La situation des écoles au centre et au nord du Mali, générée par la crise sécuritaire grandissante, est alarmante. Ils sont des milliers d’enfants à subir la furie des idéaux islamistes de ces groupes jihadistes qui imposent leur loi et forcent les écoles publiques laïques à la fermeture. Violences physiques, menaces, intimidations : les enfants n’ont pas d’autre choix que de partir ou de renoncer à l’enseignement. Voilà l’avenir qui est offert par les mauvais élèves du JNIM : l’analphabétisme, la radicalisation et l’enrôlement de force massif des enfants.

Le scénario est à chaque fois le même, des prêcheurs radicaux viennent se présenter dans les écoles, entourés de leurs hommes armés. Au mieux ils ferment l’établissement, mais le plus souvent ils saccagent les locaux, mettent le feu dans les salles de classe et menacent de mort celles et ceux qui voudraient se détourner de l’école coranique. Ces groupes jihadistes, affiliés au chef terroriste Iyad Ag Ghaly, rejettent cet enseignement laïque, donné en français, qu’ils estiment hérité de la colonisation, affirmant que « seule l’éducation prônée par la charia doit être dispensée », ce que nous pourrions traduire par « celle de la barbarie et du fanatisme ». Ils ont bien compris qu’une personne instruite et éclairée est plus difficilement manipulable qu’une personne sans éducation.

Le cercle de Mopti enregistre le taux le plus élevé d’écoles fermées. Dans cette région, ce sont 464 établissements scolaires qui n’ont pas rouvert leurs portes, soit près de 50% des écoles fermées de tout le pays. Ce fléau est lié à l’insécurité permanente qui découle des menaces et attaques de ces groupes fanatiques violents. Ces marchands de chaos n’ont qu’un seul objectif : mettre la République à terre et pour cela, ils s’attaquent au pilier du développement, l’école.

Démunies et laissées à l’abandon par des autorités préoccupées par la montée de l’insécurité, les écoles sont des cibles de choix pour ces groupes armés terroristes, tel que celui de la Katiba du Macina, de feu Amadou Kouffa, qui exploite cette faiblesse pour étendre son influence dans le centre, où il entretient un climat de terreur.

Plus récemment, dans le Soum, province du Burkina Faso, située à la frontière du Mali, les enseignants et les élèves ont déserté les classes sous la menace des mouvements islamistes locaux. Même si, pour le moment, la situation semble largement en deçà de ce qui se passe au nord et centre Mali, le climat de frayeur installé aura suffi pour ébranler l’institution scolaire dans cette région du Sahel.

Pourtant le gouvernement a adopté, en février 2017, un plan de sécurisation intégré des régions du Centre, qui définit les mesures à prendre en matière de sécurité, de développement, de gouvernance et de communication pour faire face à l’insécurité croissante : « l’État va renforcer la sécurité pour permettre aux enfants d’aller à l’école. Nous serons plus présents que jamais », avait rassuré le Premier ministre malien. Aux vues des 332.400 enfants privés actuellement de scolarité, ce chiffre accablant traduit tout l’échec de ce plan.

L’école est le socle de la citoyenneté où l’on apprend aux enfants l’amour du pays et le don de soi à la nation, nous enseigne son histoire et nous dicte notre conduite. Comment faire acquérir ces valeurs indispensables pour un enfant qui ne va pas à l’école et qui ne va connaître que les armes ? Avec cette génération privée d’éducation, le pays n’aura plus de relève pour assurer l’avenir des structures économiques, sanitaires et éducatives, qui sont déjà largement perfectibles. Le futur se prépare dans le présent, l’école n’est pas un privilège, c’est un droit, et l’une des manières les plus efficaces de lutter contre la radicalisation imposée par les ennemis de l’État.

Aïcha Sangaré

Maliweb.net

 

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La situation des écoles au centre et au nord du Mali, générée par la crise sécuritaire grandissante, est alarmante. Ils sont des milliers d’enfants à subir la furie des idéaux islamistes de ces groupes jihadistes qui imposent leur loi et forcent les écoles publiques laïques à la fermeture. Violences...