes ceux qui défendent cette thèse ont du mal à se convaincre de sa faisabilité.

 

Le malien est vraiment patient; ça aussi c’est prouvé, mais jusqu’à quel point ? On ne tardera pas à le savoir. Après tout ce que ces gens ont fait subir aux populations maliennes, surtout celles du nord, négocier est vraiment au-dessus de nos forces.

 

Déjà certains commencent à monter au front; je pense à Adama Diarra du conseil national de la société civile, à certains mouvements de jeunes ou des partis politiques, tels que le CNAS Faso Héré, qui refuseraient d’aller aux élections sans la libération de Kidal. Mais celui qu’il faut prendre vraiment au sérieux, c’est Siaka Diakité de l’UNTM qui a annoncé le mardi dernier que l’Administration ne sera jamais à Kidal sans l’armée. Une façon de répondre au Président Hollande qui, dans son hypothèse de libération de Kidal, préconise l’administration d’abord ensuite les élections.

 

Le président de la République par Intérim semble confirmer l’hypothèse du président Français, mais sans compter avec la détermination des maliens qui n’ont rien compris de ce qui se passe, du moins dans leur majorité.

 

Justement, Kidal fait partie du Mali ou pas ?les maliens veulent le savoir, dans la mesure où l’armée malienne n’a pas encore foulé le sol de l’Adrar des Ifogas. Armée qu’on a annoncée tantôt à 20 km de Kidal tantôt aux alentours et jusque-là rien. Il semblerait que la France impose son véto, et les autorités de Bamako jouent à cache-cache avec le peuple en jouant avec leurs nerfs.

 

Le tout puissant ministre de la défense n’a-t-il pas annoncé l’arrivée à Kidal voilà un mois lors de son dernier passage face aux élus de la nation ?

 

Aujourd’hui, le peuple veut avoir des réponses que Bamako n’est pas capable de lui donner sur le sort de Kidal. Même si le ministre des Affaires Etrangères dans l’une de ses sorties hasardeuses, affirme que c’est stratégique, le peuple a du mal à le à croire et dénonce ses états sur une question qui relève exclusivement de la sécurité intérieure et de la défense nationale. Le ministre des affaires étrangères n’y a pas voix au chapitre, au risque d’internationaliser au détriment du Mali et au profit du MNLA une question strictement nationale. C’est vrai que pédant ministre Tiéman Coulibaly se tourne les pouces depuis que Laurent Fabius a pris en main la diplomatie malienne, mais ce n’est pas une raison pour empiéter sur les attributions de ses collègues de l’Administration territoriale, de la Sécurité nationale, de la Défense et de la Justice, surtout pour un dossier aussi délicat que celui de Kidal.

 

La situation à Kidal préoccupe les maliens, Bamako se doit de communiquer.

Quant à la France, elle nous a certes libéré du Mujao, d’Ançar dine, de Boko Haram et autres mais, de là à nous imposer un dialogue avec les bandits armés, apatrides, qui ont massacré des centaines de soldats maliens et qui ont jeté hors de chez eux des centaines de milliers de populations, c’est simplement inamical et inélégant.

 

Négocier avec ces gens sans qu’ils acceptent de se présenter devant le juge est au-dessus de nos moyens. Le vaillant peuple malien est très patient, mais quand son honneur est foulé au sol, il sait donner de la voix. Il a déjà eu à le faire par le passé, il recommencera si on le lui impose.

 

Qu’à cela ne tienne, la mise en place de la commission dialogue et réconciliation est une chose, la nomination de « Monsieur MNLA » Tiébilé Dramé  en est une autre, mais les  attentes du peuple sont tout autre.

 

Il n’y aura ni autonomie spéciale pour Kidal, ni dialogue possible sans que la vérité et toute la vérité ne soit dite autour de Kidal et que les responsables de nos malheurs ne soient devant le juge et qu’ils répondent de leurs actes. Après on négocie un retour définitif de la paix dans le septentrion malien.

D’ici là, le peuple observe et subit jusqu’au seuil de la limite de ses nerfs.

Harber Maïga

MaliwebNord-Mali
Les maliens ont les nerfs à vif, ça c’est une certitude. Ils ont de la peine à avaler la couleuvre que la France veut leur imposer, à savoir négocier avec le MNLA, ramener l’administration avant l’armée à  Kidal. En tout cas les derniers développements de la situation prouvent à...