«Mon premier sentiment est la fierté. Nos troupes ont fait preuve de réactivité, de courage, de sang-froid et de don de soi», a lancé jeudi le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian aux militaires français réunis sur la base de l’aéroport international de Gao au Mali. Devant les soldats, il a rendu hommage au brigadier-chef Wilfried Pingaud, membre du 68e Régiment d’artillerie d’Afrique de La Valbonne, près de Lyon, le quatrième combattant français tué depuis le déclenchement de l’opération «Serval» le 11 janvier. «Nous sommes intervenus pour nous porter au secours d’un pays en difficulté, mais aussi pour assurer notre propre sécurité en France», a-t-il affirmé.MALI-FRANCE-CONFLICT

«La mission n’est pas finie»

Jeudi matin, le ministre s’est rendu dans un premier temps dans la vallée de l’Amettetaï, au cœur du massif montagneux des Iforas, considéré comme «le sanctuaire des groupes terroristes» et théâtre des «combats les plus durs», selon Paris. Depuis l’aéroport de Tessalit, Jean-Yves Le Drian s’est adressé aux militaires français, selon la Défense. «Sur vous, ainsi que sur nos frères d’arme tchadiens, dont je sais les souffrances et dont je salue le grand courage, repose désormais une grande part du succès de l’opération “Serval”» a-t-il déclaré

«La mission n’est pas finie», a par ailleurs affirmé le ministre de la Défense. «C’est après que progressivement nous nous retirerons pour laisser la place à la mission africaine sous l’égide des Nations unies», a-t-il précisé.

Fait nouveau, Paris a fait ses premiers prisonniers depuis le début de l’opération «Serval» dans le massif des Iforas, que les unités franco-tchadiennes s’efforcent de fouiller méthodiquement. «Un certain nombre de terroristes se sont rendus à nos forces, une demi-douzaine environ», a dit le colonel Thierry Burkhard, porte-parole de l’état-major des armées, à Paris. Il n’a pas précisé le statut des prisonniers. Le brigadier-chef Wilfried Pingaud, 37 ans, a pour sa part été tué alors qu’il participait à une opération à une centaine de kilomètres de Gao. Une dizaine d’islamistes armés ont été «neutralisés» lors de ces affrontements.

Poches de résistances

Les engagements sont d’une extrême intensité dans le nord du pays. Dans la région de l’Adrar des Iforas, les djihadistes ne tiennent plus de grandes bases mais tentent de résister aux avancées des armées tchadiennes et françaises. Dans la région de Gao, des poches de résistance du Mouvement pour l’unité du jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) sont toujours actives. Et à Kidal, la capitale des Touaregs, le Mouvement de libération national de l’Azawad (MNLA) a du mal à tenir la ville qui est sous la pression des islamistes touaregs de Ansar Dine.

Par ailleurs, un djihadiste français qui avait été arrêté au Mali en novembre près de Mopti, a été expulsé mardi vers la France. Ibrahim Aziz Ouattara, qui possède aussi la nationalité malienne, est soupçonné d’avoir cherché à rejoindre des groupes djihadistes.

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«Mon premier sentiment est la fierté. Nos troupes ont fait preuve de réactivité, de courage, de sang-froid et de don de soi», a lancé jeudi le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian aux militaires français réunis sur la base de l'aéroport international de Gao au Mali. Devant les soldats, il a...