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Des habitants de Gao, la plus grande ville du nord du Mali, ont marché lundi pour réclamer le départ des autorités régionales notamment le gouverneur, les chefs de la police et de la gendarmerie ainsi que le directeur de l’ hôpital, a-t-on appris lundi auprès des organisateurs et d’un journaliste local.

Le porte-parole de Toutes les Associations et tous les mouvements de Gao et superviseur des patrouilleurs (un groupe de jeunes de la ville), Moussa Boureima Yoro, a affirmé que suite à leurs manifestations de jeudi dernier, le délai de 72 heures a expiré sans que leurs doléances soient satisfaites.

“C’est pourquoi, nous avons marché aujourd’ hui (lundi) du Rond-point du 3è quartier (Faran Djirey) au gouvernorat en passant par le commissariat de police, l’ hôpital régional et la gendarmerie, en remettant une déclaration à chacune des étapes”, a dit M. Yoro.

Les marcheurs “demandent le départ des responsables de la santé pour avoir mis fin aux fonctions des bénévoles qui travaillaient à l’ hôpital pendant l’ occupation de notre ville en 2012 par les jihadistes (islamistes). Au lieu de les remercier (virer), ils pouvaient les maintenir dans leurs fonctions (..)”, a expliqué M. Yoro.

M; Yoro et ses camarades ont “dénoncé les rackets des policiers et gendarmes” et “les récents tirs d’ obus des islamistes sur Gao” .

“Sans carte d’ identité nationale, même si on présente sa carte NINA (carte d’ électeur), les policiers et gendarmes exigent de payer 1000F CFA (..). Tant que nos doléances ne sont pas satisfaites, nous allons continuer à marcher, à manifester, à boycotter les autorités régionales, les élections législatives à venir”.

En tout, les manifestants demandent le départ de cinq responsables : “le gouverneur, le directeur régional de la santé, celui de l’ hôpital ainsi que les chefs de la police et de gendarmerie”.

Joint par Xinhua, un journaliste de Gao qui a suivi la marche, a indiqué que les manifestants ont fait un “parcours d’ environ 2,5 Km en compagnie du président de l’ Association malienne des droits de l’ Homme (AMDH), Ibrahim Harouna Touré, qui a été reçu avec les marcheurs par le directeur de cabinet du gouverneur”.

Pendant la marche, il y avait une “journée ville morte à Gao, les boutiques étaient fermées”, a dit le journaliste.

“La marche n’ a été encadrée par les forces de sécurité. Cependant, je voyais des éléments de l’ armée malienne, de la MINUSMA au bout des rues. Au gouvernorat, il y avait l’ Opération Serval (forces françaises). C’ était certainement pour éviter d’ éventuels débordements. Mais, heureusement, tout s’ est bien passé”, a expliqué le même journaliste, précisant qu’ il y avait “au minimum 1 000 manifestants”. Fin

Source: Xinhua