En octobre dernier, le Conseil de sécurité de l’ONU avait brandi la menace de sanction contre les acteurs de blocage de l’Accord pour la paix « si après les 6 mois aucun progrès n’est réalisé ». La sanction n’aura certainement pas lieu puisque des « progrès ont été constatés dans la mise en œuvre de l’Accord, depuis l’élection présidentielle tenue en juillet et août 2018. Globalement, le processus de paix a bénéficié d’un regain d’attention de la part des parties et la confiance s’est renforcée entre les signataires ». C’est en tout cas, le constat dressé par le secrétaire général des Nations unies dans dernier rapport semestriel sur la situation du Mali.

Le rapport du secrétaire général de l’ONU sur la situation du Mali est tombé. Il porte entre autres sur la situation sécuritaire, la mise en œuvre de réformes institutionnelles et administratives, la mise en place et le fonctionnement des autorités intérimaires, le processus de DDR…

Le DDR

Cette dynamique favorable a produit un certain nombre des résultats concrets. Ainsi, à l’échelon des districts, des administrations provisoires ont été mises en place dans les régions de Kidal, de Ménaka et de Tombouctou où plus de 1 400 ex-combattants ont déposé les armes.

Selon le secrétaire général de l’ONU, en dépit des difficultés multiples que rencontre le Mali et dont beaucoup n’ont pas encore été abordées, il y a lieu de ‘’me féliciter’ des progrès réalisés par le Gouvernement et les groupes armés signataires, depuis l’investiture du Président Keïta, le 4 septembre 2018.

« Les six derniers mois ont enregistré davantage d’avancées que le reste de la période écoulée depuis la signature de l’Accord en 2015 », a fait constater Antonio Guterres.

Le référendum national sur la modification de la Constitution est considéré comme un jalon incontournable sur la voie des grandes réformes institutionnelles et administratives. Sur ce sujet, le 14 janvier 2019, le Gouvernement a créé un comité d’experts sur la réforme constitutionnelle et nommé ses 11 membres, dont 2 femmes. Suite aux critiques émises par l’opposition politique, le Gouvernement a annoncé qu’un Cadre de consultation national sur la réforme constitutionnelle, regroupant les groupes signataires, les partis politiques et la société civile, avait été créé le 17 janvier.

Le lancement du processus accéléré de désarmement, de démobilisation, de réintégration et d’intégration à Gao, Kidal et Tombouctou, effectué le 6 novembre 2018, a constitué une première phase importante du processus général de réforme du secteur de la sécurité, a indiqué le secrétaire général. Il devrait permettre aux membres éligibles du personnel du Mécanisme opérationnel de coordination qui se sont inscrits et ont déposé les armes d’intégrer l’armée nationale. Il a toutefois tenu à préciser que le processus de désarmement, de démobilisation, de réintégration et d’intégration ne peut réussir en l’absence de progrès substantiels dans la mise en œuvre des autres mesures clefs de l’Accord et de la réforme du secteur de la sécurité. D’autant plus que les représentants des groupes signataires ont réaffirmé que leurs combattants ne pourraient abandonner définitivement les armes que si des avancées étaient enregistrées sur le plan politique. Ainsi, le référendum national sur la modification de la Constitution est considéré comme un jalon incontournable sur la voie des grandes réformes institutionnelles et administratives.

Administrations intérimaires

Désignées le 14 octobre 2016 par décret présidentiel, toutes les administrations régionales intérimaires sont désormais opérationnelles et s’attachent à fournir à la population certains services de base, par exemple en entreprenant la réalisation d’un centre de santé à Ménaka, ainsi que de 9 écoles primaires et de 24 forages dans la région de Taoudenni, a fait constater le secrétaire général dans son rapport. Malgré les progrès accomplis dans la mise en place des administrations intérimaires et l’augmentation des fonds alloués à celles-ci au cours de l’année écoulée, l’efficacité de ces autorités continue d’être entravée par des difficultés techniques et logistiques et par le manque d’infrastructures.

Il faut noter que ces autorités intérimaires ont même joué un rôle essentiel dans l’organisation et la tenue de l’élection présidentielle, en contribuant à la formation des électeurs et à la distribution des cartes d’électeur et en aidant les autorités locales à mener des opérations liées aux élections, telles que le déploiement et la collecte du matériel électoral. Elles ont aussi collaboré étroitement avec les équipes régionales d’appui à la réconciliation pour prévenir les violences liées aux élections en effectuant un travail de sensibilisation au processus électoral auprès des habitants de Gao, de Ménaka et de Tombouctou. Au 26 février 2019, le montant des fonds alloués par le Gouvernement aux autorités intérimaires (au niveau des régions et des districts) s’élevait à 19,5 millions de dollars. Il visait à couvrir les frais de fonctionnement (2,15 millions de dollars), les dépenses d’équipement (10 millions de dollars) et les coûts liés à la mise en œuvre de projets clés prévus dans les plans d’action prioritaires des différentes administrations concernées (7,5 millions de dollars), lesquels ont été adoptés à Gao, Ménaka, Taoudenni et Tombouctou, en septembre 2017, et à Kidal en octobre 2017.

Pacte pour la paix

En acceptant de signer le « Pacte pour la paix » en octobre 2018, les différentes parties du processus de paix au Mali s’engageaient à accélérer les travaux pour la mise en œuvre de l’accord de paix. Aux termes des dispositions du Pacte, le Gouvernement s’engageait à dresser le bilan de la mise en œuvre de la feuille de route du 22 mars 2018, qui a recensé des mesures prioritaires visant à accélérer le processus de paix. Sur les 21 mesures figurant dans la feuille de route, 9 avaient été appliquées au 28 février 2019, notamment la mise en place du Mécanisme opérationnel de coordination à Tombouctou et à Kidal, le lancement du programme de désarmement, de démobilisation et de réintégration et les consultations relatives à la restructuration de l’administration et à la réforme de la Constitution. Huit autres mesures sont en cours d’application. Pour la suite, un accord devra être trouvé sur le calendrier d’exécution des mesures restantes et sur l’établissement de délais réalistes.

Par Sidi DAO

Source: info-matin.

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En octobre dernier, le Conseil de sécurité de l’ONU avait brandi la menace de sanction contre les acteurs de blocage de l’Accord pour la paix « si après les 6 mois aucun progrès n’est réalisé ». La sanction n’aura certainement pas lieu puisque des « progrès ont été constatés dans la mise...