En rencontrant la presse au cours de sa visite au Mali, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a déclaré vendredi que le Mouvement national de libération de l’Azawad ( Mnla) devra «le moment venu accepter d’être cantonné et renoncer à ses armes» et envisager de se transformer en parti politique pour aller aux élections.

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Les ministres des Affaires étrangères, Laurent et Tieman H Coulibaly

Il a vivement salué la mise en place de la Commission de dialogue et de réconciliation dont les membres ont commencé à être nommés. Le chef de la diplomatie française a salué la démarche avant d’aborder la situation au nord du Mali, plus précisément dans la région de Kidal, où l’armée malienne n’est pas présente alors que sur le terrain même, il y a des groupes armés, notamment le Mnla. Laurent Fabius s’est longuement exprimé sur le Mnla. Il a de nouveau, au nom de la France,  appelé au dialogue inter-malien.  «Le moment venu, le Mnla doit accepter d’être cantonné et de renoncer aux armes», a-t-il déclaré. «Dans un pays démocratique, il ne peut pas y avoir deux armées.  Il y a une situation spécifique liée au fait que le Mnla est présent à Kidal et que des forces françaises sont là, il n’y a aucune connexion entre les deux. La question qui se pose est : comment arriver à une situation normalisée ? Nous pensons  qu’il faut qu’il y ait un dialogue. Il faut qu’entre gens de bonne volonté, on puisse se parler», a-t-il ajouté.  Pour lui, le maximum doit être fait afin que Kidal retrouve la normalité. Selon le chef de la diplomatie française,  l’idée qui se dégage c’est de suggérer au Mnla de se transformer en parti politique, puisqu’il affirme avoir de nombreux partisans et se dit représentatif, et d’aller aux élections pour prouver sa véritable force sur le terrain.
Face à la presse, Laurent Fabius a rapporté que les responsables maliens qu’il a rencontrés  ont réitéré  leur volonté d’organiser des élections au mois de juillet prochain. Il a précisé être venu à Bamako pour prendre le pouls politique. Mais cependant, il reste beaucoup d’interrogations que les confrères n’ont pas manqué d’évoquer. En effet, le Mali fait le pari d’organiser les élections au mois de juillet, notamment la présidentielle. L’urgence s’impose : il faut vite organiser ces élections pour avoir un président légitime. Et leur financement – 50 milliards de francs CFA – est acquis, selon le ministre de l’Administration territoriale, colonel Moussa Sinko Coulibaly. Mais en trois mois, la liste électorale avec fichier biométrique sera-t-elle prête ? La sécurité sera-t-elle garantie sur tout le territoire national ?
Autre question relative à l’organisation de ces élections : comment vont voter les déplacés ? Le sort des nombreux réfugiés ? A toutes ces questions, les réponses données par les deux ministres des Affaires étrangères (malien et français) ne sont pas encore très précises. Paris mettra d’ailleurs à la disposition de Bamako, deux experts français de haut niveau en matière électorale, selon le chef de la diplomatie française.
Enfin, Laurent Fabius a confirmé qu’un millier de soldats français resteraient de façon permanente au Mali. «La France a proposé aux Nations unies et au gouvernement malien d’avoir une force d’appui française d’un millier d’hommes, qui sera permanente au Mali et sera équipée pour lutter contre le terrorisme», a-t-il déclaré. Avant d’ajouter que dans les prochaines semaines, c’est une force onusienne de stabilisation qui devra prendre le relais de la Misma. Une nouvelle résolution devrait être votée à l’Onu dans les deux ou trois semaines à venir.
Rokia DIABATE